Gresini devra composer jusqu’au bout de la saison avec deux pilotes qui savent déjà qu’ils repasseront sur la table d’opération cet hiver. Alex Marquez et Fermin Aldeguer continuent de courir avec les séquelles de leurs blessures et du matériel chirurgical qui devra être retiré en décembre. Le premier parle désormais de « survie », tandis que son coéquipier estime impossible de retrouver 100 % de ses capacités avant la fin du championnat.
Les résultats de Gresini ne racontent pas complètement l’état physique de ses pilotes. Alex Marquez continue de jouer régulièrement aux avant-postes malgré les conséquences de son accident du Grand Prix de Catalogne.
Fermin Aldeguer poursuit lui aussi sa saison après une fracture du fémur puis de nouveaux problèmes physiques apparus à la suite de sa chute aux Pays-Bas. Tous deux connaissent déjà la prochaine étape : une intervention chirurgicale en décembre.
Alex Marquez : « Je vais devoir faire avec jusqu’au bout »
Chez Alex Marquez, le problème concerne notamment les conséquences de ses blessures aux épaules et le matériel chirurgical encore présent. « En décembre, je retirerai la plaque et, en théorie, tout sera prêt, sur le papier, pour la saison prochaine », explique-t-il. D’ici là, aucune solution miracle. « Je vais devoir faire avec ces problèmes jusqu’au bout. »
Alex emploie même le terme de « survie » pour décrire la gestion physique qui l’attend jusqu’à la fin du championnat. Une formule spectaculaire qui mérite cependant une précision importante : sa blessure ne l’empêche pas de piloter normalement lorsqu’il possède encore toutes ses forces. « Ce ne sont pas des problèmes qui limitent mes capacités. » Le problème apparaît avec l’accumulation des efforts.
La fatigue plutôt que la vitesse pour Alex Marquez
C’est ce paradoxe qui rend ses performances particulièrement intéressantes. Alex peut exploiter le potentiel de sa Ducati, mais son corps lui présente progressivement la facture. Il l’a notamment ressenti lors d’un week-end particulièrement exigeant physiquement.
« Le dimanche, je pousse mes muscles et ma force à l’extrême. » Les freinages répétés sollicitent fortement les épaules et la fatigue devient donc une variable supplémentaire à gérer pendant les Grands Prix. Pour autant, Alex refuse de transformer sa condition physique en objectif principal de sa fin de saison.
Il espère que son corps continuera progressivement à s’adapter et veut surtout retrouver la victoire. « C’est quelque chose que je veux essayer d’oublier et gagner une course d’ici la fin de la saison. »

Aldeguer sait qu’il ne retrouvera pas 100 % en 2026
La situation de Fermin Aldeguer est différente, mais conduit au même rendez-vous de décembre. Son début de saison avait déjà été perturbé par une fracture du fémur qui l’avait éloigné des premières courses.
Puis une nouvelle chute aux Pays-Bas lui a provoqué des problèmes au dos, avec des répercussions sur sa jambe déjà fragilisée. Son constat est beaucoup plus définitif pour 2026. « Je pense qu’il est impossible d’être à 100 % cette saison. »
Aldeguer doit lui aussi attendre l’hiver pour faire retirer le matériel métallique encore présent. Et contrairement à une intervention dont le bénéfice resterait incertain, les perspectives données par son médecin lui offrent un sérieux motif d’impatience.
« 90 % de la douleur disparaîtrait »
« Le médecin m’a dit qu’avec cette opération, 90 % de la douleur disparaîtrait », révèle Aldeguer. Voilà pourquoi décembre représente désormais presque une deuxième ligne d’arrivée pour le pilote espagnol. « Je veux terminer cette saison en beauté, mais j’ai aussi hâte d’être en décembre pour qu’on m’enlève toutes les plaques. C’est la seule solution. »
Deux pilotes capables de continuer à se battre au plus haut niveau en MotoGP savent simultanément que leur corps ne sera réellement réparé qu’après le dernier Grand Prix. Et pour Gresini, la situation constitue aussi un enjeu sportif.
Alex Marquez et Fermin Aldeguer ne cherchent donc plus à être complètement guéris avant la fin de 2026 : ils savent que cela n’arrivera pas. Leur défi consiste désormais à rester suffisamment performants jusqu’en décembre avant de troquer, presque ensemble, le cuir de pilote contre la blouse d’hôpital.

























