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Alex Marquez

Ceux qui suivent cette chronique depuis un moment savent qu’Alex Marquez ne fait pas partie de mes pilotes préférés, notamment à cause de son approche trop agressive. Cependant, j’étais bien obligé de reconnaître son talent lors de la saison 2025, où il semblait avoir atteint son plein potentiel… ou pas ! À Jerez, il est encore monté d’un cran, et, cette fois, il est temps de l’inclure dans de très sérieuses discussions.

 

Une forme de génie

 

Jamais Alex Marquez ne m’avait autant impressionné sur un week-end qu’à Jerez. C’est dit. Pourtant, c’est un Champion du monde Moto3 et Moto2, vainqueur par deux fois le dimanche l’année dernière. Cependant, cette fois, il y avait quelque chose d’encore plus fort, car il était le meilleur pilote du monde pendant deux jours.

 

Alex Marquez

Babyface killer. Photo : Michelin Motorsport

 

Ça partait assez mal, avec cette cinquième place en qualifications. Mais l’on connaît sa capacité de projection vers l’avant, l’une de ses grandes qualités. Dans les deux courses, il s’est rapidement retrouvé aux meilleures places, sans perdre de temps, et aussi, sans forcer le moindre dépassement – ce qui est d’habitude son grand défaut. Jerez est l’un des circuits les plus tortueux du calendrier, et il est assez difficile de s’extraire du peloton quand on y est englué. Le pilote Gresini avait conscience de ce phénomène et n’a pas tardé à faire sa place.

Lors du Sprint, j’ai vu, je crois, le meilleur Alex Marquez de tous les temps. Une fois débarrassé de Zarco et Di Giannantonio, il revenait comme une balle sur Marc Marquez. Puis la pluie a fait son apparition. Et, en temps normal, quand un tel changement météorologique se produit, Marc Marquez s’impose, à chaque fois ou presque. Mais là, Alex se jouait de ces conditions. Il s’est rapproché, puis, a collé un extérieur à son frère, ce qui n’est plus arrivé, de mémoire, depuis les derniers instants du Grand Prix d’Autriche 2018. C’est malheureux, mais une fois en tête, il avait ainsi perdu son avantage, puisqu’il n’était plus à l’initiative. Du coup, il pouvait difficilement prendre le risque de rentrer aux stands en premier. Vint la chute de Marc, la polémique, puis la sienne, d’erreur, sur un miroir d’eau. Honnêtement, je ne peux lui en tenir compte, car le résultat de ce Sprint était une sorte de loterie. Il a simplement manqué de réussite.

D’ailleurs, le soir même, il n’a pas manqué de dire que son frangin avait davantage été chanceux que génial, ce qui m’a également plu. D’habitude, Alex, quand il parle de Marc, n’a que du respect, et cela se traduit aussi sur la piste où il est généralement frileux au moment de l’attaquer. Que ceux qui réfutent cette théorie me montrent un seul dépassement appuyé du pilote Gresini sur l’officiel Ducati, alors qu’il ne se gêne jamais avec les autres, jusqu’à parfois les mettre par terre. En 2025, il avait également adopté l’attitude de l’« heureux deuxième », qui, je pense, le desservait plus qu’autre chose. Mais là, cette déclaration qui visait à remettre l’église au centre du village lui a fait gagner en épaisseur, en caractère ; et j’aime ça.

 

Alex Marquez

Le plus fort, c’est qu’il aura réussi à laisser sa trace alors qu’il court à la même époque que Marc Marquez, son frère. Photo : Michelin Motorsport

 

Alex Marquez a dominé

 

Puis vint le dimanche, journée qu’il dut entamer avec la volonté de prendre sa revanche sur le destin. Et là, cette fois, il n’y avait pas photo. Il s’est encore une fois très bien projeté, a éliminé son frère, et a dit « au revoir » à toute la concurrence. Ce n’était pas comme l’année dernière. En 2025, Marc Marquez était également tombé très tôt dans l’épreuve, mais alors qu’il voulait trop en faire. Je suis intimement convaincu qu’après sa victoire en Sprint, Marc aurait gagné le dimanche sans cette chute. Mais dimanche dernier, le nonuple champion du monde ne forçait pas outre mesure au moment de sa bourde, il était simplement en difficulté avec sa machine, comme c’est en réalité le cas depuis le tout premier Grand Prix. Là, Alex Marquez était le meilleur, il n’y avait rien à dire.

Dans les premiers paragraphes de cet article, j’affirme qu’Alex n’avait jamais été aussi bon en catégorie reine. En fait, seul le Grand Prix de Catalogne 2025 rivalise, mais la démonstration de caractère du samedi, l’écart avec Marc Marquez et les autres (qui gérait déjà son championnat à Catalunya l’an passé), le coup de génie à l’arrivée de la pluie en Sprint et l’absence d’erreur grossière – rappelez-vous cette chute en tête le samedi à Barcelone – me font dire que Jerez 2026 devient désormais la référence pour lui.

 

 

Et puis, mine de rien, cette victoire s’accompagne d’accomplissements statistiques non négligeables : Alex Marquez devient le premier pilote Ducati à s’imposer le dimanche en 2026, mais aussi le premier à faire triompher la GP26 avant Di Giannantonio, Marc Marquez, et Bagnaia, tout en arrêtant la série de cinq victoires dominicales consécutives sur deux ans de Marco Bezzecchi et donc d’Aprilia. En 2025, on le disait porté par la qualité du package GP24, mais cet argument ne tient plus la route.

 

Jusqu’où peut-il aller ?

 

S’il continue comme ça, Alex Marquez peut laisser une trace vraiment impressionnante sur le championnat MotoGP. Il est déjà temps de l’inclure dans de très sérieuses discussions, comme celles des meilleurs pilotes du XXIe siècle. Certes, il n’est pas encore au niveau de champions MotoGP, d’accord, mais nous parlons ici d’un élément titré en petite et moyenne catégorie (fait uniquement réalisé par Pedrosa, Poggiali, Marc Marquez et Acosta au XXIe siècle), triple vainqueur de Grand Prix, vice-champion du monde MotoGP chez Gresini Racing au terme d’une saison exceptionnelle, poleman en catégorie reine, et quadruple vainqueur en Sprint. C’est un CV déjà bien rempli, et c’est le bilan s’il vient à arrêter sa carrière demain !

Cela ne va peut-être pas plaire à certains, mais je crois qu’il a le potentiel de devenir l’un des meilleurs outsiders de l’histoire des Grands Prix motos.

Je suis curieux de savoir ce que vous pensez de l’héritage que va laisser Alex Marquez. Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

La première fois que j’ai vu Alex dominer Marc de la sorte. Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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