Francesco Bagnaia semble vivre ses derniers mois chez Ducati. Le champion en titre ne cache plus grand-chose : son langage corporel, ses mots et son attitude hurlent ce que les communiqués officiels taisent encore. Émotionnellement, il est déjà parti. Le compte à rebours pour son arrivée chez Aprilia en 2027 a bel et bien commencé.
Officiellement, Francesco Bagnaia est toujours pilote Ducati. Officiellement. Car dans le paddock MotoGP, de plus en plus de regards convergent vers une autre réalité. Une réalité qui ne figure dans aucun communiqué.
Une réalité que certains disent lire dans son comportement. Dans son regard. Dans ses déclarations. Et même dans sa manière de monter sur un podium. Après le Grand Prix de Hongrie, Carlo Pernat a résumé ce que beaucoup pensent tout bas.
« Pecco attend de régler ses comptes avec Ducati. Ce n’est plus chez lui. On peut le voir dans son regard, dans sa façon de se comporter. » Une phrase lourde de sens. Et qui pourrait expliquer bien des choses.
À Balaton Park, Bagnaia a terminé troisième. Sur le papier, un excellent résultat. Dans les faits, l’Italien lui-même semblait presque gêné de se retrouver sur le podium. « Je ne sais toujours pas ce que je fais ici. » La phrase a surpris. Mais elle résume parfaitement son week-end.
Le pilote Ducati sait que la chute provoquée par Jorge Martin au premier virage a totalement changé la physionomie de la course. Sans cet accident impliquant notamment Marco Bezzecchi, Raul Fernandez, Fermin Aldeguer et Fabio Di Giannantonio, son résultat aurait probablement été bien différent.

« Pecco Bagnaia attend de régler ses comptes avec Ducati. Ce n’est plus chez lui »
Bagnaia lui-même l’a reconnu avec une franchise inhabituelle. « J’ai essayé de suivre les deux premiers. Mais après cinq ou six tours, j’ai réalisé que je n’avais aucune chance. Ils avaient un rythme différent et j’ai compris que ce n’était pas mon combat. »
Une analyse froide. Presque détachée. Comme celle d’un pilote qui n’a plus grand-chose à prouver. Carlo Pernat n’a pas été plus tendre. « Un podium que Bagnaia a juste rencontré par hasard. »
L’ancien manager italien estime que les mots du double champion du monde MotoGP traduisent quelque chose de plus profond. Un malaise. Une rupture. Une relation qui semble déjà appartenir au passé. « C’est très honnête de sa part de dire cela. » Mais derrière cette honnêteté, Pernat voit surtout un pilote qui ne se projette plus vraiment dans son environnement actuel.
Le contexte n’aide pas. Marc Marquez est désormais devenu le centre de gravité du projet Ducati. Pedro Acosta arrive en 2027. Fermin Aldeguer est présenté comme l’un des grands talents de demain. Et les rumeurs de marché ne cessent de s’intensifier.
Dans le même temps, Aprilia construit méthodiquement son futur. Marco Bezzecchi est déjà prolongé. Jorge Martin est annoncé ailleurs. Et Bagnaia apparaît comme la pièce maîtresse idéale d’un projet entièrement italien.
Même si rien n’a encore été officialisé, peu de monde semble encore douter de la direction prise. Les champions mentent rarement avec leur langage corporel. Leurs résultats parfois. Leurs déclarations aussi. Mais rarement leur attitude.
Depuis plusieurs semaines, Bagnaia apparaît plus distant. Moins impliqué émotionnellement. Moins combatif dans ses prises de parole. Le contraste est frappant avec le pilote qui avait porté Ducati vers ses titres mondiaux. Celui qui parlait de « famille ». Celui qui respirait Ducati. Aujourd’hui, les observateurs voient un homme qui semble déjà regarder ailleurs.
Le plus étonnant dans cette histoire est peut-être l’absence de véritable conflit public. Il n’y a pas eu d’explosion. Pas de polémique. Pas de guerre ouverte. Simplement une impression grandissante que l’histoire touche à sa fin. Une relation arrivée naturellement à son terme.
Si les annonces attendues pour 2027 confirment ce que tout le paddock anticipe déjà, le Grand Prix de Hongrie restera peut-être comme le moment où chacun a compris une chose. Francesco Bagnaia portait encore le rouge Ducati. Mais dans sa tête, l’avenir avait déjà changé de couleur.































