Moto GP
Publié le 16 août 2026 • 18:00 par André Lecondé

MotoGP 2026 – Alex Marquez connaît tous les candidats… mais miserait jusqu’à son dernier euro sur Marc

Alex Marquez a affirmé qu'il parierait « tout son argent » sur le sacre de son aîné à la fin de la saison.

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Jorge Martin possède 40 points d’avance sur Marc Marquez et Aprilia occupe les trois premières places du championnat. Pourtant, lorsqu’on demande à Alex Marquez qui sera champion du monde, sa réponse ne repose ni sur le classement ni sur la supériorité actuelle de la RS-GP. Il parierait « tout son argent » sur son frère. Une conviction intéressante parce qu’elle vient d’un pilote qui partage avec Marc bien davantage qu’un nom de famille : son entraînement, une partie de son quotidien et, surtout, la piste.

À regarder uniquement le classement après Silverstone, le favori devrait s’appeler Jorge Martin. Le pilote Aprilia possède 240 points, 31 d’avance sur Marco Bezzecchi et 40 sur Marc Marquez. Ai Ogura reste également dans le jeu, tandis que Fabio Di Giannantonio n’est qu’à un point du champion en titre. Même Raul Fernandez, sixième à 56 unités après sa victoire britannique, n’est pas encore définitivement décroché.

Le championnat 2026 ressemble donc de moins en moins à un duel. Alex Marquez en convient volontiers. « Je pense à Jorge, Marc et Marco, qui sont les plus susceptibles d’occuper le devant de la scène », explique le pilote Gresini à La Sexta. Avant d’élargir immédiatement son casting : « Mais n’oublions pas Ai. Peut-être Diggia aussi. »

Cinq pilotes pour un titre ? Mathématiquement et sportivement, certainement. Mais demandez ensuite à Alex de sortir son portefeuille et son analyse change radicalement.

Alex Marquez « Je parierais tout mon argent sur Marc »

La formule est évidemment spectaculaire : « Je parierais tout mon argent sur la victoire de Marc. » Mais sa justification l’est davantage. « Je vis avec lui, je m’entraîne avec lui, je cours avec lui, je me dispute avec lui et je sais parfaitement tout ce dont il est capable. »

C’est précisément ce qui donne du poids à cette déclaration. Alex n’affirme pas que la Ducati est actuellement supérieure à l’Aprilia. Silverstone vient plutôt de démontrer le contraire. Il ne prétend pas davantage que les 40 points de retard sont insignifiants. Il mise sur l’homme. Et surtout sur sa capacité à transformer les neuf ou dix derniers Grands Prix en un championnat différent de celui que nous avons observé jusqu’ici.

Car Marc Marquez possède quelque chose que le classement ne mesure pas : une extraordinaire capacité historique à exploiter les circuits qui lui conviennent et à transformer une dynamique lorsqu’il retrouve confiance. Or le prochain s’appelle Aragon.

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Aragon arrive presque au meilleur moment possible pour Marc Marquez

S’il fallait choisir un endroit pour vérifier si Silverstone constituait un accident ou le début d’un problème plus profond, Marc aurait difficilement pu trouver mieux. MotorLand est pratiquement son jardin. Il y compte sept victoires en MotoGP et huit toutes catégories confondues. Aucun autre pilote n’y approche une telle domination.

En Grande-Bretagne, Marc n’a jamais trouvé le compromis nécessaire avec sa GP26. L’usure des pneus a achevé son Sprint et ses difficultés physiques semblent également avoir pesé dimanche. Pendant ce temps, Aprilia réalisait pratiquement une démonstration collective. Aragon devrait théoriquement inverser plusieurs de ces paramètres.

C’est là que la conviction d’Alex va commencer à être testée. Une victoire de Marc accompagnée d’un week-end plus difficile pour Martin pourrait immédiatement effacer une partie importante des 40 points. Un nouveau week-end dominé par Aprilia transformerait au contraire l’écart en problème beaucoup plus sérieux.

Aragon ne décidera pas du championnat. Il dira probablement si Marc peut véritablement le renverser.

Marc Marquez refuse pourtant le statut de favori

Le plus amusant est que Marc Marquez lui-même se montre beaucoup moins catégorique que son frère. Après Silverstone, il refusait encore de désigner un favori. Pour lui, les changements de hiérarchie sont trop importants et il reste trop de points à distribuer. Et les douze premières manches lui donnent plutôt raison.

Martin mène aujourd’hui. Bezzecchi possède probablement la meilleure régularité globale. Ogura a déjà démontré qu’il pouvait gagner. Di Giannantonio se retrouve pratiquement à hauteur de Marc. Fernandez vient de remporter Silverstone. Quant à Aprilia, elle dispose désormais d’un avantage qui dépasse ses individualités : quatre RS-GP sont capables de prendre énormément de points.

Marc Marquez, lui, reste le principal rempart Ducati. C’est peut-être finalement la plus grande faiblesse du pari d’Alex qui ajoute en effet une autre phrase intéressante : « Marc n’a pas besoin de mon aide. » Il entend ainsi évacuer toute idée de consignes ou d’assistance fraternelle dans la bataille pour le titre.

Pour l’instant, certainement. Mais si cinq pilotes arrivent encore mathématiquement en lice dans les dernières manches, les relations entre pilotes d’un même constructeur vont devenir beaucoup plus complexes.

Aprilia a déjà annoncé que TrackHouse serait libre de jouer ses chances. Ducati devra également gérer Di Giannantonio, les pilotes Gresini et éventuellement Alex lui-même. Le championnat pourrait alors ne plus seulement se gagner entre Martin et Marquez. Il pourrait se jouer dans les points que leurs camarades de marque seront capables de leur prendre.

Alex Marquez parie sur ce que le classement ne montre pas encore

Si l’on parie sur le présent, Jorge Martin paraît être le choix rationnel : il mène et dispose actuellement de la moto la plus homogène. Si l’on parie sur ce que Marc Marquez peut devenir lorsque le calendrier lui redevient favorable, le calcul change.

Alex possède simplement davantage d’informations que la plupart d’entre nous sur cette deuxième variable. Il le voit s’entraîner. Il roule contre lui. Il connaît ses limites et probablement aussi l’état réel de cette épaule dont on parle tant depuis Silverstone.

Et malgré tout cela, il mettrait « tout son argent » sur lui.  À Aragon, nous commencerons à savoir si c’est l’intuition d’un frère… ou l’analyse privilégiée du pilote qui connaît Marc Marquez mieux que personne.

Marc Marquez