En ce vendredi 14 août, Johann Zarco a répondu aux questions des journalistes depuis Spielberg au terme de la première journée du Grand Prix d’Autriche.

Nous sommes allés écouter (via un logiciel de téléconférence) les commentaires du pilote français qui occupe actuellement la 5e place du championnat du monde (ex æquo avec Brad Binder) et a réalisé le 6e temps ce matin.

Comme à notre habitude, nous reportons ici les propos de Johann Zarco sans la moindre mise en forme.


Johann Zarco : « La journée a été bonne. Globalement, le travail a été bien fait ce matin et l’objectif a été atteint, puisque parfois lors de certaines courses il est critique d’atteindre le top 10 pour passer directement en Q2. Je suis heureux de l’avoir atteint puisque, comme vous avez pu le voir à la télévision, l’après-midi a été délicat. Dès les cinq premiers tours, j’ai rapidement fait de bons chronos puis j’ai essayé d’améliorer tour après tour. Cela n’a pas été excellent mais au moins j’ai vu que ma position ne redescendait pas, ce qui montrait que c’était également un peu compliqué pour les autres et que le rythme commençait à être pas mal. Je suppose que c’est parce que j’aime bien la piste et que la Ducati fonctionne aussi ici. Quand vous pilotez la moto ici, vous sentez immédiatement que les références sont plutôt fortes. J’ai encore quelques petits détails à peaufiner mais la base est bonne. Nous savons là où je dois progresser grâce à Dovizioso, car il va vite ici et je peux me comparer à lui. Nous savons là où je perds et je dois trouver la confiance pour que j’aille aussi vite que lui, si c’est sec demain et dimanche. »

Qu’est-ce qui rend la Ducati si rapide ici ?

« C’est la puissance de la moto, même si la différence avec les autres motos était plus grande les années passées. L’année dernière, la Honda avait déjà fait un grand pas en avant concernant le moteur, avec Marc, mais Dovi avait toujours un avantage. Cette année, je pense que nous avons toujours un avantage en ce qui concerne la puissance et le contrôle de la puissance pour faire 25 tours consécutifs, mais nous avons vu que les KTM étaient rapides et qu’elles avaient bien progressé en ce qui concerne le moteur. Maintenant, toutes les KTM, les Honda et les Ducati vont vite, et on a encore les Suzuki et la Yamaha qui peinent un peu avec leurs moteurs en ligne. Pourquoi ici les Ducati vont vite ? Parce que la plupart du temps, on est gaz ouverts en grand ! »

L’incident à Brno avec Pol Espargaró a suscité beaucoup de commentaires. Avez-vous pu parler avec lui pour vous expliquer ?

« Oui, je l’ai rencontré jeudi sur le parking. Je suis sorti de ma voiture et je suis allé le voir pour parler clairement face-à-face et lui dire que j’étais désolé pour ce qui s’était passé. Il n’a pas voulu accepter mes excuses. Je lui a répondu que je n’étais pas venu lui demander de m’excuser mais seulement lui dire que j’étais désolé de la situation et que, clairement, mon objectif premier n’était pas de faire chuter quelqu’un. Mais il est sûr que je l’ai fait exprès car je savais que je pouvais pas passer et que j’ai essayé de le pousser. Je lui ai dit que non et que pour moi, s’il élargissait, la logique est que j’essaye de passer car il y avait la place. Pour lui, il n’y avait pas la place puisqu’on s’est touché. J’ai dit qu’au moins on s’était parlé face à face, même si on n’était pas d’accord. Au moins, cela est fait. »

Dovizioso et Petrucci ont dit la semaine dernière que votre style de pilotage était très différent de celui des autres pilotes Ducati, et qu’ils voulaient regarder vos datas pour comprendre. Mais vous, pourquoi regardez-vous leurs datas puisque vous avez trouvé quelque chose de différent ?

« Pour le moment, je dois encore apprendre la Ducati. Tout s’est bien mis en place en République Tchèque, dès le vendredi puis pour la pole position, mais le celui qui a la plus grande habitude de piloter la Ducati reste toujours Dovizioso, et vous avez pu le voir aujourd’hui. Dès qu’il est plus à l’aise avec la piste et qu’il trouve ses références, il est rapide. C’est pourquoi je compare beaucoup nos données, pour voir si je peux copier ce qu’il fait ou pas. Et même si vous essayez de faire que tout soit similaire sur les datas, il y a la position du corps sur la moto qui ne peut pas se voir sur les datas. Peut-être que la façon dont je fonctionne m’a aidé à Brno car cela a vraiment été une piste délicate pour les pneus. »

Les autres Ducati semblent bénéficier du pneu arrière qui est différent ici. Est-ce la même chose pour vous ?

« Non, je ne peux pas dire si le nouveau pneu aide ou pas, car j’en suis encore vraiment à essayer de progresser moi-même et trouver la confiance pour parfaitement contrôler la moto au freinage. Mais oui, avec un pneu neuf ou avec un pneu légèrement usé, j’ai toujours le sentiment que je peux mieux faire, et cela est positif dans l’optique de la course. Si, tour après tour, vous sentez que vous pouvez mieux faire, cela veut dire que vous pouvez avoir un rythme très régulier en course. Donc nous verrons, mais le pneu devrait moins se détruire qu’en République tchèque. »

Après une seule séance sur le sec, pensez-vous encore pouvoir progresser ?

« Oui, je pense avoir encore un bon potentiel de progression parce que pas mal de secteurs sont très bons, sauf un qui est le secteur 2. Dans celui-là, c’est Dovizioso le meilleur et on voit que tout se passe vraiment au virage 3. Finalement, je ne perds pas énorme à l’accélération mais c’est plus au freinage. Mais il ne suffit pas simplement de freiner suffisamment fort : c’est vraiment une gestion de la glisse et de placer sa moto. Et ça, ça vient avec de la confiance, parce que c’est vrai qu’on arrive vite et le fait d’avoir la petite cassure avant fait bouger la moto. Donc parfois, ça perturbe avant de freiner. J’avais l’optique de travailler cela cet après-midi, ça ne s’est pas fait, mais ce n’est pas mal non plus d’avoir assuré le matin. On va voir demain matin. »

Quel est votre regard sur la situation de Dovizioso qui doit à la fois gérer ses courses et son avenir hypothétique chez Ducati ?

« Je pense qu’il est sûr que cela ne l’a pas aidé en République tchèque, parce que ça n’aide pas à être totalement libre dans la tête. Personnellement, je sais à quel point cette liberté psychique permet d’avancer. Mais ici, je pense qu’il a tellement été fort, et à plusieurs reprises, que ça le motive à aller même au-delà des problèmes. C’est parfait pour moi pour avoir un bon exemple, et pour gérer toute la saison, s’il doit gérer des négociations comme ça, je ne pense pas que ça aide à ultra performer. »

Votre marge de progression se situe toujours dans une plus grande confiance lors de la transition freinage/entrée de virage ?

« Oui, mais en fait cela vient déjà pendant le freinage. J’ai confiance de pouvoir améliorer parce qu’il y a encore des clics à faire dans la tête. Ces clics, Dovizioso les a déjà parfaitement. Même sur le tour où j’ai roulé vite, on voit quand même que j’ai gardé une belle marge sur ce freinage-là. Donc c’est positif parce que si j’ai pu faire 24.6 avec une marge, c’est qu’il y a encore une marge de progression. »

Vous disposez d’un pneu spécifique pour les deux courses en Autriche, d’une construction différente de celle introduite en début d’année. Peut-on le ressentir sur la moto ?

« Non, je n’ai pas su sentir une différence. C’est vrai qu’on en a parlé, mais à mon avis c’est plus pour assurer en course, pour ne pas avoir de problèmes d’usure. Mais là, le pneu va bien et surtout je pense qu’il va aller bien sur toute la durée de la course. Ce sera un avantage. »

 

Classement FP1/FP2 du Grand Prix d’Autriche MotoGP au Red Bull Ring :

Crédit classement : MotoGP.com



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