C’est officiel depuis quelques jours maintenant : Quartararo ne sera plus pilote Yamaha l’année prochaine, comme les rumeurs le laissaient entendre. Le Français ira chez Honda en MotoGP à partir de 2027 après huit années de collaboration. Personnellement, j’ai l’impression que cette aventure est inachevée.
La rupture entre Quartararo et Yamaha, une déception ?
Je ne vais pas vous faire perdre de temps. D’après moi, Fabio Quartararo, champion du monde MotoGP 2021, a perdu deux ans de sa carrière avec Yamaha. Comme je le prédisais en 2024 – contre l’avis d’énormément de personnes –, ces deux années de plus avec la firme aux diapasons furent très difficiles, voire, gâchées, en un sens.

Cette année, on a vraiment l’impression qu’il a lâché la mission. Photo : Michelin Motorsport
Faisons le bilan rapide de 2025 et de 2026, toujours en cours. Au total, Quartararo n’a pas remporté la moindre victoire, est monté sur le podium une seule fois (Espagne 2025), et a réalisé cinq pole positions. Si j’exclus totalement l’aspect financier, je ne comprends toujours pas ce contrat. Quartararo, à l’époque, n’était pas aussi critique que de nos jours envers son employeur, mais avait déjà exprimé son mécontentement quant aux performances de la YZR-M1.
Je rappelle tout de même qu’au moment de sa prolongation, Aprilia lui avait également fait une offre. Donnez la RS-GP à Quartararo en 2025 et cette année, et les débats seraient tout à fait différents. Pourquoi ? Car Fabio est un pur talent, l’un des meilleurs pilotes actuels, ça ne fait aucun doute. Cela fait maintenant depuis 2021 qu’il écrase totalement la concurrence chez Yamaha, qu’il est seul au monde dans son équipe. Mais deux de ses années de son prime ont été, à mon humble avis, gâchées par cette aventure en bleu.
Résultat, que retiendrons-nous de sa collaboration avec Yamaha, qui court quand même depuis 2019 ? De très belles saisons, à commencer par son sacre de 2021. Mais depuis la mi 2022 et cette remontée folle de Pecco Bagnaia, Quartararo est devenu indissociable du « si ». « Et s’il avait une Ducati ? », « et s’il avait une Aprilia ? », « et si Marquez avait une Yamaha ? ». Je suis désolé, mais je crois que la responsabilité de Quartararo ne peut être ignorée, car le projet d’Iwata n’était clairement pas vendeur.
On lui avait promis l’apparition d’un V4, et peut-être d’autres choses pour 2025. Mais évidemment, un tout nouveau prototype, apparu mi-2025, ne pouvait pas être performant d’entrée. D’ailleurs, je doute que ceci excitât réellement « El Diablo », car l’annonce de sa signature chez Honda a été révélée avant même les essais de Sepang 2026, où il allait pouvoir essayer le V4 Yamaha en conditions réelles pour la première fois.
J’aime beaucoup Quartararo. Je ne cesse de l’encenser pour son franc-parler et son indéniable talent. Malgré tout, je ne peux cacher ma déception quant à l’issue de cette association entre lui et Yamaha, que j’imaginais, après 2021, promise à un bel avenir. La preuve : si je vous avais dit, au soir de son titre en 2021, que Quartararo n’allait remporter que trois victoires, réaliser dix autres podiums, cinq pole positions et finir respectivement deuxième, dixième, treizième, neuvième et quinzième du général sur les CINQ années suivantes, n’auriez-vous pas été extrêmement déçus ? Voilà mon sentiment

Au moins, il est en sécurité financièrement jusqu’à la fin de ses jours. Ce n’est pas négligeable. Photo : Michelin Motorsport
Un nouveau chapitre
J’aurai l’occasion de reparler de son futur avec Honda, mais je voulais simplement intégrer un petit paragraphe dessus aujourd’hui. Contrairement à ce que beaucoup pensent, je ne suis pas des plus optimistes. Honda galère depuis plusieurs années, et sa puissance financière ne permet simplement pas de compenser le probable retard qu’accuse le Japon actuellement – j’ai déjà parlé de ce phénomène ici. Alors, oui, on évoque le palmarès de la firme ailée, ses succès, ses championnats par dizaine. Mais actuellement, d’instinct, j’ai du mal à imaginer un bond en avant spectaculaire permettant à Honda de passer devant Ducati et Aprilia, qui ont et continuent de révolutionner le sport, 850cc ou pas. Je peux tout à fait me tromper, mais c’est mon avis.
Quartararo, aussi, me fait m’interroger. On sait tous de quoi il est capable, bien sûr, notamment sur un tour. Mais ces années chez Yamaha ne lui ont pas servi à se forger une expérience de multiple champion, de serial vainqueur ou de monstre du sport. Ça va peut-être vous déplaire, mais je pense qu’il arrive en tant qu’outsider. À motos égales, par exemple, je ne le vois pas devant Marc Marquez, Pecco Bagnaia, Pedro Acosta, Marco Bezzecchi, ou Jorge Martin, qui, eux, grâce à leur situation, ont su débloquer de la performance et grandir sur ces dernières années, quand Quartararo rongeait son frein à l’arrière du peloton. J’espère sincèrement que ces trop nombreuses années d’absence ne joueront pas contre lui.
Je suis curieux de savoir ce que vous pensez de cette décision – attendue, et du bilan de Quartararo chez Yamaha. Dites-le-moi en commentaires !

Il restera la face de cette époque pour Yamaha. Photo : Michelin Motorsport
Photo de couverture : Michelin Motorsport




























