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Honda RCB

La Sunday Ride Classic fait son grand retour en 2026, avec une édition exceptionnelle à venir les 16 et 17 mai 2026 au Paul Ricard. C’est la grande célébration de l’histoire motocycliste en France, et, chaque année, la SRC fait honneur à l’héritage laissé par les champions. Cette année sera fêté les 50 ans de la Honda RCB, un modèle qui a changé l’histoire de l’endurance.

 

Une Honda à part

 

En 1967, Honda claque la porte des Grands Prix. La domination des moteurs deux-temps rend la compétition stérile pour la firme japonaise, qui préfère concentrer ses efforts sur l’automobile. Mais en 1975, tout change. La FIM annonce la création d’un Championnat d’Europe d’Endurance pour la saison 1976, et Honda y voit l’occasion rêvée de renouer avec la victoire – et de redorer un blason commercial quelque peu terni.

 

Honda RCB

Photo : SRC

 

Les enjeux sont loin d’être seulement sportifs. Depuis le début des années 1970, la CB 750 Four, pourtant pionnière de la moto moderne, commence à montrer ses limites face à des concurrentes plus puissantes et plus rapides. Kawasaki, notamment, a réalisé le doublé au Championnat d’Europe en 1973 et 1974. Il faut réagir, vite et fort.

 

La naissance du HERT

 

En novembre 1975, Honda crée le HERT — Honda Endurance Racing Team — et confie sa direction à Michihiko Aika, ancien ingénieur des campagnes de Grand Prix. Sa mission, formulée avec une simplicité redoutable : « Simplement gagner ». Il dispose de moins de six mois pour aligner une moto compétitive à Zandvoort, pour la première manche du nouveau championnat, le 25 avril 1976.

Face à l’urgence, l’idée d’un V4, pourtant envisagée, est écartée. On opte pour un quatre cylindres en ligne, plus rapide à développer, en s’appuyant sur la base mécanique de la CB 750 Four. Carters, vilebrequin et embrayage proviennent de la célèbre machine de série, mais le haut moteur fait un bond technologique considérable : un double arbre à cames en tête, à transmission partielle par chaîne, fait grimper la puissance de 67 à 100 chevaux. Dès la conception, une attention particulière est portée à la durabilité : chaque composant est pensé pour encaisser 5 000 kilomètres sans maintenance, soit 1,6 fois la distance d’une course de 24 heures.

La moto est baptisée RCB – pour Racing CB. Elle roule pour la première fois en mars 1976. Dès le mois d’avril, un exemplaire est expédié par avion à Honda France pour des tests.

 

Des débuts tonitruants

 

Le 25 avril 1976, à Zandvoort, la RCB prend la tête de la course après seulement quatre tours. La Honda britannique s’intercale en deuxième position. Malgré un abandon de l’équipage anglais sur problème de freins, la Honda française tient bon et s’impose largement. C’est le début d’une domination qui va marquer toute une époque.

L’aventure ne se passe pourtant pas sans embûches. Lors des 1 000 km du Mans, une cylindrée portée à 941 cc révèle des faiblesses dans la transmission, héritée de la 750 et manifestement dépassée par les 118 chevaux du nouveau moteur. À Barcelone, la chaleur écrasante provoque une surchauffe sévère : la décision est prise de courir sans carénages. Christian Léon et Jean-Claude Chemarin s’imposent tout de même, et les RCB terminent aux première, deuxième et quatrième places de cette course éprouvante.

 

Honda RCB

Photo : SRC

 

À Spa, en août, Honda remporte les 24 Heures avec l’équipage Léon-Chemarin, et s’adjuge le titre constructeur. En septembre, au Bol d’Or, pour le 40e anniversaire de l’épreuve, la RCB s’impose encore après 19 heures de course intenses, parcourant 3 214 kilomètres – un record absolu, 87 tours de plus que l’édition précédente. Jean-Claude Chemarin est sacré seul Champion d’Europe.

Au fil du temps, la RCB devient l’une des reines de l’endurance. En 1978, en revanche, Honda essuie une défaite face à la Suzuki de Wes Cooley et Mike Baldwin à l’occasion des premières 8 Heures de Suzuka. Quelques semaines plus tard, au Paul Ricard, la RCB s’impose une fois de plus.

 

Un palmarès unique

 

Le bilan des trois premières saisons est vertigineux : sur 26 courses disputées entre 1976 et 1978, les RCB en remportent 24. Les deux seules défaillances ? Les 1 000 km du Mans 1977 et les 8 Heures de Suzuka 1978.

Le HERT ayant rempli sa mission, il est dissous en 1979. Un nouveau département, le RSC (Racing Service Center). La Honda RCB 1000 reste, elle, gravée dans l’histoire comme l’une des machines de compétition les plus dominantes jamais construites.

La suite de l’histoire ? Venez la découvrir à la Sunday Ride Classic, les 16 et 17 mai sur le Paul Ricard ! Connaissiez-vous en détail la Honda RCB ? Dites-le-nous en commentaires !

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Photo : SRC

 

Photo de couverture : SRC