Ce n’est toujours pas une mise en vente, mais ce n’est désormais plus une simple rumeur. Après Claudio Domenicali, le PDG d’Audi Gernot Döllner confirme que l’avenir de Ducati est examiné dans le cadre de la révision du portefeuille du groupe Volkswagen. Une déclaration importante pour une marque valorisée autour de 1,25 milliard d’euros et engagée en MotoGP jusqu’en 2031.
Le conditionnel reste indispensable. Ducati n’est pas officiellement à vendre et aucune décision définitive n’a été prise. Mais l’hypothèse d’une cession vient incontestablement de gagner en crédibilité.
Quelques jours après les déclarations de Claudio Domenicali, qui reconnaissait que Volkswagen procédait à une réévaluation de son portefeuille incluant Ducati, Gernot Döllner vient à son tour de confirmer l’existence de cette réflexion.
Et cette fois, la déclaration vient directement du PDG d’Audi, propriétaire de Ducati au sein du groupe Volkswagen.
Audi confirme que Ducati est bien évaluée
Cité par Bloomberg, Gernot Döllner ne cherche pas à nier l’existence des discussions. « Au sein du groupe Volkswagen, nous nous engageons à assurer une gestion de portefeuille rigoureuse et responsable. Les discussions concernant Ducati font partie du processus d’évaluation, mais aucune décision n’a encore été prise. »
La dernière partie de la déclaration est essentielle. Aucune vente n’est décidée. Mais sa première partie l’est tout autant : Ducati fait effectivement partie des actifs dont Volkswagen examine actuellement l’avenir.
Cela rejoint exactement ce que Claudio Domenicali avait reconnu quelques jours auparavant. « Nous sommes au courant du projet de l’actionnaire de réévaluer son portefeuille. Ducati en fait partie, mais aucune décision définitive n’a encore été prise. » Deux dirigeants de premier plan tiennent donc désormais publiquement le même discours.
Pourquoi Volkswagen regarde Ducati
Le contexte dépasse évidemment largement le MotoGP. Volkswagen traverse une restructuration considérable alors que l’industrie automobile européenne doit simultanément affronter le ralentissement de certains marchés, les coûts de sa transition industrielle et surtout une concurrence chinoise devenue extrêmement agressive.
Le groupe allemand a engagé un programme massif de réduction de ses coûts et de ses effectifs. Dans ce contexte, l’examen du portefeuille de marques et d’actifs n’a rien d’exceptionnel. Ducati présente toutefois une particularité : contrairement à une activité structurellement déficitaire dont un groupe chercherait à se débarrasser, la marque de Borgo Panigale constitue un actif industriel, commercial et sportif prestigieux. Et donc potentiellement très valorisable.

1,25 milliard d’euros sur la table ?
La valorisation actuellement évoquée pour Ducati tourne autour de 1,25 milliard d’euros. Une éventuelle cession apporterait donc immédiatement des liquidités au groupe Volkswagen. Mais la question ne peut pas être réduite à cette somme.
Ducati représente également une vitrine technologique pour Audi et Volkswagen, une marque mondiale particulièrement forte et l’un des acteurs dominants du sport moto. C’est précisément ce qui rendrait une éventuelle vente particulièrement significative.
L’Italie a d’ailleurs déjà commencé à se mobiliser autour de l’entreprise. Le soutien politique exprimé ces derniers jours en faveur de Ducati montre que Borgo Panigale n’est pas considéré comme une simple ligne comptable dans le portefeuille d’un groupe allemand.
Et le MotoGP dans tout cela ?
Sportivement, aucune conséquence immédiate n’est à attendre. Ducati s’est engagée dans le nouveau cycle réglementaire du MotoGP jusqu’en 2031 et prépare déjà activement l’arrivée des moteurs 850 cc et de la réglementation 2027. Son programme sportif demeure l’un des plus puissants du championnat.
Mais un changement de propriétaire poserait nécessairement, à terme, la question de la stratégie industrielle et sportive du nouvel actionnaire. Cela ne signifie absolument pas qu’une vente entraînerait un retrait du MotoGP. Un repreneur pourrait au contraire considérer la compétition comme l’un des principaux actifs de Ducati et souhaiter préserver, voire renforcer, cet engagement. Tout dépendrait donc de l’identité de l’éventuel acquéreur et de son projet. Nous n’en sommes pas encore là.
De la rumeur à une hypothèse officielle
C’est finalement la véritable évolution du dossier. Il y a encore peu, la vente de Ducati pouvait être rangée parmi les scénarios accompagnant les difficultés de Volkswagen. Domenicali avait ensuite reconnu l’existence d’une réflexion. Döllner vient maintenant la confirmer au niveau d’Audi.
Ducati n’est donc pas à vendre. Mais sa vente est officiellement une possibilité étudiée par son propriétaire. La nuance est considérable juridiquement et industriellement. Elle devient pourtant de plus en plus mince médiatiquement.
Et pour le MotoGP, l’identité du prochain propriétaire éventuel de sa marque actuellement la plus influente constituerait évidemment bien davantage qu’une simple opération financière.
























