Flavio Briatore assure qu’Alpine possède désormais tout le nécessaire pour battre Ferrari et McLaren. Pourtant, entre une sixième place au championnat et une valorisation devenue presque indécente, l’Italien semble hésiter entre construire une équipe gagnante et encaisser le jackpot.

Une équipe à plusieurs milliards… que Briatore aurait déjà vendue
Flavio Briatore ne comprend pas pourquoi Alpine ne gagne pas. Voilà une déclaration qui pourrait presque rassurer les ingénieurs d’Enstone : manifestement, ils ne sont pas les seuls à chercher la réponse.
Le dirigeant italien estime que l’écurie française possède maintenant « tout ce qu’il faut pour gagner ». Il s’appuie notamment sur l’arrivée du moteur et de la boîte de vitesses Mercedes, ainsi que sur les investissements réalisés dans l’usine. Il reconnaît néanmoins qu’il faut encore assembler correctement toutes les pièces, être plus créatif et prendre davantage de risques.
Autrement dit, Alpine possède le moteur, les locaux, les financements et les ambitions. Il ne manquerait finalement qu’un détail assez secondaire en Formule 1 : une voiture capable de gagner.
Ferrari et McLaren déjà dans le viseur… Racing Bulls encore devant
Briatore ne s’est pas contenté de viser un podium occasionnel. Il affirme ne pas comprendre pourquoi Alpine ne bat pas McLaren ou Ferrari.
« Je ne sais pas pourquoi nous ne gagnons pas. Je ne sais pas pourquoi nous ne battons pas McLaren. Je ne sais pas pourquoi nous ne battons pas Ferrari », a-t-il déclaré au cours de son entretien.
Le classement apporte pourtant quelques éléments de réponse. Après onze Grands Prix, Alpine occupe la sixième place avec 61 points, contre 307 pour Ferrari et 220 pour McLaren. Racing Bulls reste même devant avec 66 unités.
L’équipe française progresse incontestablement après sa dernière place de 2025. Elle a même décroché un podium avec Pierre Gasly à Monaco. Mais évoquer déjà une lutte contre Ferrari et McLaren ressemble légèrement à regarder le sommet de l’Everest depuis le parking en expliquant qu’il ne reste plus qu’à marcher.
Le moteur Mercedes n’est pas une formule magique
Alpine dispose effectivement d’un argument technique majeur. Mercedes fournit depuis 2026 le moteur et la boîte de vitesses de l’écurie, dans le cadre d’un accord conclu au minimum jusqu’en 2030.
Briatore considère désormais que toute la partie arrière de la voiture est sécurisée et que les problèmes se situent ailleurs, du museau jusqu’au pilote. Une manière assez élégante d’expliquer que Mercedes a livré sa moitié du travail et qu’Enstone doit encore comprendre quoi faire du reste.
Le moteur de référence peut éliminer un handicap, mais il ne fournit ni automatiquement un châssis performant, ni une aérodynamique efficace, ni une exploitation parfaite des pneus. Si une unité de puissance suffisait à gagner, toutes les équipes clientes de Mercedes auraient déjà commandé leurs répliques du trophée.
L’entretien est devenu encore plus savoureux lorsque la valeur financière des écuries a été abordée.
Briatore a rappelé qu’il avait vendu ses parts dans Benetton lorsque l’équipe était évaluée à environ 80 millions de dollars. Aujourd’hui, il estime que certaines écuries peuvent valoir entre 3,5 et 4 milliards de dollars, tandis que des spécialistes financiers prédisent des valorisations pouvant atteindre 10 milliards dans trois ou quatre ans.
Interrogé sur ce qu’il ferait si Alpine lui appartenait, sa réponse a été limpide :
« Si l’équipe était à moi, je l’aurais déjà vendue ! »
Une déclaration parfaitement briatorienne. D’un côté, Alpine possède tout pour gagner et doit construire une culture de la victoire. De l’autre, si le patron détenait les clés du coffre, le panneau « à vendre » serait peut-être déjà installé devant Enstone.
Il faut cependant préciser que Briatore n’est pas propriétaire de l’écurie. Renault demeure l’actionnaire majoritaire, tandis qu’Otro Capital détient une participation de 24 %, achetée pour 200 millions d’euros en 2023. Ce groupe minoritaire cherche désormais à céder ses parts, mais Renault conserve un droit de regard sur l’identité d’un éventuel repreneur.
Selon Briatore, une offre portant sur cette participation valoriserait Alpine autour de 3,2 à 3,5 milliards de dollars. Ce chiffre correspond à son interprétation des négociations en cours, et non à une vente définitive de l’ensemble de l’écurie.
Plus rapide en Bourse que sur la piste
Toute l’ironie de la situation se trouve là : Alpine semble progresser beaucoup plus vite dans les estimations financières que dans la hiérarchie sportive.
En 2023, l’entrée d’Otro Capital valorisait implicitement l’équipe à moins d’un milliard de dollars. Trois ans plus tard, Briatore évoque plus de trois milliards. Sur ce terrain, Alpine a déjà dépassé Ferrari, McLaren et probablement la vitesse du son.
Sur la piste, en revanche, les 159 points de retard sur McLaren et les 246 unités qui la séparent de Ferrari suggèrent que le bouton « victoire » n’a pas encore été découvert.
Briatore a pourtant raison sur un point essentiel : Alpine ne peut plus éternellement se cacher derrière son moteur, ses restructurations ou ses changements de direction. Avec Mercedes comme partenaire, des investissements importants et une stabilité enfin retrouvée, l’heure des excuses commence à passer.
Mais affirmer que l’équipe dispose déjà de tout revient aussi à désigner implicitement les responsables si les résultats ne suivent pas. Si le moteur est excellent, le budget suffisant et les installations modernes, alors le problème se situe forcément dans la conception, l’organisation ou l’exécution.
Briatore voulait remettre la victoire au centre du discours d’Alpine. C’est réussi. Elle apparaît désormais dans toutes ses interviews.
Il ne reste plus qu’à la faire apparaître dans les résultats, de préférence avant que quelqu’un ne propose dix milliards et ne transforme définitivement l’écurie en produit financier équipé de quatre roues.
💥 Flavio Briatore admite que, si Alpine fuera suyo, "¡ya habría vendido el equipo!".
➡️ "Vendí mi participación en Benetton cuando el equipo estaba valorado en 80 millones de dólares. Ahora se habla de 3.500 o incluso 4.000 millones de dólares".
➡️ "Y hablas con estos expertos… pic.twitter.com/1NsmWbvygU
— Rubén Canales (@RubCanales) August 3, 2026









