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Le vent de la nouveauté souffle sur le MotoGP en 2026. L’écurie américaine TrackHouse Racing, structure satellite d’Aprilia, s’impose comme la véritable révélation de cette première moitié de championnat. Enchaînant un podium avec son duo de pilotes juste avant la trêve estivale, l’équipe dirigée par le chevronné Davide Brivio s’invite de manière spectaculaire dans la lutte pour le titre mondial avec notamment son pilote japonais Ai Ogura.

La solide prestation d’Aprilia TrackHouse au Sachsenring n’a rien d’un accident. Après Assen, Ai Ogura et Raul Fernandez ont une nouvelle fois offert un podium à l’équipe américaine, confirmant que le phénomène dépasse désormais le simple exploit ponctuel. En l’espace de deux Grands Prix, TrackHouse est passée du statut d’équipe prometteuse à celui de véritable outsider dans la lutte aux avant-postes.

Davide Brivio savoure cette progression. « Réaliser un doublé sur le podium est fantastique. Ce n’est pas quelque chose qui arrive tous les week-ends. C’est déjà le deuxième consécutif et nous en sommes très heureux. »

Au-delà des résultats, Brivio souligne également la performance de Raul Fernandez, capable de rester compétitif malgré des douleurs physiques qui l’accompagnent depuis plusieurs semaines.

Mais pour Davide Brivio, cette réussite repose notamment sur une qualité de son pilote japonais que peu de monde avait remarquée jusqu’à présent. Selon lui, Ai Ogura n’a pas changé. C’est simplement sa position en piste qui permet enfin à tout le monde de voir ce qu’il faisait déjà lorsqu’il évoluait dans le ventre du peloton.

Davide Brivio

Davide Brivio : « En réalité, Ai Ogura a toujours été comme ça »

Si Ai Ogura occupe désormais la deuxième place du championnat, son directeur d’équipe refuse en effet de parler de métamorphose. Selon Brivio, le Japonais possède depuis longtemps une caractéristique très particulière : il devient de plus en plus rapide à mesure que la course avance.

« Ai montre une énorme progression dans la deuxième partie de course, surtout dans les derniers tours. »

Avant de corriger immédiatement cette première impression. « En réalité, il a toujours été comme ça. L’année dernière, lorsqu’il roulait quinzième ou seizième, personne ne le remarquait. Mais les données montraient déjà qu’il figurait parmi les plus rapides en fin de course. Aujourd’hui, comme il est devant, tout le monde le voit. »

Une remarque qui illustre parfaitement l’importance de l’analyse des données en MotoGP. Les ingénieurs avaient identifié cette qualité bien avant que les résultats ne la rendent visible. Cette faculté à préserver ses pneus en début de Grand Prix est devenue une véritable arme.

Brivio l’explique très simplement. « Il gère le début de course puis attaque à la fin. Nous essayons d’exploiter cette qualité à chaque fois que c’est possible. »

À une époque où de nombreux pilotes cherchent à tout donner dès les premiers tours pour profiter de l’air libre, Ogura suit une approche exactement inverse. Il construit progressivement sa course. Et cela fonctionne.

Malgré cette dynamique exceptionnelle, Brivio refuse de s’emballer. Pour lui, chaque Grand Prix repart de zéro. « Nous arrivons chaque jeudi avec une moto capable de viser un top 5, peut-être un top 4. Mais chaque week-end raconte une histoire différente. Il faut voir si nous accédons directement à la Q2, comment évolue la météo et beaucoup d’autres paramètres. »

Une manière de rappeler que le MotoGP reste l’un des championnats les plus sensibles aux détails. Quelques dixièmes ou une qualification manquée suffisent parfois à transformer un podium en course anonyme.

Brivio estime également que la hiérarchie actuelle reste incomplète. Les blessures de Marc Marquez, Marco Bezzecchi, Pedro Acosta ou encore Johann Zarco ont profondément modifié le déroulement de la première moitié de saison.

« C’est un championnat qui évolue encore, notamment à cause des blessures. Cela a forcément modifié les équilibres. J’espère que lors de la deuxième partie de saison, lorsque tout le monde sera revenu à 100 %, nous verrons les véritables forces en présence. » Une analyse sur GPOne intéressante au moment où Marc Marquez revient à seulement 18 points de Jorge Martin tandis qu’Aprilia place désormais deux pilotes au cœur de la lutte.

Pendant longtemps, TrackHouse était considérée comme une équipe satellite en apprentissage. Ce temps semble révolu. Avec Ai Ogura désormais deuxième du championnat et Raul Fernandez capable de jouer régulièrement les premiers rôles, la structure américaine s’affirme comme un acteur majeur du MotoGP.

Et si Davide Brivio refuse encore de parler de candidature au titre, son dernier commentaire résume parfaitement l’état d’esprit de son équipe. Pour lui, la première moitié de saison n’était qu’une mise en place. La véritable bataille pour le championnat ne fait peut-être que commencer.

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