C’est un détail que je n’ai encore jamais évoqué. On parle souvent de la promotion de Nicolo Bulega, et de la légitimité du nouveau champion WSBK. Mais, de ce que disent les rumeurs du paddock, ça fait très longtemps qu’il devait rejoindre VR46, à une place directement donnée par Ducati. En parallèle, la firme de Borgo Panigale lui a donné la responsabilité de développer la Desmosedici 850cc 2027. Ceci signifie donc qu’il est le seul futur titulaire à bénéficier d’une expérience extensive au guidon de la nouvelle machine. N’est-ce pas déloyal ?
Un problème évident
Si Ducati avait prévu de le faire monter depuis longtemps, alors, effectivement, ça peut poser question. En 2027, nous assisterons au plus grand changement réglementaire de l’histoire des Grands Prix motos. Moteurs, pneus et bien d’autres paramètres seront inédits. Par le fait, avoir de l’expérience sur ces motos avant même d’arriver en MotoGP représente un avantage net énorme.

D’ailleurs, de nombreux acteurs du paddock ont critiqué la position de Nicolo Bulega. Personnellement, je n’ai pas le souvenir d’avoir vu un exemple de la sorte en MotoGP ou en F1, tout du moins au XXIe siècle. Quand on voit que certains pilotes comme Quartararo ou Bagnaia ne peuvent simplement pas tester les 850cc (étant sous contrats avec des entreprises qu’ils vont quitter), on se doute que les écarts seront faramineux à Valence.
Bulega sera-t-il favori grâce à cet avantage ?
Si l’adaptation s’avère difficile pour les titulaires actuels, on pourrait donc facilement imaginer un monde où Nicolo Bulega serait carrément favori au début de la saison prochaine, au vu du temps qu’il aura déjà passé, en 2026, au guidon de sa moto. C’est d’ailleurs le pronostic des autres pilotes d’essai, qui, avec les rookies venus du Moto2, désignent Bulega comme l’homme à surveiller.
Je crois personnellement que quelques pilotes s’adapteront vite aux prochaines montures, et qu’ils seront au moins aussi rapides que Bulega – Marquez, Acosta, Martin –, aussi, car ils sont beaucoup plus talentueux. Mais c’est clair que pour les premières courses, ça pourrait avoir un impact non négligeable. Rappelons simplement que les pilotes Moto2 n’ont pas tous testé les 850cc, et, à cause de leurs obligations contractuelles, ne peuvent pas participer aux longs essais officiels.

Bulega n’est pas responsable de cette réglementation, pas plus que de sa sélection par Ducati, d’ailleurs. Mais oui, en un sens, il bénéficie ainsi d’un avantage déloyal par rapport aux autres pilotes qui, pour certains, n’ont même pas pu se familiariser avec les Pirelli. Je trouve cela dommage que le MotoGP ait laissé faire, car une telle révolution aurait mérité que tout le monde arrive préparé dès Valence. Imaginons que certains se blessent en voulant rattraper le retard : ça serait dommage, et tout le monde serait perdant.
D’ailleurs, je suis prêt à parier qu’au prochain changement réglementaire, ça sera différent ; qu’il sera interdit, pour un futur pilote titulaire, de rouler sur le prototype de l’année à venir.
Je suis curieux de savoir ce que vous pensez de tout ça. Dites-le-moi en commentaires !

Photo de couverture : Insatgram Nicolo Bulega








