Moto GP
Publié le 19 août 2026 • 08:00 par André Lecondé

MotoGP – Marc Marquez : « Je ne peux plus jouer au padel de la main droite… J’ai même essayé de la gauche, impossible »

Marc Marquez a confié la manière dont ses séquelles physiques affectent désormais sa vie en dehors des circuits.

Marc Marquez

Marc Marquez continue de courir au plus haut niveau, mais les conséquences de ses multiples blessures dépassent largement le cadre du MotoGP. Dans une interview accordée à The Paper, le champion espagnol raconte comment son bras droit, opéré à de nombreuses reprises, a progressivement modifié sa vie quotidienne. Au point de devoir abandonner le padel et limiter le football, deux activités qu’il appréciait avec ses amis.

Voir Marc Marquez piloter une MotoGP peut donner une impression trompeuse. Lorsqu’il freine, change brutalement de direction ou contrôle une Ducati de plus de 250 chevaux, difficile d’imaginer que ce même homme explique ne plus disposer d’assez de force dans son bras droit pour pratiquer normalement… le padel.

C’est pourtant l’une des conséquences durables de l’impressionnante succession de blessures qui accompagne sa carrière depuis plusieurs années. Interrogé par The Paper, Marquez a révélé avoir dû modifier une partie de ses loisirs pour protéger un corps qui a déjà énormément payé sa carrière de pilote. Et son bras droit reste évidemment au centre du problème.

Marc Marquez : « Je ne peux plus jouer de la main droite »

Le padel faisait partie des activités que l’Espagnol pratiquait volontiers avec ses proches. Mais les nombreuses opérations subies au bras et à l’épaule droite ont laissé des séquelles suffisamment importantes pour l’obliger à arrêter.

« Je jouais beaucoup au padel, mais je ne peux plus le faire de la main droite. J’ai essayé d’apprendre à jouer de la gauche, mais c’était impossible. »

L’anecdote peut faire sourire. Elle dit pourtant beaucoup de l’état physique réel d’un pilote capable de continuer à évoluer au sommet du MotoGP. Marquez n’a tout simplement plus suffisamment de force dans son bras droit pour utiliser correctement la raquette. Il a bien tenté de contourner le problème en devenant gaucher pour l’occasion. Sans succès. Le padel a donc disparu de ses loisirs.

Un bras droit qui raconte plusieurs années de blessures

Cette limitation ne provient évidemment pas d’un seul accident. L’épaule droite de Marquez avait déjà nécessité une intervention chirurgicale en 2019 en raison de luxations répétées. Puis est arrivée la terrible fracture de l’humérus droit en 2020, point de départ d’un interminable parcours médical.

Opérations, complications et rééducation ont profondément marqué les saisons suivantes. Son accident en Indonésie en 2025 a encore ajouté un nouvel épisode à cette histoire médicale déjà particulièrement lourde.

Au total, le bras droit de Marquez a subi de multiples interventions et, même lorsque le pilote retrouve suffisamment de capacités pour piloter une MotoGP, cela ne signifie pas que son membre ait retrouvé son fonctionnement d’avant. C’est précisément ce que révèle l’histoire du padel.

Même le football est devenu un risque

Marquez ne s’est pas seulement résigné à ranger sa raquette. Il aimerait également jouer davantage au football avec ses amis, mais doit là encore contrôler son enthousiasme. « J’aimerais jouer davantage au football. Mes amis et moi jouons ; nous ne sommes pas très bons, mais on le croit. Cependant, le risque de blessure est réel, alors je ne joue pas autant que je le voudrais. »

Cette fois, ce n’est évidemment pas la faiblesse du bras droit qui constitue directement le problème. C’est le risque. Pour un pilote professionnel ayant déjà subi autant d’opérations, une mauvaise chute ou un contact lors d’un simple match entre amis pourrait avoir des conséquences disproportionnées. Marquez doit donc arbitrer entre les loisirs d’un homme de son âge et les exigences d’un sportif dont le corps constitue son principal outil de travail.

Marc Marquez

Le vélo est devenu son terrain de jeu

Il reste heureusement une activité que Marquez peut pleinement intégrer à son quotidien : le cyclisme. « J’adore le vélo. Il fait partie intégrante de mon entraînement. » Rien d’étonnant dans le paddock MotoGP, où le cyclisme est depuis longtemps l’une des disciplines privilégiées des pilotes pour travailler l’endurance.

Mais dans son cas, le vélo présente également l’avantage de pouvoir conjuguer plaisir et préparation physique sans imposer à son bras droit les contraintes spécifiques du padel. Marquez s’est également tourné vers une activité encore moins dangereuse pour sa carrière : les jeux vidéo.

Le paradoxe Marc Marquez

Ces confidences mettent surtout en lumière un paradoxe assez extraordinaire. Marc Marquez possède encore les capacités physiques nécessaires pour piloter une MotoGP à la limite, mais plus celles permettant de pratiquer normalement certains sports amateurs.

Son corps s’est en quelque sorte spécialisé autour de ce qu’il doit absolument continuer à accomplir. Tout le reste devient secondaire. Cela permet aussi de mieux comprendre la gestion de ses risques en piste. Après autant de blessures et d’opérations, une chute n’a nécessairement plus tout à fait la même signification qu’à 20 ans.

Marquez sait désormais exactement ce qu’un accident peut lui coûter. Et pourtant, il a choisi de poursuivre sa carrière en MotoGP jusqu’en 2028. Le padel et les matchs de football entre amis peuvent attendre. La moto, elle, reste manifestement non négociable.

Marc Marquez