À peine Kimi Antonelli installé au sommet que George Russell serait déjà prié de consulter les petites annonces. Guenther Steiner imagine le Britannique préparer sa sortie de Mercedes vers Audi en 2028. Une théorie séduisante pour alimenter la “silly season”, mais encore largement construite avec du conditionnel.

Antonelli transforme Russell en numéro deux
Chez Mercedes, les contrats semblent parfois avoir une durée de vie plus courte que les rumeurs. George Russell assure qu’il pilotera toujours pour l’écurie allemande en 2027, Toto Wolff affirme vouloir conserver son duo actuel, mais Guenther Steiner regarde déjà deux saisons plus loin. Selon l’ancien patron de Haas, Audi pourrait constituer la meilleure porte de sortie pour un pilote progressivement éclipsé par Kimi Antonelli.
Antonelli, le numéro chez Mercedes…
Le problème de Russell ne vient pas seulement des spéculations entourant Max Verstappen. Il porte actuellement le numéro 12 sur l’autre Mercedes.
Après le Grand Prix de Hongrie, Antonelli mène le championnat avec 219 points, devant Lewis Hamilton à 169 points. Russell n’est que troisième avec 160 points, soit 59 de moins que son jeune équipier. À Budapest, le Britannique a encore dû se contenter de la septième place après un départ catastrophique, pendant qu’Antonelli montait sur le podium. Russell a d’ailleurs reconnu avoir dépassé le stade de la simple déception, sous peine de passer toutes ses semaines à ruminer.
Il ne s’agit donc plus seulement de l’élève prodige qui apprend rapidement. Antonelli est devenu le patron sportif de Mercedes, tandis que Russell découvre les joies du statut de « pilote expérimenté » chargé d’expliquer pourquoi le jeune va plus vite.
Steiner avait déjà estimé en mai qu’Antonelli était en train de lui retirer le titre et avait prédit à Russell un avenir de vice-champion. Une manière particulièrement élégante de lui annoncer qu’après avoir longtemps attendu son heure, il pourrait finalement regarder son équipier la vivre à sa place.
Steiner voit Audi… mais aucune négociation
Invité du podcast The Red Flags, Steiner a affirmé que plusieurs pilotes regardaient déjà du côté d’Audi pour 2028. Selon lui, Russell commencerait également à étudier ses possibilités, car rester durablement face à Antonelli lui indiquerait assez clairement quelle place Mercedes lui réserve dans sa future hiérarchie.
La formule est explosive. La preuve, elle est déjà devenue une destination presque officielle pour Russell dans certains titres. Pourtant, aucune discussion entre Audi et le pilote britannique n’est connue, encore moins confirmée.
Steiner ne révèle pas une négociation : il livre une interprétation. Certes crédible, mais une interprétation tout de même. En Formule 1, quelques phrases prononcées dans un podcast suffisent désormais à transformer un pilote sous contrat en futur transfuge deux ans avant l’ouverture supposée du baquet.
L’ironie est d’autant plus savoureuse que Steiner expliquait encore récemment que Toto Wolff serait « trop intelligent » pour recruter Verstappen et déstabiliser un duo composé du futur grand champion Antonelli et d’un « très bon pilote » nommé Russell. Quelques semaines plus tard, ce même Russell serait donc déjà occupé à préparer ses cartons. La cohérence attendra la prochaine émission.
Wolff rassure Russell… tout en rêvant de Verstappen
Officiellement, Mercedes ne veut pourtant rien modifier en 2027. Toto Wolff a déclaré être satisfait de Russell et Antonelli et ne voir aucune raison de changer une équipe actuellement en tête du championnat des constructeurs. Russell a lui-même assuré qu’il resterait « à 100 % » la saison prochaine, précisant que son avenir n’était même pas un sujet de discussion interne.
Le problème, c’est que Wolff possède une façon très personnelle de rassurer ses pilotes.
Après avoir confirmé son duo pour 2027, le dirigeant autrichien a également reconnu qu’il ne fermerait pas la porte à une association future entre Antonelli et Verstappen. Il estime que le Néerlandais est au sommet de son art et qu’une telle paire pourrait un jour devenir envisageable.
Or, dans ce scénario, personne n’imagine sérieusement Mercedes sacrifier son champion en devenir italien. Il n’est donc pas nécessaire d’avoir travaillé à la NASA pour comprendre quel pilote serait invité à libérer son casier.
Audi, une sortie prestigieuse… mais encore en travaux
Audi possède effectivement plusieurs arguments pour attirer Russell à partir de 2028. Mattia Binotto considère cette saison comme une phase de construction, avec l’objectif de réaliser un véritable saut qualitatif en 2028 avant de viser le championnat à l’horizon 2030. Le constructeur allemand développe son propre moteur et emploie environ 1 400 personnes sur l’ensemble du projet.
Les progrès commencent aussi à apparaître. Audi a marqué des points lors de trois Grands Prix consécutifs avant la pause estivale et occupe désormais la huitième place du championnat des constructeurs. Nico Hülkenberg a notamment terminé neuvième en Hongrie, offrant à l’équipe ses premiers points personnels de la saison. Mais présenter Audi comme une évidente « porte de sortie » demeure prématuré. Russell quitterait potentiellement l’écurie dominante du moment pour un projet qui espère être compétitif quatre ans plus tard. Ce serait moins une bouée de sauvetage qu’un investissement à long terme, avec casque obligatoire et rendement non garanti.
Pour l’instant, George Russell n’est donc ni licencié, ni négociateur clandestin, ni futur pilote Audi. Il est simplement battu par son équipier et constamment placé au centre des rêves de recrutement de Toto Wolff. En Formule 1, cela suffit déjà pour être considéré comme presque parti.
À Mercedes, la confiance est proclamée publiquement. Le remplaçant, lui, reste évoqué en permanence.










