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Toujours dans la foulée de la traditionnelle première manche qatarie, poursuivons ces analyses. Certes, il ne s’agit pas de faire des conclusions hâtives, mais simplement d’observer les faits et d’en tirer des conclusions afin d’établir des pistes pour la suite de la saison. Que faut-il attendre du clan Honda ? Éléments de réponse.

Durant le weekend, on nous a rappelé que Lusail n’avait jamais été une « terre Honda » et que cette performance, deux machines ailées dans le top 5, était une grande avancée. Les faits montrent que cette information est quelque peu galvaudée. Honda s’est imposé à trois reprises « seulement » (2004, 2011 et 2014) mais il ne faut pas oublier que Marc Márquez a manqué la victoire d’un rien par deux fois, s’inclinant contre Andrea Dovizioso en 2018 et 2019. De plus, l’octuple champion du monde figurait sur le podium en 2013 et 2016, de nouveau très proche de la première place.

Pourtant, selon Espargaró, cette manche signe bien le retour de Honda « Nous, c’est le signal que Honda possède deux pilotes forts devant, pas seulement un »  précisait le n°44. De nombreux signaux montrent qu’il ne faut pas se réjouir trop vite. Si « Polyccio » a longtemps mené la course, d’une main de maître il faut bien l’avouer, la stratégie de partir en double softs était assez osée, d’autant plus que les équipes savaient que les pneumatiques allaient jouer un rôle primordial dans la performance. Une fois devant et chaussé en tendres, la bonne stratégie est toujours d’attaquer et de profiter de l’avantage le plus longtemps possible en espérant que ça paye. Contrairement à la Formule 1, la conservation n’est pas à l’ordre du jour et nombreux sont les pilotes qui auraient fait de même, en sachant que Lusail est une piste où il est nécessaire d’être dans une bonne position d’entrée. En menant dès l’entame, Pol devait le tenter, même si cela avait peu de chances d’aller au bout, selon ses propres dires. 

Un Polyccio impressionnant en début de course. Photo : Michelin Motorsport


Mais à l’arrivée, aucun des deux pilotes n’a joué la victoire ou n’a été proche de le faire, dans les faits. À quelques encablures du damier, Pol était plus proche de se faire doubler par son frère que de remonter Brad Binder ; le faible écart à l’arrivée ne traduit pas la réalité. Márquez, sur la réserve, « a manqué de vitesse » purement et simplement. Le choix de pneumatiques a lui aussi été déterminant durant sa course. Après avoir subi une chute sur le médium avant, la gomme la plus tendre a été privilégiée. Après deux alertes, l’espagnol n’a pas voulu forcer plus. En effet, sa course est étrange, jamais en mesure d’attaquer les premiers, subissant presque le rythme. Ceci explique cela. Il est bon d’ajouter que ses multiples blessures, n’ont pas, selon lui, influencé le résultat final. De toute évidence, la Honda RC213V 2022 est bien née, plus facile que l’an dernier, mais ne pas mettre tout ses œufs dans le même panier peut coûter au moment de faire le bilan, surtout quand cette stratégie a été appliquée depuis longtemps (cf la difficulté d’adaptation des autres pilotes lors de l’absence de Márquez). 

Attention à ne pas exclure Ducati de l’équation. Les italiens ont peu de chance de subir plus que cela sur l’entièreté de la saison. Photo : Michelin Motorsport

Pol Espargaró ne chute pas autant que l’on voudrait bien nous faire croire, mais reste inconstant dans la performance. À l’image d’un Dani Pedrosa, il est efficace sur des circuits (Misano, Valence), mais pêche sur d’autres (Sachsenring, Assen, Aragón), et ne peut garantir de figurer aux avant-postes à chaque fois. Or cette dimension est cruciale pour le titre constructeur ou équipes. Par ailleurs, ce type de pilote se fait rare, à l’heure où la régularité est la clé et se perfectionne dès la Moto3. Peut-on être assuré d’avoir à chaque fois une Honda devant ? Pas sûr du tout. N’omettons pas le dimanche cauchemardesque pour les Ducati 2022, qui a peu de chances de se reproduire. 

Au final, Honda Repsol a réalisé un bon début de saison, mais pas de quoi s’enflammer pour le moment. Pol Espargaró reste un pilote imprévisible depuis toujours (même lors de son sacre en Moto2), et Márquez semble en  délicatesse au moment T. Bien entendu, tout cela peut évoluer. Que pensez-vous de Honda pour le moment ? Faut-il se réjouir d’une troisième et cinquième place et les donner favori, ou êtes vous sur la réserve ? Dites le nous en commentaires.

Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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