Moto GP
Publié le 7 septembre 2026 • 20:30 par Nicolas Pascual

Parlons MotoGP : Faut-il rouler au Qatar dans ces conditions ?

Le MotoGP n’est toujours pas sûr d’aller au Qatar en 2026, et il serait grand temps que les décisionnaires se prononcent.

MotoGP Qatar

Plus on se rapproche de la date d’échéance, et plus la réponse du MotoGP se fait attendre ; en effet, le Grand Prix du Qatar est toujours maintenu, alors que bon nombre d’autres événements ont été annulés dans cette région du monde en raison des tensions. Faut-il courir à Losail ? Analyse.

Je voulais, aujourd’hui, vous donner des éléments de compréhension afin de vous aider à vous forger un avis. D’ailleurs, en fin d’article, je donnerai le mien.

 

Un contexte extrêmement tendu

 

Pour ceux qui ne s’intéressent pas à la géopolitique, laissez-moi d’abord vous rappeler simplement pourquoi c’est une question difficile. Il y a quelques mois, les tensions entre Israël et l’Iran sont montées d’un cran, ce qui a entraîné l’implication des États-Unis dans cette région du monde. Donald Trump tente de faire pression sur l’Iran en envoyant des troupes en mer avec appui aérien. Le cœur du conflit concerne aujourd’hui, d’après Trump lui-même, le fameux détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le transit d’hydrocarbures situé entre le golfe Persique et le golfe d’Oman. L’Iran et les États-Unis s’échangent des frappes, et, à l’heure où ces lignes sont écrites, la situation s’enlise.

 

MotoGP Qatar
Le sport ne peut pas se soustraire aux douleurs du monde. Photo : Michelin Motorsport

 

Depuis le début du XXIe siècle, la péninsule arabique accueille de nombreux événements sportifs de premier plan, et, bien sûr, les sports mécaniques n’y coupent pas. Mais à l’heure de la guerre – malgré ce que dit Trump –, il est difficile d’imaginer l’organisation d’un Grand Prix dans la bonne humeur. Pour cette raison, la Formule 1 a annulé deux de ses quatre Grands Prix dans cette zone cette saison (Bahreïn et Jeddah, en Arabie Saoudite). Le Championnat du monde d’endurance automobile, le FIA WEC, fait l’impasse sur le Bahreïn et le Qatar également. Même l’ESports World Cup, initialement tenue à Riyad, en Arabie Saoudite, a été organisée à Paris pour des raisons de sécurité. Vous imaginez bien que, dans ce contexte, il serait plutôt étrange de voir le MotoGP, seul contre tous, au Qatar !

D’un autre côté, la position du Qatar dans cette guerre est plutôt passive. La monarchie a un rôle diplomatique important, et agit sous la bannière de la neutralité militaire. Cependant, les risques existent tout de même : sur le territoire qatari est située la plus grande base militaire américaine de la région, qui pourrait parfaitement devenir une cible de l’Iran. D’ailleurs, le dernier pays mentionné a déjà fait pleuvoir des missiles à Bahreïn, non loin, et a visé des sites gaziers qataris.

À savoir qu’on a déjà vu des GP se dérouler non loin de zones de guerre. Il faut remonter au Grand Prix d’Arabie Saoudite de Formule 1 2022, où une frappe yéménite, visible depuis le circuit, n’avait pas perturbé l’événement. On imagine volontiers que le Qatar, allié militaire majeur des États-Unis, aurait à sa disposition les meilleurs outils de défense pour se prémunir d’un tir en direction de nos champions, car l’image du pays en souffrirait énormément.

 

MotoGP Qatar
L’année dernière, Vinales était monté sur le podium… avant d’être rétrogradé pour pressions non conformes. Photo : Michelin Motorsport

 

Donc, pour résumer, le Qatar peut tout à fait être pris pour cible par l’Iran. Le problème reste bien sûr l’imprévisibilité ; en quelques jours seulement, tout peut basculer. Une simple décision d’un lunatique peut nous renvoyer directement à l’âge de pierre, ou faire stopper tout conflit, avec, en supplément, un juteux accord sur le pétrole. La position du MotoGP est la même depuis le début : Carlos Ezpeleta a affirmé que le souhait était toujours d’y aller du 6 au 8 novembre, et la fédération qatarie assure qu’elle fait le maximum pour préparer l’arrivée du MotoGP, d’une part, mais aussi de la F1, le week-end du 29 novembre.

 

Conclusion – faut-il aller au Qatar pour le MotoGP ?

 

D’après moi, non. Le risque est trop important, et il n’y a pas grand-chose à y gagner. D’accord, on ôte 37 points de l’équation, mais la saison compterait tout de même 21 Grands Prix si on décidait de ne pas le remplacer, c’est plus qu’assez pour couronner un champion valeureux. J’avais trouvé assez pathétique le Grand Prix d’Arabie Saoudite de F1 en 2022, donc si c’est pour assurer le show alors que des civils innocents sont visés à quelques kilomètres, je ne vois absolument pas l’intérêt. Par décence, le MotoGP devrait prendre la décision d’annuler, purement et simplement.

D’ailleurs, je pense que c’est ce qu’il va se passer, car ce conflit est trop imprévisible. On parle d’organiser un événement sur quatre jours d’ici deux mois, Ezpeleta comme les autres n’a aucune visibilité à si long terme.

Je suis curieux d’avoir votre avis sur cette question. Le MotoGP doit-il se rendre au Qatar ? Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Le MotoGP n’est pas si important que ça, je vous assure. On peut se passer d’un GP. Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport