Pendant que le MotoGP disputera dimanche son Grand Prix de Saint-Marin à Misano, son patron historique Carmelo Ezpeleta aura déjà les yeux tournés vers… la Formule 1. Le dirigeant espagnol est attendu à Madrid pour agiter le drapeau à damier du premier Grand Prix organisé dans la capitale depuis 45 ans. Une invitation chargée de symboles depuis que F1 et MotoGP vivent sous le même toit, celui de Liberty Media.
Ce Dimanche, Marc Marquez, Jorge Martin, Marco Bezzecchi et tout le MotoGP se disputeront des points essentiels à Misano. Mais Carmelo Ezpeleta, lui, aura rendez-vous avec la Formule 1.
Le dirigeant historique du championnat moto doit être à Madrid pour agiter le drapeau à damier du Grand Prix d’Espagne. Et dans le nouvel univers Liberty Media, l’image est savoureuse.
Le patron du MotoGP Carmelo Ezpeleta quitte Misano pour la F1
Évidemment, il ne s’agit pas d’une désertion. L’invitation possède même une justification historique particulièrement élégante. Ezpeleta dirigeait le circuit de Jarama lorsque la Formule 1 avait disputé son précédent Grand Prix à Madrid, en 1981. Gilles Villeneuve s’était alors imposé avec Ferrari.
Quarante-cinq ans plus tard, la F1 revient dans la capitale espagnole sur le nouveau Madring et Liberty Media a choisi Ezpeleta pour refermer symboliquement la boucle. Difficile de trouver meilleur invité. Mais difficile également d’ignorer son autre fonction. Carmelo Ezpeleta reste l’homme qui incarne le MotoGP depuis des décennies.
Liberty Media rapproche progressivement ses deux mondes
Voilà pourquoi l’anecdote dépasse largement le cérémonial. Depuis le rachat du MotoGP, Liberty Media possède désormais les deux plus grandes vitrines mondiales des sports mécaniques : la Formule 1 et le championnat du monde moto.
L’objectif n’est pas de fusionner les deux disciplines. Le MotoGP doit conserver son identité, ses circuits, ses héros et son fonctionnement. Mais les passerelles deviennent naturellement plus nombreuses.
Le nouveau management du MotoGP ne cache d’ailleurs plus son ambition d’accélérer dans les domaines où la Formule 1 a pris une avance considérable : marketing, contenus, nouveaux publics, sponsors internationaux et transformation du championnat en véritable marque mondiale.
Dans ce contexte, voir Ezpeleta passer physiquement d’un univers à l’autre possède une dimension presque parfaite.

Deux Grands Prix à une heure d’intervalle
Dimanche, la course MotoGP de Misano doit débuter à 14 heures. Une heure plus tard, à 15 heures, la Formule 1 prendra le départ à Madrid. Deux championnats appartenant au même univers capitalistique, deux événements majeurs et deux audiences que Liberty Media entend faire grandir.
Et Carmelo Ezpeleta sera du côté des quatre roues. La provocation est facile : le patron du MotoGP préférerait-il désormais la F1 ? Évidemment non. Mais symboliquement, l’époque où les deux championnats vivaient dans deux mondes totalement séparés semble bien révolue.
Et si le drapeau à damier de Carmelo Ezpeleta était surtout un message ?
Il ne faut pas non plus aller trop loin. La présence d’Ezpeleta à Madrid ne signifie pas qu’un rapprochement sportif spectaculaire ou un week-end commun F1-MotoGP soit imminent. Mais Liberty Media possède désormais une possibilité dont aucun promoteur n’avait bénéficié auparavant : faire circuler les méthodes, les dirigeants, les partenaires et potentiellement les publics entre ses deux propriétés majeures.
Le MotoGP veut devenir une marque mondiale plus puissante. La F1 possède précisément l’expérience récente de cette transformation.
Alors dimanche, lorsque Carmelo Ezpeleta agitera le drapeau à damier à Madrid, il célébrera officiellement le retour de la Formule 1 dans une ville qu’il connaît bien. Mais l’image racontera involontairement autre chose : pendant que les motos tourneront à Misano, leur patron sera au cœur du plus grand événement de l’autre championnat de Liberty Media. F1 et MotoGP n’ont jamais été aussi proches. Et cette fois, Ezpeleta aura littéralement un pied dans les deux mondes.

























