Moto GP
Publié le 19 août 2026 • 12:00 par André Lecondé

MotoGP – Jack Miller : « Il est plus facile de demander pardon que la permission » … et il veut remettre ça en Pro MX

Jack Miller est revenu sur sa passion pour le motocross et ses envies de retour sur le championnat australien Pro MX.

Jack Miller

Jack Miller est sur le point de tourner une page majeure de sa carrière avec un départ attendu du MotoGP vers le WorldSBK. Mais l’Australien ne parle pas seulement de son prochain guidon. Il pense déjà à retrouver un terrain où il s’était offert, en 2024, une escapade presque clandestine : le championnat australien ProMX. Une histoire très « Jack Miller », qui raconte aussi quelque chose de sa manière d’envisager la compétition.

Il existe des pilotes qui profitent de la pause estivale pour récupérer. Jack Miller, lui, peut décider d’aller disputer une course de motocross. En 2024, l’Australien avait profité de la coupure du MotoGP pour s’aligner à Toowoomba, en championnat australien ProMX. Avec une particularité assez savoureuse : il était alors pilote officiel KTM en MotoGP et n’avait prévenu personne. « Je n’en ai parlé à personne », raconte-t-il aujourd’hui à Crash.net.

Avant de résumer sa méthode avec une formule qui pourrait presque devenir sa devise : « Il est plus facile de demander pardon que la permission. » Miller avait choisi de ne surtout pas poser la question. L’anecdote prête à sourire, mais elle n’est pas anodine. Un constructeur engage des sommes considérables pour faire courir un pilote en MotoGP et voit évidemment d’un mauvais œil celui-ci aller prendre des risques supplémentaires sur une moto de motocross pendant ses vacances.

Miller le savait parfaitement. Il n’a donc pas demandé. Et cette liberté pourrait devenir plus facile à retrouver alors que sa carrière MotoGP semble toucher à sa fin. L’Australien devrait rejoindre le WorldSBK en 2027 avec Yamaha, après ses deux saisons chez Pramac.

Lorsqu’on lui demande s’il envisage de retourner courir en ProMX, sa réponse ne laisse guère de doute : « Absolument. J’ai probablement choisi le circuit le plus difficile pour le faire en 2024. »

Et surtout : « J’aimerais bien en refaire une, c’est certain, à l’avenir, et participer à d’autres courses quand mon calendrier sera un peu moins chargé. »

Jack Miller

Le WorldSBK rendra-t-il cette liberté à Jack Miller ?

On imagine assez mal l’Australien renoncer complètement au motocross. Car il ne s’agit manifestement pas pour lui d’un simple divertissement. Avant Silverstone, Miller était rentré en Australie et s’était entraîné sur sa propre piste. Et lorsqu’il décrit ses séances, on comprend rapidement que « faire un peu de motocross » possède chez lui une signification assez particulière.

Ses manches durent généralement entre 20 et 30 minutes. Quand les sensations sont bonnes, il peut enchaîner trois sessions d’une demi-heure. Sinon, quatre manches d’une vingtaine de minutes.

Soit parfois près d’une heure et demie de motocross à haute intensité pour un pilote dont le métier principal consiste déjà à piloter l’une des motos les plus exigeantes au monde. « Trois fois 30 minutes et vous êtes bien content de rentrer chez vous », reconnaît-il.

On veut bien le croire. Chez Miller, le motocross n’est pas seulement un entraînement.  Beaucoup de pilotes MotoGP utilisent la terre comme préparation : motocross, flat-track ou dirt-track permettent de travailler le contrôle de la glisse, les réflexes et évidemment la condition physique.

Chez Miller, quelque chose semble pourtant différent. Il aime véritablement courir. Pas simplement s’entraîner pour devenir meilleur le dimanche suivant en MotoGP. Courir.

Son apparition à Toowoomba en est probablement la meilleure illustration. Il n’avait rien à y gagner professionnellement et beaucoup à perdre en cas de blessure. Il y est allé quand même. Cela permet aussi de mieux comprendre pourquoi son probable départ du MotoGP ne ressemble pas vraiment à une fin de carrière.

Le paddock change, la moto change, le championnat change, mais Miller semble surtout chercher des endroits où il pourra encore se mesurer aux autres. Le WorldSBK devrait lui offrir cette possibilité au plus haut niveau sur asphalte. Et le ProMX pourrait parfaitement constituer son terrain de jeu parallèle.

Un pilote d’une autre époque dans un sport de plus en plus encadré

C’est peut-être finalement ce qui rend l’histoire sympathique. Le MotoGP moderne est devenu extrêmement professionnel. Les pilotes sont des sportifs de très haut niveau dont l’entraînement, la communication, les obligations commerciales et parfois même les activités à risque sont minutieusement encadrés.

Miller conserve quelque chose d’un autre monde. Celui des pilotes qui roulent parce qu’ils aiment rouler, quelle que soit la surface et parfois indépendamment de ce que leur contrat pourrait en penser. Son passage attendu en Superbike ne devrait donc pas nécessairement calmer le phénomène. Au contraire.

À 31 ans, Jack Miller ne semble pas préparer sa retraite. Il semble surtout préparer une carrière où il pourra peut-être recommencer à choisir un peu plus souvent où, quand et sur quoi il veut courir. Et si Yamaha lui demande un jour pourquoi elle découvre son nom sur une liste d’engagés du ProMX australien, Miller possède déjà la réponse. Demander pardon reste toujours plus simple que demander la permission.

Jack Miller