Álvaro Bautista avait marqué les esprits le premier jour avec sa nouvelle Ducati V4 R en 1’30.743, un beau chrono déjà plus rapide que le record du tour de 1’30.848 établi par Marco Melandri (Ducati twin) en 2018.

Melandri avait été déclaré vainqueur des deux manches l’an dernier, mais ce lundi il terminait devant van der Mark avec le sixième temps, tandis que Sandro Cortese (chez GRT Yamaha WorldSBK comme Marco) se classait huitième. Bautista avait donc un sourire radieux en terminant sur la plus haute marche du podium fictif devant Alex Lowes (Pata Yamaha Official WorldSBK Team) et Jonathan Rea (Kawasaki Racing Team). Pour Pere Riba, le chef d’équipe de Johnny Rea, « Nous avons confirmé certains éléments figurant sur notre liste, principalement l’équilibre du châssis. Le nouveau moteur a une petite différence dans le caractère en entrée ou en sortie de virage, et les tours moteur sont différents, ce qui modifie également un peu le caractère. Cela affecte également le châssis et nous avons essayé de tout mettre ensemble ».

Álvaro Bautista et sa nouvelle 1000 Ducati se sentaient en confiance : « Nous nous sommes principalement concentrés sur le travail de configuration du châssis en testant diverses solutions que je n’avais pas essayées jusqu’à présent. Je suis heureux parce que nous avons pu améliorer le passage en courbe de la moto, ce qui m’a donné beaucoup plus de confiance pour prendre les virages. De plus, nous avons essayé les différentes solutions de pneus apportées par Pirelli ce week-end. Nous devons maintenant examiner les données et essayer de faire un autre pas en avant, mais dans l’ensemble, je suis très heureux ». On l’eut difficilement imaginé malheureux !

L’objectif d’Alex Lowes (Pata Yamaha Official WorldSBK Team) était clair : « C’est assez simple, déclarait-il. Je veux terminer parmi les trois premiers du Championnat et, par-dessus tout, je compte me battre pour le podium chaque week-end ». Pour son coéquipier Michael van der Mark « Nous voulons toujours prendre le dessus l’un sur l’autre, ce qui est une bonne chose. Mais nous travaillons également de concert en partageant nos commentaires pour améliorer la moto ». Et Andrea Dosoli, Directeur de la compétition Superbike pour Yamaha Motor Europe, d’ajouter : « C’est un grand plaisir pour nous d’être ici. 2018 fut une année positive, mais 2019 sera encore plus passionnante. Michael a terminé troisième l’an dernier, nous avons remporté trois courses et nous nous sommes adjugé plusieurs podiums, mais, aujourd’hui, notre projet WorldSBK a atteint sa maturité ».

Chaz Davies frétillait de joie avec sa V4 : « Je pense vraiment que la base est incroyablement forte grâce au travail effectué en MotoGP au cours des deux dernières années. Cela donne un lien direct à cette moto et cela raccourcit vraiment la courbe d’apprentissage. Surtout en situation de course. Quant à savoir si cette machine peut gagner maintenant, il m’est impossible de répondre à cette question, mais j’ai beaucoup confiance en Gigi (Dall’Igna) et le reste des ingénieurs de Bologne pour avoir fait un travail fantastique. Je pense que cela va vraiment porter ses fruits cette saison ».

Pour Gigi Dall’Igna, Directeur général de Ducati Corse, « Nous pensons disposer de l’une des équipes les plus fortes en WorldSBK. Chaz nous a déjà montré son potentiel, tandis qu’Álvaro officiait pour le compte de Ducati en MotoGP. J’espère que nous pourrons enfin ramener le titre à Borgo Panigale qui nous manque depuis bien trop longtemps ». N’oublions pas que Luigi fut le « deus ex machina » d’Aprilia quand la firme de Noale remporta le Championnat du Monde Superbike en 2010, 2012 et 2014 avec Max Biaggi et Sylvain Guintoli, plus quatre titres constructeurs. Il avait alors conçu une machine de course (RSV4 Factory) homologable pour la route… Exactement ce qu’il vient de faire avec la V4 R !

Venant des GP, Álvaro Bautista conservait sa motivation intacte : « Les pneus et plusieurs circuits sont bien sûr différents, mais si vous voulez gagner et faire le maximum, peu importe que vous soyez en MotoGP ou en SBK. Les Pirelli sont plus tendres, ils vous donnent beaucoup de confiance, mais quand il faut atteindre la limite, c’est plus difficile. Toutefois le début est positif, même si je ne contrôle pas tout à 100% ».

La première séance de la deuxième journée était interrompue au drapeau rouge en raison d’une chute d’Alessandro Delbianco et de sa Honda, sans gravité. Álvaro Bautista réalisait de nouveau le meilleur temps, un peu plus vite que la veille en 1’30.303. Marco Melandri progressait nettement et se hissait en deuxième position à 0.4 de Bautista, précédant de très peu Johnny Rea et Tom Sykes (BMW). Les autres Yamaha et Kawasaki suivaient ensuite avec Michael van der Mark, Leon Haslam, Sandro Cortese et Alex Lowes. Leon Camier amenait la meilleure Honda en dixième position à 1.1.

La séance était interrompue quatre fois en raison de volatiles sur la piste. Alex Lowes chutait, de même qu’Eugene Laverty sans gravité. La Panigale de Bautista était dotée d’une selle un peu différente, qui lui donnait la meilleure vitesse de pointe à 317 km/h.

Classement de la première séance de la deuxième journée :

Johnny Rea était plus en forme que l’an dernier : « C’était plus relaxant cet hiver et cela a fait une énorme différence pour moi. L’année dernière, je volais dans tous les sens et cela prend beaucoup de votre énergie mentale. J’étais partout en Asie et j’ai, en quelque sorte, fait une tournée mondiale. Quand je suis arrivé à la première épreuve, je suis tombé malade lors de la semaine de la course. C’était la conséquence d’être si occupé. L’été avait été également très rempli, donc ce fut une année difficile. Je suis revenu à Belfast et cela a fait une différence. Nous allons habituellement en Australie pour l’hiver et je craignais de tomber dans un trou noir de dépression, car le beau temps me manquerait ! C’est surprenant de voir combien j’ai apprécié la morte saison ».

Le départ de Tom Sykes a été un soulagement pour Rea : « Nous n’avons jamais eu de relation de travail. Quand je suis arrivé, je sentais que je devais gagner ma place dans l’équipe et c’était le cas même après avoir remporté un Championnat du Monde. Tom est juste un gars très différent et il n’y avait aucune relation entre lui et Spies. Zéro entre lui et Baz. Zéro entre lui et Lascorz. C’était pareil avec moi. Je ne pense pas que c’est moi qui ai changé la dynamique de Kawasaki. Quand je suis arrivé dans l’équipe, toutes mes idées ont été brisées parce que ma voie n’était pas perçue comme la bonne. Il était le pilote de développement, mais même après quatre ans, il trouvait des limites chaque année. J’avais une idée claire de l’endroit où je voulais aller. Si je disais «à gauche», il disait «à droite», si je disais «noir», il disait «blanc». Avec Leon, nous essayons de développer la moto ensemble, car il y a beaucoup de gars que nous devons battre ».

Du côté de Honda, la Directrice de l’équipe Midori Moriwaki expliquait que si la Honda Racing Corporation, – qui avait développé la CBR à partir de la moto des 8H de Suzuka pour le mondial Superbike – n’engageait pas sa propre structure, c’était parce que « Honda court à Suzuka avec des pneus Bridgestone, mais l’équipe Moriwaki avec les pneus Pirelli utilisés dans le Championnat du Monde Superbike. Nous avons développé notre propre bras oscillant et avons beaucoup de données avec les pneus Pirelli. Normalement, nous sommes des rivaux sur le circuit, mais pour le Championnat du Monde Superbike, nous nous sommes réunis et nous travaillons dans la même direction ». Beaucoup de gens pensent qu’Althea est là à cause de la logistique, pour transporter les motos, les mécanos, les pièces, aménager le stand, faire cuire la pasta dans l’hospitalité, stocker le matériel à l’atelier en Europe… et c’est tout. « Mais ce n’est pas le cas, assurait Midori. Moriwaki est impliqué dans la course mondiale, nous pourrions également nous charger de la logistique nous-mêmes. Mais pour le Championnat du Monde Superbike, vous avez besoin d’expérience et de partenaires fiables. C’est pourquoi nous avons choisi Althea, je connais Genesio Bevilacqua depuis longtemps ».

Vu par le pilote Moriwaki Althea Honda Leon Camier, « Il faut tenir compte du fait que tout est nouveau pour nous et que nous n’avons aucune donnée pour Phillip Island. Certains détails de la configuration doivent être améliorés – mais nous le savions avant et nous savons sur quoi nous devons travailler. Quoi qu’il en soit, nous avons encore la possibilité de progresser ici. Nous avons pu améliorer l’électronique, mais nous devons toujours travailler sur ce chantier de construction ».

A l’occasion de la deuxième et dernière séance de cette journée, plusieurs pilotes avaient prévu de faire des simulations de course, ce que ne facilitèrent pas quelques gouttes d’eau épisodiques et éparses.

Alvaro Bautista conservait la meilleure performance en 1’30.303 sur sa nouvelle Ducati V4, devant Tom Sykes, toujours brillant sur un tour, deuxième à 0.2 de l’Espagnol sur sa BMW. Les Kawasaki étaient en embuscade avec Leon Haslam troisième à 0.3 et Johnny Rea quatrième à 0.4.

« Il a été très difficile de reproduire des tours réguliers sur ce circuit en fonction du vent qui changeait assez souvent, expliquait Johnny Rea. Mais dans l’ensemble ça c’est assez bien passé et je suis assez confiant. Ces deux journées d’essais préparatoires devraient nous être utiles pour les trois courses du week-end. J’ai fait beaucoup de tours consécutifs, sinon de simulations de courses, avec différents pneus pour voir comment se comportait la moto.

« C’était nettement mieux que l’année dernière. Ces courses vont être très difficiles car Phillip Island fournit toujours des bagarres très serrées. Tout le monde peut gagner, et pas seulement le pilote le plus rapide sur le papier. On devrait avoir du bon spectacle samedi et dimanche. »

On attendait un peu mieux des Yamaha que la cinquième place de Marco Melandri, et les sept, huit et neuvième de Michael van der Mark, Sandro Cortese et Alex Lowes. Mais il serait osé de tirer des concurrences trop hâtives de deux jours de test de début de semaine,  et d’autre part la R1 a réalisé le doublé ici-même à Phillip Island l’an dernier. Seul Honda est un peu à la traîne avec la treizième place de Leon Camier.

Résultats de la deuxième séance de la deuxième journée :

Chronos de référence :

Record des essais : 1’29.573 par Johnny Rea (Kawasaki) en 2017

Record du tour : 1’30.848 par Marco Melandri (Ducati) en 2018

Vidéo : Jonathan Rea à Melbourne avant Phillip Island

Vidéo pour le plaisir : Kiyonari en Superpole à Donington en 2009

Photos © worldsbk.com

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