Pendant plusieurs mois, la question était de savoir si Marc Marquez pouvait revenir dans la course au titre après son début de saison compliqué et ses problèmes physiques. Cette question ne se pose plus vraiment aujourd’hui. La vraie interrogation est désormais beaucoup plus inquiétante pour ses adversaires : comment l’empêcher de devenir champion du monde ? Pour Jorge Lorenzo, la réponse pourrait bien se trouver… dans le calendrier.
Le quintuple champion du monde estime que Marc Marquez possède un avantage que personne d’autre ne peut revendiquer cette saison. Un avantage qui ne se mesure ni en points ni en vitesse pure, mais en opportunités offertes par certains circuits qui restent à disputer.
« Il a trois atouts que les autres n’ont pas : Aragón, Phillip Island et Valence. Tous des circuits à virages à gauche », explique Lorenzo dans son podcast Duralavita.
Une analyse particulièrement intéressante lorsqu’on se souvient de la démonstration réalisée au Sachsenring. Le pilote Ducati y a signé la pole position, remporté le Sprint et dominé le Grand Prix, confirmant une nouvelle fois qu’un circuit majoritairement tourné vers la gauche reste son terrain de jeu favori.
Lorenzo va même beaucoup plus loin dans son analyse. « S’il arrive sur ces circuits alors que le classement est encore très serré, il pourrait avoir un avantage compétitif considérable. Les autres pilotes ne disposent pas d’une arme aussi décisive. »
Et surtout : « Je pense que lorsqu’il arrive sur un circuit avec une prédominance de virages à gauche, comme ces trois-là, il a 80 à 90 % de chances de gagner. »
La statistique peut sembler provocatrice, mais elle n’est finalement pas si éloignée de la réalité historique de Marc Marquez. Sachsenring, Aragón ou Austin ont régulièrement transformé ses week-ends en démonstrations techniques et psychologiques face au reste du plateau.
Là où Jorge Lorenzo apporte un éclairage intéressant, c’est qu’il invite à ne plus regarder uniquement le classement général. Un championnat ne se joue pas uniquement sur les points acquis. Il se joue également sur les points « attendus » par les protagonistes. Et sur ce terrain, Marc Marquez possède probablement le meilleur calendrier des prétendants au titre.

Pour Jorge Lorenzo, le championnat n’est pas terminé, il commence presque maintenant
Autre élément souligné par Lorenzo : tous les circuits ne favorisent évidemment pas Marc Marquez. « Sur les circuits avec des virages à droite, tout est beaucoup plus équilibré. Ce championnat du monde devient vraiment passionnant. » Autrement dit, l’Espagnol ne dispose pas d’une supériorité absolue sur l’ensemble du calendrier. Son avantage est simplement plus identifiable que celui de ses rivaux.
Jorge Martin, Ai Ogura ou Fabio Di Giannantonio peuvent évidemment se montrer plus performants sur certains tracés. La différence est qu’aucun d’entre eux ne possède aujourd’hui trois circuits sur lesquels l’ensemble du paddock semble déjà considérer qu’il faudra battre Marc Marquez… si tant est que cela soit possible.
Lorenzo a également réservé des mots très élogieux à Ai Ogura, dont la régularité continue d’impressionner. « Pour moi, l’un des points forts d’Ogura, c’est qu’il ne chute jamais. C’est un pilote qui commet très peu d’erreurs. »
L’ancien pilote Yamaha a particulièrement apprécié son dépassement sur Raul Fernandez au Sachsenring. « Le plus beau moment de la course, c’était pour Ogura. C’était une manœuvre magnifique. »
Un compliment qui n’est pas anodin lorsque l’on connaît l’exigence technique de Jorge Lorenzo en matière de pilotage. Si le Japonais continue sur cette dynamique, il pourrait bien devenir l’adversaire le plus dangereux de Marc Marquez sur les circuits qui lui sont moins favorables.
Enfin, Lorenzo s’est montré plus prudent concernant Pedro Acosta et ses ambitions avec KTM. « Il tentera de décrocher la victoire avec la KTM, mais il devra être intelligent pour éviter les blessures et ne pas pousser la moto au-delà de ses limites. »
Un conseil qui résume parfaitement la situation actuelle du jeune Espagnol. Son talent n’est plus à démontrer, mais la KTM ne lui permet pas encore de rivaliser naturellement avec Ducati et Aprilia. « Pour rivaliser avec les Aprilia et les Ducati, il devra prendre des risques importants, et maîtriser cette impulsion ne sera pas chose facile », conclut Jorge Lorenzo.
Depuis plusieurs semaines, l’analyse du championnat MotoGP 2026 se focalise essentiellement sur les écarts de points entre les prétendants au titre. Jorge Lorenzo invite finalement à regarder ailleurs.
Si Marc Marquez est revenu à seulement quelques longueurs des leaders malgré ses problèmes physiques du début de saison, il lui reste surtout trois rendez-vous que tout le paddock identifie déjà comme des opportunités majeures. Le championnat est extrêmement serré à la pause estivale. Mais il est peut-être encore plus déséquilibré qu’il n’y paraît lorsqu’on ouvre le calendrier.
Et si le véritable coéquipier de Marc Marquez dans la course au titre 2026 était finalement… le calendrier lui-même ?










