Moto GP
Publié le 11 septembre 2026 • 12:00 par André Lecondé

MotoGP – Bagnaia remet en question l’évolution de Ducati : « Avec la GP24 on serait déjà top 4… Ducati a régressé »

Bagnaia juge la Ducati GP24 supérieure à la GP26 et estime que Borgo Panigale a régressé. Il réclame désormais certains « anciens outils ».

Bagnaia

Francesco Bagnaia vient-il de remettre en cause la direction technique prise par Ducati ? Sans attaquer directement les ingénieurs de Borgo Panigale, l’Italien livre un constat sévère : la GP24 possédait selon lui un potentiel supérieur à celui de la GP26 et Ducati a « régressé » pendant qu’Aprilia progressait. Plus révélateur encore, Pecco assure ne pas réclamer de nouvelles pièces, mais certains « anciens outils » perdus en chemin.

Francesco Bagnaia ne demande plus nécessairement à Ducati d’inventer quelque chose pour résoudre ses difficultés. Il souhaiterait plutôt retrouver ce qui fonctionnait auparavant. À Misano, en comparant la GP26 actuelle à la redoutable GP24, le double champion du monde a livré une analyse qui pose forcément une question sur l’évolution technique suivie par Ducati ces deux dernières années.

« Je pense que le potentiel de Ducati jusqu’en 2024 était imbattable. » Et pour Bagnaia, les chronos continuent de le démontrer.

Pour Bagnaia, la GP24 reste une référence

L’Italien estime que les performances réalisées avec la Ducati 2024 demeurent suffisamment élevées pour permettre à cette moto de jouer encore aujourd’hui aux avant-postes. « Si nous étions quatre sur la GP24, nous serions déjà dans le top quatre du championnat, car le meilleur temps au tour de 2024 est toujours d’actualité. »

Une affirmation évidemment théorique, puisque motos, pneus, conditions et concurrence évoluent. Mais elle traduit clairement la conviction de Bagnaia : Ducati disposait avec la GP24 d’un équilibre exceptionnel que les générations suivantes n’ont pas nécessairement amélioré.

Et Pecco va plus loin lorsqu’il compare la trajectoire de Borgo Panigale à celle d’Aprilia. « Aprilia, oui, ils ont progressé, mais Ducati a aussi régressé. »

Ducati a-t-il trop développé une moto qui fonctionnait déjà ?

Le développement d’une MotoGP n’est évidemment jamais linéaire. Gagner dans un domaine peut entraîner une perte dans un autre et une moto plus performante théoriquement peut devenir plus difficile à exploiter pour certains pilotes.

Bagnaia semble précisément confronté à ce problème. Il ne réclame pourtant pas une nouvelle révolution technique. Au contraire. « Je suis convaincu que nous n’avons pas besoin de nouveautés. Je suis convaincu que nous avons besoin d’anciens outils. »

Cette phrase ressemble presque à un paradoxe dans un univers où chaque constructeur cherche continuellement à apporter de nouvelles évolutions. Pour Bagnaia, la solution pourrait donc consister à récupérer certaines caractéristiques que Ducati possédait déjà avant de les abandonner au fil du développement.

Bagnaia

Bagnaia : « Le problème vient de moi »

Pecco pose néanmoins immédiatement une limite à sa propre critique. Il serait trop facile d’en conclure qu’il considère la GP26 comme une mauvaise moto ou qu’il attribue ses difficultés uniquement aux choix des ingénieurs Ducati.

Bagnaia reconnaît lui-même sur motosan que cette explication ne tient pas complètement. « C’est la moto, et d’autres pilotes sont rapides avec, donc le problème vient de moi et je dois m’y adapter. » Toute la complexité de sa situation tient dans cette phrase.

Il considère que Ducati a perdu certaines qualités de la GP24 dont il savait parfaitement profiter, mais il voit simultanément d’autres pilotes exploiter efficacement la moto actuelle. Il ne demande donc pas simplement à Ducati de reconstruire une GP24 autour de lui. Il doit également comprendre comment adapter son pilotage à ce qu’est devenue la Desmosedici.

Aprilia comme révélateur du problème

La progression d’Aprilia rend cette interrogation encore plus pressante. Bagnaia ne nie absolument pas le travail effectué à Noale. Il considère simplement que le rapprochement entre les deux constructeurs provient de deux mouvements simultanés : Aprilia avance pendant que Ducati aurait perdu une partie de son avantage.

À Misano, Pecco espère encore qu’une solution puisse être trouvée. « Peut-être que si nous trouvons la solution ce week-end, nous pourrons les défier. Sinon, Aprilia pourrait être très performante. »

Bagnaia ne condamne donc pas la politique technique de Ducati. Mais son diagnostic est suffisamment clair pour ouvrir le débat : lorsqu’un pilote estime que la moto vieille de deux ans possédait davantage de potentiel et réclame des « anciens outils » plutôt que de nouvelles pièces, le problème n’est peut-être plus seulement de savoir comment développer davantage. Il est aussi de déterminer ce qu’il n’aurait jamais fallu perdre.

Pecco Bagnaia

 

 

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