F1
Publié le 1 octobre 2026 • 00:00 par Oléna Champlain

F1 – McLaren : Zak Brown transforme l’orange en or

 Zak Brown aurait touché plus de 100 millions de dollars en 2025, porté par les succès sportifs et l’explosion de la valeur de McLaren Racing.

Il y a gagner en Formule 1, et puis il y a manifestement savoir présenter la facture :  Zak Brown aurait perçu plus de 100 millions de dollars en 2025, soit environ 75,4 millions de livres, dans ce qui constituerait l’une des rémunérations annuelles les plus importantes jamais accordées à un dirigeant d’écurie de Formule 1. Chez McLaren, la renaissance sportive est spectaculaire. La renaissance bancaire de son patron l’est visiblement tout autant.

Brown, le jackpot à neuf chiffres.

L’information, révélée par Sky News, doit encore être confirmée par la publication officielle des comptes de McLaren Racing. Mais les chiffres attendus donnent déjà le vertige : Brown aurait plus que doublé une rémunération qui était pourtant loin d’être anecdotique. En 2024, il avait touché environ 37 millions de livres entre salaire de base et plan d’intéressement à long terme. Autrement dit, le Californien ne découvre pas exactement les joies du découvert autorisé.

Pas exactement 100 millions de salaire

Attention toutefois au raccourci facile : Zak Brown n’aurait pas reçu un simple chèque de 100 millions de dollars posé à côté de la machine à café de Woking.

La majeure partie de cette rémunération exceptionnelle serait liée à une attribution d’actions déclenchée par la valorisation de McLaren Racing lors du rachat des participations détenues par les actionnaires minoritaires. L’an dernier, le fonds souverain bahreïni Mumtalakat et le groupe d’investissement CYVN, basé à Abu Dhabi, ont repris les 30 % encore détenus par des investisseurs extérieurs. L’opération aurait valorisé McLaren Racing autour de 3,5 milliards de livres

Voilà qui change légèrement la perspective. On ne parle donc pas seulement d’une récompense pour quelques trophées supplémentaires posés dans la vitrine, mais du résultat d’une transformation beaucoup plus profonde de McLaren en véritable machine commerciale.

Et sur ce terrain, Brown a quelques arguments à sortir.

McLaren ne gagne plus seulement le dimanche

Lorsque Zak Brown arrive aux commandes de McLaren en 2016, l’équipe traverse une période sportive et financière autrement moins glamour. Puis vient la pandémie, qui place même l’ensemble du groupe dans une situation suffisamment délicate pour nécessiter ventes d’actifs, injections de capitaux et restructurations.

Quelques années plus tard, le décor semble avoir été repeint en orange papaye avec une certaine application.

McLaren a remporté le championnat constructeurs en 2024 avant de réaliser le doublé pilotes-constructeurs en 2025. Dans le même temps, Brown a transformé l’écurie en aimant à sponsors : Mastercard, Google, Allwyn, DP World, Intel, OKX et quelques autres noms suffisamment modestes pour ne pas avoir besoin de compter les centimes dans les paddocks. McLaren elle-même décrit depuis plusieurs saisons le développement commercial comme l’un des piliers essentiels de son retour au sommet

Les comptes 2025 devraient ainsi afficher 588 millions de livres de revenus, soit environ 780 millions de dollars. Et McLaren Racing serait désormais en route vers la barre symbolique du milliard de dollars de chiffre d’affaires annuel en 2026. La F1 représente plus de 90 % de ses revenus, même si les comptes comprennent également les activités américaines en IndyCar.

Brown a transformé les sponsors en carburant

C’est peut-être finalement là que réside la vraie spécialité de Zak Brown.

Il n’a jamais été ingénieur, n’a pas conçu une suspension et ne prétend pas régler une monoplace avec une clé de 12 entre deux réunions. Son terrain est ailleurs : le commerce, la marque, les partenariats et cette capacité très américaine à transformer une équipe de course en produit mondial.

Et dans une Formule 1 où le plafond budgétaire limite les dépenses directement liées à la performance, chaque source de revenus supplémentaire devient précieuse. McLaren ne s’est pas seulement remise à gagner. Elle vaut désormais beaucoup plus cher.

Le chiffre de la rémunération de Brown peut évidemment faire tousser. Plus de 100 millions de dollars pour un dirigeant reste une somme hors normes, même dans un paddock où la notion de modération financière possède parfois une définition assez créative. Mais elle illustre surtout l’évolution économique vertigineuse de la Formule 1 et de McLaren depuis quelques années.

L’écurie que certains imaginaient presque condamnée à rester au milieu du peloton est redevenue championne, attire les multinationales et se valorise désormais en milliards.

Zak Brown avait promis de remettre McLaren au sommet. Il y est arrivé.

Manifestement, son compte en banque a pris le même ascenseur.