J’ai conscience d’avoir été très dur avec Joan Mir ces dernières années. En effet, j’ai très souvent critiqué le Champion du monde MotoGP 2020 pour son approche de la course, mais encore plus les équipes qui continuent de lui faire confiance. Ceci dit, Mir est actuellement indisponible pour des raisons troublantes, ce qui me rend profondément inquiet à son égard. Voici ce qu’il faut savoir.
Un cas rare
De nos jours, il est plutôt fréquent de voir un pilote passer par l’infirmerie pour blessure. Durant leurs carrières, les os des pilotes de Grands Prix sont mis à rude contribution, et cassent plus souvent qu’ils ne le devraient. Le problème, c’est que pour Mir, ça n’a rien à voir avec une fracture ou une torsion. De ce qu’ont confirmé Honda et le principal intéressé, Mir subirait une mystérieuse maladie, sur laquelle rien n’a été dévoilé jusqu’à maintenant. On sait simplement qu’il souffre d’une grande fatigue, puisqu’il était déjà dans cet état au GP de Saint-Marin, le week-end du 13 septembre, et que le Dr Charte lui a déconseillé de rouler jusqu’au GP d’Indonésie inclus, soit le 11 octobre. C’est extrêmement long dans un sport où les pilotes essayent toujours de revenir le plus vite possible, quitte à compromettre leur futur capital santé.

À Misano, il n’était qu’à 50 % de ses capacités physiques. Puis, ça devenait simplement trop difficile pour lui. Certes, le MotoGP est un sport extrêmement difficile pour le corps et l’esprit, mais ces absences sont rarissimes dans l’histoire… et souvent graves. Pour l’instant, nous ne savons absolument rien du mal qui touche le double champion espagnol, mais pour qu’un pilote manque au moins trois courses sans avoir chuté en piste ou à l’entraînement, c’est que ça doit être très sérieux.
Je ne veux absolument pas lui porter la poisse, mais j’espère de tout cœur que son destin sera différent de celui de Jonas Folger, fauché en plein élan par une maladie rare, le syndrome de Gilbert.
Il doit prendre sa revanche
Heureusement pour lui, il a déjà signé un contrat pour 2027, au sein de l’écurie Ducati Gresini. La tension du mercato était si intense qu’il n’aurait pas été surprenant qu’une équipe, quelle qu’elle soit, préfère passer son tour si elle avait eu conscience de ce mal mystérieux. C’est la dure loi du sport, d’accord, mais ça aurait été carrément injuste ; Joan Mir, même s’il n’a jamais eu mes faveurs, ne mérite pas de partir comme ça. J’espère de tout cœur qu’il reviendra en forme avant la fin de saison.
Sa carrière en MotoGP, jusqu’ici, est très compliquée. Effectivement, il a remporté le titre mondial 2020, sans briller pour autant. Mais cette couronne pèse lourd, trop lourd. J’ai l’impression qu’elle est plus un fardeau qu’autre chose, puisqu’il doit constamment prouver pourquoi il avait été élu. Le problème, c’est qu’il n’y arrive pas. Depuis sa très bonne saison 2021 – sa meilleure en carrière, d’après moi –, Mir chute très souvent, il galère, n’arrive pas à créer une bonne dynamique. Il est monté sur le podium l’année dernière à Motegi et à Sepang, c’est vrai, mais ses bonnes performances chez Honda se comptent sur les doigts d’une main. Ne parlons même pas de ses classements, indignes du talent déployé en Moto3 l’année de son très beau titre, en 2017.

Mir méritait-il ce guidon Gresini, si l’on se fie au verdict de la piste ? Sans doute pas. Mais mérite-t-il de quitter le MotoGP à cause d’une maladie qui le fatigue ; non, cela va de soi. Moi aussi, j’aimerais voir ce qu’il peut faire avec une bonne moto, ce qui n’est plus arrivé depuis 2021, justement. Quel est son plafond ? Jusqu’où peut-il aller ? J’ai mon idée là-dessus, d’accord, mais il pourrait tout à fait me donner tort.
Joan Mir, reviens vite !
Pour résumer, j’espère que ce n’est pas trop grave, même si cette mauvaise passe longue d’un mois est tout sauf rassurante.
Pensez-vous que Joan Mir puisse revenir à son meilleur niveau, et prouver sa valeur au monde en 2027 ? Dites-le-moi en commentaires !

Photo de couverture : Instagram Joan Mir








