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Marc Marquez

C’est le moment. Il est l’heure de revenir sur la polémique du week-end, à savoir, la manœuvre controversée de Marc Marquez lors du Sprint à Jerez. A-t-il triché ? A-t-il profité de sa chute ? A-t-il manqué de respect à l’esprit du MotoGP ? Ne vous inquiétez pas, je vais tout détailler dans cet article, en me référant au règlement. D’ailleurs, ce papier ne concernera pas le dimanche de Marc Marquez et sa malheureuse chute très tôt dans la course.

Si vous profitiez du soleil samedi et que vous n’êtes pas au courant de l’affaire, voici un autre écrit qui vous permettra d’y voir plus clair avant de comprendre les tenants et aboutissants de celui-ci.

 

Un verdict sans appel

 

D’habitude, je laisse planer le suspense avant de livrer mes conclusions, mais cette fois, je vais faire l’inverse pour clarifier ma position.

Non, Marc Marquez n’aurait pas dû être pénalisé pour son action. Oui, il a bénéficié d’un avantage déloyal (le fameux « unfair advantage » tant décrié par Davide Brivio) par rapport à ses adversaires. Ces deux avis peuvent parfaitement cohabiter et je vais vous le prouver.

 

Marc Marquez

La vérité, c’est qu’il était en difficulté lors du Sprint. Photo : Michelin Motorsport

 

Je ne peux pas faire plus limpide. Maintenant, je vais expliquer en détail ce que j’en pense.

 

Un règlement (très) mal fait

 

Dès que j’ai vu Marc Marquez prendre ce raccourci, j’ai tout de suite pensé qu’il allait être pénalisé. En fait, je n’imaginais pas que le règlement ne couvre même pas une telle éventualité, tellement c’est énorme. Pourquoi ? Eh bien, parce qu’en 2018, une situation similaire avait donné naissance à une polémique en Formule 1 lors du Grand Prix d’Allemagne. Lewis Hamilton voulait aller aux stands, mais son équipe, au dernier moment, lui ordonna de rester dehors. L’Anglais coupa ainsi la voie d’entrée pour revenir en piste ; là aussi, personne ne savait quoi faire. J’avais dans l’idée que le MotoGP avait donc anticipé, s’était nourri de cet exemple qui avait fait parler aux quatre coins du globe. Mais non. Huit ans plus tard, aucune règle n’existait au cas où cela arriverait en MotoGP. C’est absolument fou.

Franchement, j’ai été très déçu, car l’esprit de la course a été bafoué. Et ce n’est pas de la faute de Marc Marquez ! Le règlement aurait dû prévoir qu’un pilote pouvait effectuer une telle manœuvre. Le pire, c’est qu’une semaine avant Jerez, équipes et journalistes ont reçu un dossier expliquant les règles imposées aux pilotes à l’entrée et à la sortie des stands ! Il précise que la ligne « intérieure » ne doit pas être franchie. Mais qui, que l’on me dise qui, essayerait, à cet endroit, en course, de gagner un avantage par l’intérieur de la voie d’entrée aux stands ! Ça ne fait aucun sens. La ligne extérieure que Marquez a franchie, elle, n’est sujette à aucune interdiction de franchissement.

Le pire, c’est la justification officielle du MotoGP. Au vu de l’ampleur que prenait cette affaire, un article a été publié sur le site MotoGP.com, expliquant pourquoi il n’avait pas été pénalisé. Il est précisé qu’il n’a pas ignoré les consignes des commissaires de piste – logique, il n’y en avait pas –, qu’il ne représentait pas un danger – ce qui est vrai –, et qu’il n’a pas coupé de portion significative du circuit. Ça, j’ai plus de mal, nous en reparlerons. Mais, attendez la suite : il est indiqué noir sur blanc « qu’aucune règle ne dicte le point d’entrée dans la pit-lane tant que le pilote passe bien par la boucle de chronométrage représentée par les panneaux 60 km/h au tout début de la pit-lane ». Je crois rêver ! Ça veut dire qu’il aurait été possible de rentrer dans la pit-lane après le dernier virage tout ce temps-là ?

Marquez n’a donc violé aucune règle, car personne ne savait quoi faire sur le moment, comme le disait Davide Brivio, qui est l’un des acteurs les plus expérimentés du paddock. Par le fait, il ne doit pas être pénalisé, puisqu’aucune règle n’est écrite. Il est ridicule de réclamer une punition pour un délit qui n’existe pas, et, en ce sens, je n’ai pas bien compris le point de vue de Johann Zarco, même si je respecte énormément sa prise de parole. En revanche, il a bien profité d’un manquement du règlement. D’après le très sérieux journaliste Mat Oxley, les règles vont sans être changées dans les prochaines semaines ; ceci signifie bien qu’il y a un problème.

 

Marc Marquez

Zarco avait sans doute le Japon 2023 encore en travers, mais à l’époque, il n’était pas passé par la ligne blanche ce qui fait office de début de la pit-lane. Photo : Michelin Motorsport

 

Marc Marquez, un génie ou un opportuniste ?

 

Dans mes conclusions, j’affirme, comme Zarco et Brivio cette fois, que Marc Marquez a bénéficié d’un avantage déloyal par rapport à ses adversaires lors du Sprint. Et ça me paraît difficilement réfutable pour quiconque d’objectif. Marquez, lorsqu’il chute au virage Jorge Lorenzo, donc après l’entrée de la voie des stands, a pris la décision de continuer un tour de plus. Il est tombé, a vu qu’il était perdu, et a décidé de rentrer, car il n’avait pas d’autre choix pour rester dans la course. S’il n’avait pas commis cette erreur, il aurait continué et perdu le Sprint. C’est aussi simple que deux et deux font quatre.

Beaucoup vantent son temps de réaction, son génie, sa connaissance du sport. Mais je mets ma main à couper qu’il n’avait aucune idée de ce qui pouvait lui arriver s’il passait par la bande d’herbe, il a juste profité d’un trou dans le règlement. Beaucoup aiment dire que Marquez joue à chaque fois avec les officiels, comme s’il était un pilote calculateur, mais ils oublient qu’il se fait assez souvent pénaliser, comme à Phillip Island en 2013, où, lors d’une course flag-to-flag, il est rentré un tour après la fenêtre obligatoire, écopant ainsi d’un drapeau noir alors qu’il aurait pu regretter amèrement en cas de finale perdue à Valence quelques semaines plus tard.

Je suis intimement convaincu qu’il a chuté, s’est relevé, et son instinct de champion lui a dit de rentrer aux stands, car c’était la seule manière pour lui de poursuivre. Pensez-vous un seul instant qu’en cinq secondes, il a réfléchi au règlement et s’est rappelé qu’il existait un trou béant dans celui-ci, alors que personne d’autre sur le circuit n’en avait la moindre idée ? Je n’achète pas.

 

Heureusement qu’il est là

 

Franchement, à part lui, qui peut nous offrir des moments comme ça. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, qu’on le trouve génial ou chanceux, il faut juste reconnaître qu’il fait l’action. Marc Marquez est très largement responsable de la popularité actuelle du MotoGP, et ce débat nous le rappelle encore.

Dites-moi ce que vous en avez pensé en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Franchement, ça fait une image folle, et au final, j’aime ça. Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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