L’ambition a été affichée d’entrée par Jules Cluzel et son équipe GMT94 : cette année doit être celle du titre mondial pour la Yamaha R6 bleue. D’ailleurs, le recrutement de Federico Caricasulo était le signe que, pour atteindre l’objectif, on était prêt à assumer une saine émulation dans le box. Oui mais voilà, l’entame de campagne ne s’est pas déroulée de la meilleure des façons. La malchance et un souci à résoudre ont ralenti la marche du Français, tandis que l’Italien surprenait en évoluant un ton en dessous de ce qui était escompté. Ce week-end, à Assen, il va falloir être offensif pour partir à la conquête des avant-postes, sauf à louper le coche…

Car ensuite, la catégorie sera chamboulée avec une nouvelle réglementation qui redéfinira totalement la grille de départ en invitant d’autres modèles d’autres marques avec des moteurs différents. Avec ses 20 victoires et sa présence en Supersport depuis 2012, s’il est un pilote qui mérite de clôturer cette partie de l’histoire 600 du WSS, c’est bien Jules Cluzel. Mais rien ne sera moins facile. Dès la première course au MotorLand Aragón, Cluzel a joué de malchance, percuté par Niki Tuuli alors qu’il menait les débats. Le lendemain, un problème de pression de pneu l’a contraint à devoir s’élancer depuis le fond de la grille, mais le Français a réalisé une remontée sensationnelle pour terminer sur la troisième marche du podium.

« Pour résumer mon début de saison : je suis satisfait de ce que j’ai pu faire, en dehors de la petite erreur dans le dernier tour de la Course 2 à Estoril » commente Cluzel. « Je pense que j’ai confirmé les progrès que j’ai réalisés ces années passées et je suis plutôt content. J’ai eu la sensation d’être en mesure de chercher les meilleurs résultats en course. »

Cependant, le pilote de 33 ans tire la sonnette d’alarme et appel à la mobilisation générale : « nous sommes dominés » avoue-t-il sur le site du WSBK. « Je suis tout le temps dans le groupe de tête, mais il me manque le petit truc pour me battre pour la victoire jusque dans le dernier tour. C’est dommage pour Aragón, parce que je pense que nous aurions pu marquer 25 points aux deux courses. J’étais très rapide et c’est dommage de ne pas avoir pu y décrocher de meilleurs résultats par manque de chance avec l’erreur de Tuuli et le problème sur la grille qui m’a fait partir dernier. »

Jules Cluzel

Jules Cluzel : “il nous manque quelque chose actuellement”

« Il nous manque quelque chose actuellement, mais je sais que le team est en train de travailler pour trouver des solutions » ajoute le Français. « Mon coéquipier rencontre également pas mal de difficultés. Nous avons tous les deux les mêmes soucis. C’est bien, car cela nous donne une direction de travail. Espérons qu’à la reprise, nous aurons quelque chose de plus pour aller nous battre pour la victoire tout simplement. Ça fait trop longtemps que je n’ai pas gagné et j’en ai très envie. Je ne pense pas au Championnat, j’aborde les courses les unes à la suite des autres et nous verrons où cela nous mène en fin d’année… »

Pour en savoir un peu plus sur le mal récurrent des R6 du GMT94 il faut être à l’écoute de son équipier Caricasulo qui peine à entrer dans le Top 5 : « je ne suis pas vraiment satisfait de ce début de Championnat qui a été très mauvais pour moi », déclare-t-il. « Nous n’avons jamais trouvé un bon feeling lorsque les températures sont élevées, ce qui a été le cas de toutes les courses jusqu’à maintenant. J’étais rapide quand il faisait froid durant certaines séances, toujours le matin. Je pense que nous devons trouver une solution avec la chaleur pour ne pas perdre trop de grip en course. »

A propos du prochain rendez-vous aux Pays-Bas, Caricasulo ajoute : « la prochaine course est à Assen, un circuit où j’ai gagné il y a deux ans. Je pense que c’est un bon circuit pour moi. Je pense que nous devons beaucoup travailler pour revenir sur le podium. » L’Italien est un ancien de la Yamaha Bardahl au guidon de laquelle il avait joué le titre contre son équipier Krummenacher en 2019. Ses performances actuelles ont été ainsi discrètement signalées par son actuel patron Christophe Guyot : « il est surprenant de constater que des pilotes qui n’étaient pas sur le devant de la scène, gagnent avec leur moto. Ou encore que les pilotes qui ont gagné chez Bardahl sont moins performants ailleurs ».

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