On ne présente plus la Sunday Ride Classic, cet événement exceptionnel organisé au Castellet qui honore l’histoire motocycliste. La barre, toujours très haute, va encore être repoussée du 16 au 17 mai 2026 avec des plateaux toujours plus riches et des expositions toujours plus fournies. D’ailleurs, deux motos chères à Freddie Spencer directement envoyées depuis le Japon seront en piste, et « Fast Freddie » prendra leur guidon bien des années plus tard.
Spencer et Honda, grande histoire d’amour
Les deux modèles partagent des points communs, à commencer par leur constructeur : Honda. D’un côté, la fameuse NSR500 de 1985, celle employée par Spencer pour conquérir le titre suprême en parallèle de la couronne 250cc ; une histoire que vous pouvez retrouver en cliquant ici.

Un exploit absolument fou… qui lui a beaucoup coûté.
Au début des années 1980, Honda n’a pas encore la dynastie qu’on lui connaît dans la plus prestigieuse des catégories. La 500cc est dominée par les Yamaha de Roberts, d’une part, mais a été empreinte des Suzuki RG500 de la fin des années 1970 jusqu’à la moitié des années 1980. Honda désire bousculer la hiérarchie, et cela passe d’abord par la création du fameux HRC en 1982. Dans le même temps est engagée la NS500 trois cylindres en mondial, et c’est le déclic.
Freddie Spencer, tout droit sorti de l’école américaine et son championnat superbike AMA, est un jeune pilote prometteur qui réalise ses débuts à temps complet en 1982. Il est très performant dès sa première saison en tant que titulaire, et termine troisième du championnat. En 1983, à seulement 21 ans, il décroche le titre mondial 500cc. Mais ça ne suffit toujours pas. Fast Freddie et le légendaire Erv Kanemoto, architecte du projet Honda, veulent une moto plus puissante.
Naît ainsi, en 1984, la Honda NSR500 ; appellation qui doit vous être familière si vous suivez assidûment les Grands Prix. C’est une petite révolution, née grâce aux moyens illimités de la firme nippone. Cette fois, un V4 est choisi, avec un réservoir placé sous le moteur. Mais parfois, l’expérimentation est source de problèmes. La NSR500 ne connaît pas un succès immédiat malgré ses 140 chevaux. Elle est très efficace sur les circuits rapides, mais Spencer repasse fréquemment à la NS500.
Pour 1985, Honda revoit le projet. Le cadre redevient plus conventionnel, et la moto plus fiable, plus polyvalente. À son guidon, « Fast Freddie » ne fait qu’une bouchée de la concurrence et remporte le titre mondial 500cc, en plus de la couronne en 250cc. La NSR500 de 1985 est celle qui sera à la Sunday Ride Classic, ce qui devrait rappeler de très bons souvenirs à Spencer, habitué de l’événement.
Si la carrière de l’Américain connut un tournant assez brusque, notamment en raison de cette saison très éprouvante, la NSR500 profita encore de beaux jours. Les pilotes légendaires se succédèrent à son guidon : Wayne Gardner en hérita, et triompha du titre en 1987. Eddie Lawson, juste après son championnat 1988 acquis avec Yamaha, en remporta un autre avec Honda en 1989. Puis vint l’ère Doohan au début des années 1990, avec le fameux accident de 1992, puis la domination de 1994 à 1998. Alex Crivillé et Valentino Rossi héritèrent d’un monstre, titré aux mains de l’Espagnol en 1999 et de l’Italien en 2001.
La NSR500 disparut progressivement avec l’arrivée du règlement MotoGP en 2002, bien sûr. La moto avait grandement évolué depuis 1985, et tous les pilotes cités ont apporté leur pierre à l’édifice, c’est certain ; cependant, les fondations de ce règne ont été posées par un certain Freddie Spencer.

Grabuge au Far West
Ce n’est pas le seul bijou en lien avec Spencer qui sera présenté au Paul Ricard. En effet, un autre modèle en provenance directe du Honda Collection Hall de Motegi fera une sortie remarquée : la Honda CB750 Superbike utilisée par « Fast Freddie » en AMA lors de la saison 1982.

Vous serez de la partie ?
À la fin des années 1970 naît une nouvelle formule aux États-Unis. La règle est simple en catégorie Superbike : il faut une moto de 1000cc maximum, de série, et dotée de quatre cylindres au plus. Nous parlons alors de motos dépourvues de carénages, dotées de guidons droits, et remarquables au premier coup d’œil grâce aux énormes plaques pour les numéros.
Honda rejoint la partie en 1980, et avec un certain Feddie Spencer. En fait, le championnat AMA était l’antichambre des Grands Prix. C’est là-bas qu’a été formée la génération dorée d’Américains qui a dominé les Grands Prix pendant plus de dix ans. Et dès le début, la Honda 750 n’a plus rien d’une moto de série.
De 77 chevaux d’origine, la puissance passe à 147 bourrins. En 1981, Spencer termine deuxième, derrière un certain Eddie Lawson, qui roule une Kawasaki tout aussi énervée. La version de 1982, celle qui sera présente à la SRC, a encore été améliorée. Freddie Spencer la pilote à Daytona, la manche d’ouverture, avec grand succès ; il s’impose pour 19 secondes devant deux autres Honda. C’est un triplé historique, certes, mais rien n’est joué.

D’abord, Spencer s’en va rejoindre le HRC en Grands Prix, comme vu précédemment. De ce fait, il ne peut pas disputer le championnat AMA en parallèle. Et Honda, malgré des moyens colossaux, n’arrive pas à se défaire de la concurrence, principalement incarnée par Lawson et sa Kawa’. D’ailleurs, c’est encore lui qui remporte le titre. Les autres pilotes Honda qu’étaient Steve Wise et Mike Baldwin n’ont pas démérité, mais « Steady Eddie » était plus affûté.
Les 16 et 17 mai 2026 au Paul Ricard, Freddie Spencer aura l’honneur de retrouver deux motos qui ont forgé sa légende, et de les piloter sur une piste non moins mythique. Vous ne pouvez pas le manquer !
Alors, réservez dès maintenant vos places pour la Sunday Ride Classic 2026 !
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Photo : Morgan Mathurin – SRC































