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« Une honte » : Oscar Haro, un ancien patron du MotoGP tire la sonnette d’alarme sur une crise que le paddock ne peut plus ignorer. Le Grand Prix des Pays-Bas n’a pas seulement relancé le championnat du monde. Il a aussi remis au premier plan un débat devenu impossible à éviter : celui de la sécurité.

Après les chutes de Marco Bezzecchi, Fermin Aldeguer, Alex Marquez ou encore les blessures qui éloignent Johann Zarco des circuits, l’ancien directeur sportif de LCR Honda, Oscar Haro, estime que le MotoGP approche d’un point de rupture.

Et ses mots sont particulièrement durs. Pour Haro, le problème dépasse largement la succession d’accidents. C’est l’organisation même du championnat qui est désormais en cause. « Plus que de sécurité, il faut parler du système. C’est une honte. Il ne fonctionne plus. »

L’ancien dirigeant rappelle que plusieurs pilotes majeurs sont blessés, que les remplaçants se font rares et que des pilotes d’essai comme Cal Crutchlow sont rappelés alors qu’ils n’ont plus couru depuis plusieurs saisons.

Selon lui, le MotoGP paie aujourd’hui l’accumulation des Grands Prix et des courses Sprint. Avec 22 week-ends de compétition, le calendrier représente désormais 44 départs en une seule saison. Haro cite notamment le cas de Pedro Acosta, opéré cette semaine du syndrome du canal carpien.

Mais il évoque également les douleurs permanentes d’Alex Marquez. « Regardez Alex. Il monte et descend de la moto avec la douleur inscrite sur son visage. Ce sont des travailleurs qui risquent leur vie chaque week-end. »

L’ancien responsable espagnol estime que l’intensité actuelle du championnat ne laisse plus suffisamment de temps aux pilotes pour récupérer physiquement.

Oscar Haro

Oscar Haro : « Pourquoi aller en Commission de sécurité si personne n’écoute ? Les pilotes doivent être traités comme des personnes »

L’accident spectaculaire de Marco Bezzecchi à Assen constitue, selon Haro, le meilleur exemple des problèmes actuels. Le pilote Aprilia s’est envolé dans le bac à graviers après une chute à près de 200 km/h avant de multiplier les tonneaux.

Fort heureusement, les examens médicaux n’ont révélé aucune blessure. Mais Haro rappelle que Marc Marquez avait déjà dénoncé ce problème dès l’an dernier. « Marquez avait prévenu : on va finir par se faire très mal dans ces bacs à graviers. »

Une critique partagée ce week-end par Luca Marini, Fabio Di Giannantonio et plusieurs autres pilotes. « Pourquoi aller en Commission de sécurité si personne n’écoute ? » Haro comprend désormais pourquoi certains pilotes délaissent parfois les réunions de la Commission de sécurité.

Selon lui, leurs remarques restent trop souvent sans véritable conséquence.

Il ne désigne pas directement un responsable. Mais il s’interroge ouvertement sur la gouvernance actuelle du championnat, désormais sous l’influence de Liberty Media. « Les pilotes doivent être traités comme des personnes, pas comme des pièces de musée. »

Au-delà des circuits, Haro pointe également l’évolution technique des MotoGP. L’aérodynamique, les vitesses de passage en courbe et le poids des prototypes rendent, selon lui, les conséquences d’une chute beaucoup plus importantes.

« Ces motos sont devenues extrêmement dangereuses. Quand quelque chose tourne mal, elles deviennent de véritables armes. » Selon les discussions menées au sein de l’IRTA, la réduction de cylindrée à 850 cc en 2027 constitue une première réponse. Mais Haro doute que cela suffise.

L’ancien dirigeant rappelle également que Marc Marquez plaidait depuis plusieurs années pour la création d’un véritable comité de pilotes doté d’un réel pouvoir de décision. Un projet qui n’a jamais véritablement vu le jour. Pour Haro, cette absence de représentation forte explique en partie pourquoi les inquiétudes exprimées depuis plusieurs saisons peinent à se traduire par des changements concrets.

Le ton employé par Oscar Haro est volontairement alarmiste, mais son intervention s’inscrit dans un débat déjà largement ouvert au sein du paddock. Ces derniers jours, Marc Marquez, Luca Marini, Fabio Di Giannantonio ou encore Jorge Martin ont eux aussi demandé une réflexion sur les bacs à graviers d’Assen, tandis que Pedro Acosta a été opéré du canal carpien et que Johann Zarco poursuit sa convalescence.

Tous ne partagent pas nécessairement les conclusions de Haro, notamment lorsqu’il met en cause l’organisation générale ou certains choix techniques. En revanche, un constat semble aujourd’hui largement partagé : avec un calendrier toujours plus dense, des motos extrêmement performantes et une succession de blessures, la question de la sécurité est redevenue l’un des dossiers majeurs du MotoGP.

Et il est probable que les discussions s’intensifient encore à l’approche de l’entrée en vigueur du nouveau règlement technique de 2027.

Oscar Haro

 

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