Champions en titre et derniers vainqueurs des 24h Motos au Mans au guidon de la Yamaha n°1 du Yart, Karel Hanika et Marvin Fritz abordent la campagne 2026 du Championnat du Monde d’Endurance moto (FIM EWC) avec la ferme intention de rester les hommes à battre. En amont de la 49e édition de l’événement, les deux hommes évoquent pour paddock GP les enjeux de la course.
Débuter cette nouvelle saison avec le n°1 du champion du monde, c’est plus de pression ou plus de motivation ?
Karel Hanika : Pour moi, c’est surtout une source de motivation, c’est sûr. Je ne dirais pas que c’est de la pression, parce que mon équipe et moi avons déjà gagné deux fois. On sait donc ce qu’il faut faire, et ce n’est pas tant une question de motivation que le fait qu’on en a toujours envie : on a toujours cette soif de gagner davantage. C’est notre objectif principal. On sait qu’on a une très bonne équipe autour de nous, on a confiance en nos capacités, et on a maintenant du sang neuf avec un nouveau coéquipier. C’est un super gars, un excellent pilote. Nous sommes donc impatients de commencer cette nouvelle année et de défendre notre titre de champions.
Marvin Fritz : C’est notre défi et nous ferons tout pour y parvenir. La pression est moindre, c’est certain, car nous avons remporté le championnat deux fois en trois ans et nous disposons d’un excellent package. L’équipe fonctionne très bien mais évidemment chaque année, c’est de plus en plus difficile. Tout le monde va plus vite et, à un certain moment, on est un peu à la limite avec notre package, mais on arrive toujours à en tirer un peu plus. On connaît les circuits, le championnat, et notre nouveau coéquipier, qui participe au championnat depuis quelques années et connaît les circuits, les conditions de course de nuit. Je pense qu’on est vraiment compétitifs cette année encore.
Ce nouveau coéquipier, Leandro Mercado, comment se passe son intégration ?
Karel Hanika : C’est un très bon pilote, il connait le championnat. Pour nous, l’objectif c’est de le mettre à l’aise sur la moto, de lui faciliter l’adaptation à la Yamaha, et de faire en sorte qu’il se sente à l’aise pour que l’on puisse bien travailler ensemble. Au niveau du pilotage, il est très doué, et je pense que nous avons aussi beaucoup de choses à apprendre de lui.
Concernant la moto, avez-vous changé quelque chose par rapport à 2025 ?
Karel Hanika : Pas vraiment, le package est plutôt similaire par rapport à l’an dernier.
Autre enjeu de cette 49e édition, il y aura 60 motos en piste, ce sera plus difficile à gérer ?
Marvin Fritz : Oui, évidemment, l’an dernier, il y avait 50 ou 52 motos, désormais c’est 60. Tu vois vraiment qu’il y a plus de motos en piste. À chaque tour, quand tu arrives en bout de ligne droite et qu’il n’y a personne qui a entravé ton chemin, tu te dis : ‘Ah, enfin un tour clair !’ Ensuite tu arrives dans le dernier secteur et tu vois plein de motos devant toi. Ça ressemble un peu à un trackday, parce qu’il y a d’énormes différences de vitesse entre les motos, par le niveau des pilotes et des équipes. Mais c’est la même chose pour tout le monde, tout le monde doit faire avec.
Cela impactera les Qualifications, mais aussi la course…
Marvin Fritz : Oui, ce ne sera pas facile, parce que tu peux perdre beaucoup de temps dans les dépassements. Tu peux aussi faire le choix d’être agressif, mais il y a toujours le risque de faire une petite erreur, et de chuter ou de faire une légère sortie qui te fait perdre du temps.
L’an dernier, c’était un peu chaotique ici au Mans, vous en avez tiré des leçons ?
Karel Hanika : Oui, on a appris beaucoup de choses, c’est sûr, c’était une course spéciale, dans des conditions particulières. De piloter avec des pneus slicks sur ligne de course sèche très fine, et de dépasser les autres motos sur les parties mouillées avec les mêmes pneus. Il ne faut pas faire d’erreurs, mais parfois cela arrive. Heureusement, on était du côté de ceux qui sont parvenus à rester en sécurité. On a fait l’expérience d’une petite chute, mais pas de gros problème. Tout le monde a eu des problèmes durant cette course, mais on est resté concentrés.
Cette édition des 24h Motos a encore prouvé que rien n’était joué jusque dans les derniers instants en Endurance…
Karel Hanika : Oui, car jusqu’en toute fin de course, nous n’avons quasiment pas mené. À 30 minutes de la fin, on a pris la tête, on n’a jamais arrêté de croire qu’on pouvait décrocher cette victoire, Marvin et moi, et on l’a fait. C’était une super expérience.
En parlant des 24h Motos 2025, Marvin, le record du tour en Qualifications, c’est quelque chose que tu peux battre ?
Effectivement, l’an dernier j’ai battu le record du tour, c’était super. Évidemment, battre le record du tour c’est génial, mais il n’y a pas que ça qui compte. C’est la moyenne des temps des deux meilleurs pilotes qui attribue la pole position. L’an dernier, on a gagné le championnat pour un point, cela veut dire que chaque point est important. On doit y penser, être intelligents, et être les plus rapides, c’est comme ça qu’on décroche la pole. Mais biensûr, j’espère établir un nouveau record du tour.
Photos : FIM EWC

































