Moto GP
Publié le 14 septembre 2026 • 06:30 par André Lecondé

MotoGP – La semaine du benêt atypique : à Misano, plus on obtient de réponses, plus on se pose de questions

Le Benêt atypique relit la semaine MotoGP à sa façon : certitudes bousculées, mystères du paddock et questions que Misano laisse derrière lui.

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La semaine dernière, le benêt atypique avait laissé le MotoGP avec trois questions. Sept jours plus tard, Misano a eu la délicatesse d’y répondre. Enfin, presque. Marc Marquez a effacé les 19 points qui le séparaient de Jorge Martin, Ducati ne comprend toujours pas vraiment Francesco Bagnaia, Fabio Quartararo continue son divorce avec Yamaha et deux GP26 théoriquement identiques peuvent perdre une seconde l’une sur l’autre. Quant à 2027, il commence déjà à perturber 2026. Bref, nous sommes rassurés : nous ne comprenons toujours pas tout.

Martin pouvait-il devenir champion MotoGP en limitant les dégâts ?

C’était notre première question. Et jusqu’à samedi soir, Jorge Martin semblait encore répondre oui. Troisième du Sprint derrière Marc Marquez et Marco Bezzecchi, il continuait exactement ce qui avait construit son championnat : lorsque la victoire n’est pas disponible, prendre ce qui reste. Seulement voilà : Marc a gagné samedi. Puis dimanche. 37 points sur 37.

Martin était arrivé avec 19 points d’avance. Il repart avec exactement le même total que Marquez : 274-274. Et Marc prend la tête grâce à ses cinq victoires contre une. La régularité de Martin n’a donc pas cessé d’être une force. Mais Misano vient d’en montrer la limite : face à un adversaire capable d’enchaîner quatre doublés Sprint-Grand Prix, limiter les dégâts finit parfois par ne plus suffire.

D’autant qu’Alex Marquez s’en est mêlé. Il attaque Martin, revient sur Marc, puis termine derrière son frère. Aussitôt surgit la question des consignes. Ducati dément. Alex aussi. Mais Tardozzi explique qu’Alex a probablement jugé l’attaque trop risquée et ajoute que, si l’intérêt du championnat devait un jour imposer une autre logique, cela pourrait arriver lors de la dernière course. Nous voilà donc prévenus.

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Jusqu’où pouvait aller la rupture Quartararo-Yamaha ?

Deuxième question laissée dimanche dernier. Réponse : suffisamment loin pour que le procès change désormais de camp. Fabio Quartararo estime que sa Yamaha ressemble technologiquement à une moto vieille de quatre ans. Il considère que certaines évolutions l’ont même fait reculer. Il partira chez Honda en 2027.

Mais Mat Oxley lui a brutalement rappelé une vérité embarrassante : en 2024, Quartararo pouvait partir. Aprilia était intéressée. Fabio a choisi Yamaha et un contrat financièrement beaucoup plus avantageux. D’où le verdict d’Oxley : « Il a privilégié l’argent au détriment de ses performances. Il devrait s’en souvenir. »

C’est sévère et probablement trop simple. Yamaha lui avait promis investissements, ingénieurs et reconstruction. Mais le débat a changé. Pendant longtemps, nous nous sommes demandé si Yamaha avait trahi les espoirs de Quartararo. Nous devons désormais ajouter : Quartararo s’est-il lui-même enfermé chez Yamaha ?

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Qui comprendra le premier le MotoGP 2027 ?

Notre troisième question concernait les 850 cc, Pirelli et la révolution réglementaire. Nous n’avons évidemment toujours pas la réponse. Mais nous avons découvert cette semaine quelque chose d’amusant : 2027 perturbe déjà les pilotes de 2026.

Lorenzo Savadori travaille sur l’Aprilia 850 cc. Pol Espargaró fait de même chez KTM. Et tous deux ont expliqué combien revenir aux Michelin actuels après avoir roulé avec les Pirelli pouvait modifier leurs sensations.

Voilà qui confirme l’avertissement de Pol : le changement de manufacturier ne sera pas un détail.

Plus savoureux encore, pendant que les ingénieurs préparent le futur, certains titulaires réclament… le passé. Bagnaia veut ainsi retrouver ses « anciens outils ». Di Giannantonio utilise une configuration aérodynamique issue de 2024 parce que les nouveautés ne lui donnent pas ce qu’il recherche. Le MotoGP construit donc 2027 pendant que certains pilotes tentent encore de retrouver 2024.

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Et si le mystère Ducati était plus compliqué que « Marc va vite, donc Pecco va mal » ?

Voilà probablement la découverte technique de la semaine. Fabio Di Giannantonio possède deux GP26. Même pilote. Même équipe. Même modèle. Mais l’une serait environ une seconde plus lente que l’autre.

VR46 a changé les composants potentiellement endommagés. Le problème demeure. Et Diggia explique rouler depuis plusieurs Grands Prix avec pratiquement une seule moto utilisable. Cela ne démontre évidemment pas que Bagnaia disposerait d’une mauvaise Ducati. Mais cela pulvérise une équation beaucoup trop confortable : même référence de moto = même comportement.

À Misano, Pecco a terminé 13e du Sprint et vécu ses pires qualifications sur l’un de ses circuits fétiches. Ila chuté dimanche. Tardozzi reconnaît que Ducati cherche toujours comment lui rendre ses sensations. Et ne trouve pas. Après les révélations de Di Giannantonio, répondre simplement « Marc gagne avec la même moto » devient donc un peu court.

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Et pendant ce temps, 2027 se promène déjà dans le parc fermé

Misano nous a enfin offert une image presque trop parfaite. Marc gagne. Alex termine deuxième. Pedro Acosta troisième. Alex embrasse son frère. Acosta, encore habillé en KTM, reçoit déjà un accueil particulièrement chaleureux du côté de Ducati, avec une accolade affectueuse du grand patron Domenicali, qu’il rejoindra en 2027.

Le présent et le futur commencent à se mélanger. Et lorsque Ducati explique simultanément qu’il n’existe aucune consigne entre ses pilotes tout en reconnaissant que l’intérêt du championnat pourrait un jour primer, le paddock devient aussi politique que sportif.

C’est peut-être cela, finalement, que Misano nous aura appris. Le MotoGP n’est plus seulement en train de terminer 2026. Il négocie déjà 2027 tout en essayant de comprendre les motos de 2026 avec, parfois, des solutions de 2024.

Le benêt atypique vous laisse donc avec trois questions…

  1. À 274-274, Jorge Martin peut-il encore battre Marc Marquez par la régularité, ou doit-il désormais commencer à gagner davantage ?
  2. 2. Si Alex Marquez se retrouve encore entre Marc et Martin dans les prochaines courses, pourra-t-il réellement continuer à être traité comme un adversaire totalement neutre dans la bataille pour le titre ?
  3. Ducati finira-t-il par comprendre le mal de Bagnaia avant la fin de leur histoire commune, ou Pecco devra-t-il attendre Aprilia et 2027 pour savoir si le problème venait de lui… ou de cette GP26 qu’il ne reconnaît plus ?

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