Né le 12 novembre 1998 à Rimini, Marco Bezzecchi est aujourd’hui l’un des hommes forts du MotoGP. Actuel pilote Aprilia, il s’est imposé au fil des saisons comme un talent complet, capable de gagner, de démontrer sa vitesse sur un tour et d’élever son niveau dans les grands rendez-vous, jusqu’à devenir candidat au titre en 2026.
Bercé très tôt par la moto, Bezzecchi découvre la compétition dans les catégories italiennes avant de rapidement se faire remarquer sur la scène internationale. En 2015, il remporte le championnat italien Moto3 et effectue ses premiers pas en FIM CEV Moto3 Junior World Championship. Dès cette période, il montre un réel potentiel, même si les résultats mettent encore du temps à se transformer en références. Il ne compte d’ailleurs pas de résultat majeur dans la classe.
Marco Bezzecchi, du Moto3 au Moto2
Cela ne l’empêche pas de faire ses débuts en Championnat du monde Moto3 la même année avec des apparitions en wildcard. Après deux courses en 2015, et deux en 2016, il intègre pleinement la catégorie en 2017 avec le CIP. Sa première saison complète est discrète – bien que ponctuée par un podium au Japon – mais elle lui permet d’apprendre. En 2018, le déclic arrive : avec Prüstel GP, Bezzecchi remporte trois Grands Prix, monte neuf fois sur le podium et termine troisième du championnat du monde derrière… Fabio Di Giannantonio et Jorge Martín. Il s’installe alors durablement parmi les pilotes les plus prometteurs de sa génération.
La montée en puissance se poursuit en Moto2. Après une première année compliquée chez KTM Tech3 en 2019, où il n’a terminé que quatre fois dans les points, il rebondit en rejoignant la structure VR46 en 2020. Avec Luca Marini puis Celestino Vietti comme coéquipiers. Sur le châssis Kalex, il se construit un palmarès solide, régulièrement aux avant-postes. En 2020, il décroche son premier podium dans la classe à Jerez (GP d’Andalousie), avant de s’offrir sa première victoire en Autriche (GP de Styrie). Quatrième du championnat, il termine à 21 unités du champion Enea Bastianini, et à douze de son voisin de garage, deuxième cette saison-là.
En 2021, il fait encore mieux en terminant troisième du championnat Moto2 après une saison encore plus régulière – douze top 5 en dix-huit rendez-vous dont sept podiums – mais largement insuffisante pour contester la domination des KTM Ajo de Raul Fernandez et Remy Gardner, champion en fin de parcours. Sa prestation suffit néanmoins à lui faire décrocher son passage en MotoGP avec l’équipe VR46.
Des débuts prometteurs en MotoGP
Ses débuts dans la catégorie reine sont immédiatement remarqués. En 2022, au guidon de la Ducati du Mooney VR46 Racing Team, il signe son premier podium en MotoGP aux Pays-Bas, à Assen, puis sa première pole position en Thaïlande. L’année suivante, il confirme pleinement son statut de pilote de premier plan : trois victoires, dont ses premiers succès en Argentine, en France et en Inde, et une troisième place finale au championnat, derrière Jorge Martín et Pecco Bagnaia. Bezzecchi s’impose alors comme l’une des révélations du plateau.
Après une saison 2024 plus discrète, il s’offre un nouveau défi. En 2025, il rejoint Aprilia Racing en tant que pilote d’usine et change de dimension. Après un début de saison compliqué au guidon de la RS-GP, que l’on peut mettre sur le compte d’une phase d’adaptation nécessaire à sa nouvelle moto, il retrouve le devant de la scène avec une victoire au Grand Prix de Grande-Bretagne. Il enchaîne les performances de haut niveau. Bezzecchi s’illustre aussi en qualifications, signant plusieurs pole positions sur des circuits pas forcément favorables à l’Aprilia. Il est alors l’un des seuls pilotes à pouvoir se battre avec Marc Márquez en fin de saison, sans pour autant parvenir à battre le nonuple champion du monde à la régulière. Lors du Grand Prix d’Indonésie un accrochage entre les deux hommes lors du Sprint va contraindre Márquez à déclarer forfait pour le reste de la saison. Il en profite pour remporter les deux dernières courses de la saison, en menant tous les tours.
Début 2026, Bezzecchi poursuit sur un rythme impressionnant. Dès le Grand Prix de Thaïlande, il domine les débats en signant le meilleur temps des essais, la pole position puis la victoire en course. Seul accroc dans son week-end, une chute en Sprint qui le prive de défendre les commandes du championnat après la première échéance de l’année. Au Brésil et aux États-Unis – malgré une nouvelle chute en Sprint – il enfonce le clou, menant une nouvelle fois tous les tours de ces épreuves, ce qui l’amène à briser le record de tours consécutifs passés en tête en MotoGP avec 121 boucles d’affilée en première position.
S’imposant comme l’homme fort du lancement de championnat, son contrat avec Aprilia est prolongé jusqu’à la fin de la saison 2028, signe de la confiance totale du constructeur en son pilote. Malgré quelques erreurs depuis sa victoire au Mugello, et une blessure contractée au Sachsenring après une chute en Qualifications, son entame de saison le place parmi les candidats au titre de champion du monde 2026, une opportunité qui pourrait être la seule de sa carrière, et à côté de laquelle il ne faut certainement pas passer.
La suite…
En 2027, Marco Bezzecchi poursuivra donc sa trajectoire avec Aprilia, désormais comme l’un des visages majeurs du projet de la marque italienne. Il formera un duo de très haut niveau avec Pecco Bagnaia, dans une équipe qui pourrait bien viser très haut dès la nouvelle ère technique. Attention toutefois à ne plus commettre des erreurs inutiles, sans quoi son voisin de garage – qui se refait une santé après une campagne noire chez Ducati, où il a souffert de la comparaison avec un Marc Marquez à son meilleur niveau – pourrait rapidement lui faire de l’ombre.









