Pour la deuxième fois en deux Grands Prix, KTM a dû appeler Tech3 à la rescousse pour reconstruire dans l’urgence une RC16 de son équipe officielle. Après Pedro Acosta en Autriche, dont la moto avait été remise sur roues avant sa première victoire en MotoGP, c’est Brad Binder qui a bénéficié samedi à Motegi du renfort des mécaniciens de l’équipe française. Derrière l’anecdote se cache une remarquable démonstration de solidarité entre une usine et son équipe satellite.
La matinée de Brad Binder avait déjà mal commencé avec son passage obligé par la Q1. Elle aurait pu tourner beaucoup plus mal. Le Sud-Africain a violemment chuté pendant les qualifications et sa RC16 est revenue au garage suffisamment endommagée pour déclencher une véritable course contre la montre.
Binder n’avait déjà pas réussi à rejoindre la Q2 et devait partir 17e, tandis qu’Ai Ogura et Raul Fernandez décrochaient les deux places donnant accès à la deuxième partie des qualifications. Restait surtout à lui fournir une moto pour le Sprint. Et devant l’ampleur du travail, le garage officiel KTM a reçu du renfort.
Tech3 traverse une nouvelle fois le paddock
Des membres de Tech3 sont venus prêter main-forte à leurs homologues de KTM pour remettre la RC16 en état. Cela pourrait passer pour une sympathique manifestation de solidarité. Sauf que la même scène s’était déjà produite deux semaines auparavant en Autriche.
Pedro Acosta avait alors lourdement endommagé sa KTM lors du Warm-up. Avec seulement quelques heures avant le départ du Grand Prix, les mécaniciens de l’équipe officielle avaient eux aussi bénéficié de l’aide de Tech3.
La suite avait donné à cette intervention une saveur particulière. La moto avait été reconstruite à temps. Et quelques heures plus tard, Acosta remportait son premier Grand Prix en MotoGP. L’Espagnol avait d’ailleurs tenu après la course à remercier publiquement ceux qui avaient participé à cette reconstruction express.

Après Acosta, Binder remercie à son tour Tech3
À Motegi, Binder a pu prendre le départ du Sprint grâce au travail effectué sur sa moto, endommagée après une chute lors des qualifications. Le pilote KTM mesurait néanmoins l’importance du travail accompli.
Après sa violente chute du matin, il expliquait avoir l’impression « d’avoir été percuté par un bus ».
Sa RC16 avait elle aussi besoin de sérieux soins. Pour la deuxième manche consécutive, les mécaniciens de Tech3 ont donc contribué à permettre à un pilote officiel KTM de prendre le départ.
Quand « satellite » ne veut plus dire grand-chose
L’épisode raconte surtout quelque chose d’intéressant sur l’organisation moderne du MotoGP. Sur le papier, KTM et Tech3 restent deux équipes distinctes. Chacune possède ses pilotes, ses mécaniciens et ses propres objectifs sportifs. Mais lorsqu’une urgence apparaît, les frontières deviennent beaucoup plus poreuses. Et cette coopération possède une valeur très concrète.
Un Grand Prix se joue parfois sur quelques heures de travail dans un garage. Doubler ponctuellement les ressources disponibles peut faire la différence entre une moto alignée sur la grille et un forfait.
L’Autriche en avait fourni une démonstration presque parfaite : sans cette mobilisation collective, la première victoire MotoGP d’Acosta aurait peut-être tout simplement été impossible. Motegi vient d’apporter le deuxième épisode. À force, Tech3 risque même de devoir ajouter une nouvelle spécialité à sa fiche de poste MotoGP : équipe satellite KTM, certes… mais aussi service d’urgence de Mattighofen.









