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Marc Marquez

Marc Marquez est revenu à la victoire. Mais au Grand Prix de Hongrie, il n’a pas été le seul à souffrir. Lui souffrait sur la moto. Son équipe souffrait dans le stand. Et même son père suppliait qu’il ralentisse. Cette 100e victoire en carrière restera peut-être comme l’une des plus révélatrices de ce qu’est réellement Marc Marquez. Un pilote capable de gagner malgré la douleur. Et capable, au passage, d’épuiser nerveusement tous ceux qui l’entourent.

Après l’arrivée, les images diffusées par Ducati ont révélé l’envers du décor. Pendant que le public admirait sa victoire face à Pedro Acosta, Marquez luttait en réalité contre son propre corps. Dans le parc fermé, l’Espagnol a fini par lâcher à ses ingénieurs :

« J’avais tellement mal au bras que je n’en pouvais plus… Et à l’épaule aussi… Le pied, c’est du gâteau. » Une confidence qui donne une autre dimension à sa performance. Car Balaton Park est un circuit extrêmement physique, et Marquez revenait tout juste d’une opération de l’épaule droite. Pourtant, rien n’était visible depuis l’extérieur. Comme souvent avec lui.

La scène qui suit résume parfaitement le week-end. En retrouvant son pilote après l’arrivée, Luigi Dall’Igna lui lance : « Marc, je ne sais pas si tu es plus fatigué… ou moi… » Réponse immédiate du principal intéressé : « Oui, tu me tues. » Tout est là. Car suivre Marc Marquez depuis le muret des stands n’est jamais une expérience reposante. Même lorsqu’il gagne. Surtout lorsqu’il gagne.

Davide Tardozzi en sait quelque chose. Pendant tout le week-end, Marquez a insisté pour utiliser les pneus médiums. Un choix qui ne rassurait pas tout le monde chez Ducati. Et lorsque le champion espagnol s’est mis à aligner des chronos impressionnants en fin de course, le directeur de l’équipe officielle oscillait entre admiration et angoisse.

Marc Marquez

 

Davide Tardozzi à Marc Marquez : « Je ne suis jamais tranquille avec toi… »

« 38,3… Au 20e tour. » Une remarque à moitié admirative. À moitié incrédule. Puis Marquez a immédiatement rappelé : « C’était la stratégie des pneus médiums… Ne t’inquiète pas. C’était la stratégie des pneus médiums. »

La réponse de Tardozzi est devenue instantanément l’une des phrases du week-end : « Je ne suis jamais tranquille avec toi… » Avant de prendre son pilote dans ses bras.

Mais le moment le plus révélateur est peut-être venu du garage Ducati. Loin des micros. Loin des conférences de presse. Lorsque le chronométrage a affiché un nouveau meilleur tour signé Marc Marquez au vingtième passage.

Son père, Julia Marquez, n’en croyait pas ses yeux. Alors que son fils revenait de blessure et contrôlait déjà la course, il continuait à attaquer. Encore. Toujours plus. La réaction fut immédiate

« Waouh ! Meilleur tour ! Il est fou ! Doucement, doucement… Allez Marc, tu l’as déjà fait ! »

Un cri du cœur. Celui d’un père qui connaît mieux que personne le personnage. Et qui sait qu’il est incapable de ralentir.

Cette victoire résume finalement toute la carrière de Marc Marquez. Les blessures ne le freinent pas. Les statistiques ne le rassasient pas. Les calculs ne l’intéressent pas. Même lorsqu’il mène.

Même lorsqu’il contrôle. Même lorsqu’il revient tout juste d’une opération. Il continue d’attaquer.

Et c’est précisément ce qui rend son entourage fou. À Balaton Park, Marc Marquez a souffert. Mais il a aussi fait souffrir Dall’Igna. Tardozzi. Son père. Et probablement quelques ingénieurs Ducati. La seule différence, c’est qu’au moment de monter sur la plus haute marche du podium MotoGP, lui était encore capable de sourire.

Marc Marquez

 

 

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