Après un début de saison rapide, mais malchanceux, à Phillip Island, Loris a retrouvé sur le Circuit de Barcelona-Catalunya sa Yamaha de l’équipe Ten Kate pour deux journées d’essai. Notre Savoyard connaissait déjà très bien cette piste pour y avoir roulé en MotoGP sur Yamaha Forward et Ducati Avintia, mais c’était une découverte pour tout le monde en Championnat du Monde Superbike.

Tu étais dans le trio de tête avec Scott Redding et Johnny Rea dès le premier jour, comment se sont passés tes tests de Barcelone ?

« Plutôt bien. Il était important de rouler là-bas parce que l’on sait que, même en Grand Prix, c’est un circuit qui est très compliqué pour l’usure des pneus en raison des grandes chaleurs. Kawasaki y avait déjà roulé. Ça faisait cinq mois que je n’avais pas roulé, j’avais fait une ou deux fois de la moto en enduro, mais c’était tout. »

« Mais dans mon premier run, après trois tours, je me sentais déjà bien. J’avais l’impression que j’avais roulé la semaine précédente ! C’était assez cool. On a pu tout de suite commencer à travailler, à partir de onze heures pendant les grandes chaleurs, pour comprendre les courses que l’on va avoir cette année principalement en Espagne et au Portugal aux mois d’août et septembre. Il était important de trouver des solutions pour l’usure des pneus. »

« On a ensuite fait des chronos. Ce n’était pas le plus important à ce moment-là car il fallait essayer toute la gamme des pneus disponibles. On s’en est bien sortis, donc c’était plutôt une bonne première journée d’essai, en ayant compris pas mal de choses sur l’usure des pneus. »

Tu n’as gagné qu’un dixième entre le premier et le deuxième jour. Etait-ce un choix délibéré ?

« Délibéré ? Oui et non, parce que la stratégie pour faire un chrono – et c’est ce qu’on fait la plupart des pilotes – c’était de mettre les pneus tendres (le SCX et les pneus qualif) le matin tôt à neuf heures, comme on le fait à Sepang. La piste fraîche a alors beaucoup plus de grip. »

« Nous on ne les a pas mis le matin car on avait besoin de travailler sur la moto le deuxième jour, de comprendre des choses. Avec les grandes chaleurs, j’ai fait deux simulations consécutives à midi et à 14h pour voir si tous les pneus tenaient la durée de la course. »

« J’ai remis les pneus tendres à la fin de la journée et j’ai gagné un dixième. En fait je suis tombé à 40 minutes de la fin dans le Virage 1 et après que les mécanos aient refait la moto, je suis reparti à 15 minutes de la fin. J’ai remis les pneus pour reprendre confiance tout de suite après la chute et j’ai gagné un dixième avec la moto qui était – non pas tordue – mais qui venait de tomber. »

« La chasse au chrono s’est faite – comme on l’a vu – le matin, je termine deuxième ou troisième de l’après-midi, ce qui était plutôt bien. On savait bien que si on ne passait pas les pneus tendres le matin, on risquait de terminer un peu plus loin au classement, mais c’était voulu parce qu’on n’avait pas assez de pneus qualif et de SCX pour faire des temps le matin, des simulations de course et des runs plus longs ensuite, puis le soir pour faire des temps. Donc c’était voulu. »

Quel est le rôle exact du Pirelli SCX (Special Compound X) ?

« C’est un pneu tendre qu’on a à disposition sur toutes les courses. On l’utilise souvent dans le premier run de la Superpole, puis ensuite pour la course sprint du dimanche. Il change un peu de gomme et de texture d’un circuit à l’autre. »

« Mais l’usure des pneus est tellement énorme à Barcelone et qu’il y a de grandes différences au chrono entre les premiers tours d’une course et les derniers, on voulait vraiment essayer tous les pneus sur toutes leurs durées. Il est déjà arrivé dans le passé que quand il fait très chaud le SCX tienne sur une manche complète, donc il a fallu faire beaucoup de longs runs. »

« Ça ne permettait donc pas de faire tout ce qu’on voulait. Je crois que j’ai fait 210 tours sur les deux jours, donc c’était bien assez comme ça (rire). »

Entre la moto avec laquelle tu as couru à Phillip Island et la nouvelle, aux spécifications 2020, dont tu as disposé à Barcelone, quelles sont les principales différences ?

« La principale différence est la poignée de gaz électronique sans câble, qui demande un peu de temps d’adaptation. Le feeling est vraiment différent au toucher de la poignée, mais je m’y suis vite fait. »

« Le moteur marche mieux, on est des pilotes et on veut toujours plus de chevaux ! Après le premier run avec la nouvelle moto, je leur ai dit que c’était mieux mais qu’il en fallait plus. C’est un moteur qui fonctionne mieux, qui a quelques chevaux en plus. Notre point faible était les chevaux en haut, la vitesse de pointe, donc c’était cool d’essayer ça. Et de toute façon quand on découvre une nouvelle moto, en tant que pilote on est toujours super content. Donc c’était sympa. »

La plupart des courses vont avoir lieu essentiellement en Espagne, mais aussi au Portugal et en Italie où il devrait faire très chaud cet été. Sera-ce un avantage pour la Yamaha R1 en Pirelli ?

« Je ne sais pas, ça va dépendre également des circuits. A Barcelone, le rythme de Rea était vraiment impressionnant. Pour le reste, on était tous assez serrés. L’usure des pneus a beaucoup joué. Il n’y avait en fait à Barcelone que Johnny qui était au-dessus de tout le monde. Mais Kawasaki avait déjà fait une séance d’essai là-bas. Il faudra voir à Jerez où normalement la Yamaha fonctionne très bien. Je pense qu’on y a de bonnes chances, comme à Portimão, à Aragón aussi malgré la grande ligne droite. C’est une saison qui peut convenir à la Yamaha qui a un moteur très doux. »

« Ce moteur demande aussi à être utilisé sur l’angle maxi, énormément sur le couple. Mais, parfois, c’est déconseillé avec l’usure des pneus et il faut mieux relever tôt la moto pour accélérer plus en ligne. C’est une question de réglages, de compromis à trouver. C’est pourquoi ces tests de Barcelone étaient importants afin de bien préparer tous les courses qui vont avoir lieu. »

Les quatre grandes courses françaises – le Grand Prix, le Superbike, les 24 H et le Bol – ont été sauvées. Les organisateurs et la FFM ont-ils droit à un grand merci de la part des fans ?

« Oui, je le pense, et les organisateurs des Championnats du Monde également. Franchement, il faut tirer notre chapeau à Dorna pour avoir réussi à sauver ces championnats avec pas mal de courses. Il y a des gens qui râlent parce que presque toutes les courses ont lieu en Espagne, mais il faut déjà être content qu’il y ait des courses. Ça ne change pas grand-chose quand on regarde les courses à la télé qu’elles soient en Espagne ou ailleurs.  »

« C’est top qu’il y ait les quatre grandes courses françaises, même si certaines seront à huis clos. On va pouvoir les suivre avec intérêt. »

Résultats combinés des 2 jours :

1 1  Jonathan Rea Kawasaki 1’41.910 1’40.450
2 45  Scott Redding Ducati 1’41.727 1’40.606
3 66  Tom Sykes BMW 1’42.455 1’40.956
4 22  Alex Lowes Kawasaki 1’42.318 1’41.137
5 54  Toprak Razgatlioglu Yamaha 1’42.771 1’41.218
6 50  Eugene Laverty BMW 1’42.832 1’41.494
7 60  Michael van der Mark Yamaha 1’42.975 1’41.679
8 76  Loris Baz Yamaha 1’41.980 1’41.881
9 7  Chaz Davies Ducati 1’42.641
1’41.903
10 36  Leandro Mercado Ducati 1’42.997
1’42.024
11 31  Garrett Gerloff Yamaha 1’43.119 1’42.121
12 91  Leon Haslam Honda 1’42.996
1’42.126
13 11  Sandro Cortese Kawasaki 1’42.573
1’42.187
14 19 Álvaro Bautista Honda 1’42.320 1’43.261
15 64  Federico Caricasulo Yamaha 1’43.535 1’42.333
16 77  Maximilian Scheib Kawasaki 1’43.568
1’42.436
17 20  Sylvain Barrier Ducati 1’44.430 1’44.323

Photos © Yamaha



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