F1
Publié le 25 octobre 2026 • 02:00 par Oléna Champlain

F1 – FFSA accusée de graves manquements, Gasly rappelle tout ce qu’elle lui a apporté

Gasly revient sur le rôle de la FFSA dans son parcours, alors que la fédération fait face à une procédure pouvant menacer son agrément.

Pour Pierre Gasly, la crise qui secoue la Fédération française du sport automobile n’a rien d’un dossier administratif lointain. Elle touche à ses propres débuts. Interrogé sur la procédure engagée par la ministre des Sports, Marina Ferrari, le pilote Alpine a reconnu ne pas avoir assez d’informations pour juger la situation. Mais il a tenu à rappeler le rôle joué par la FFSA dans son ascension : « Sans la Fédération, je ne serais jamais arrivé là où je suis aujourd’hui. »

FFSA dans la tourmente, Gasly n’oublie pas d’où il vient

Alors que sa fédération est menacée, le pilote revient sur son parcours.

Le message est personnel. Il vient d’un pilote qui a quitté le foyer familial à 13 ans pour se rapprocher de sa passion et qui a grandi dans les structures de formation du sport automobile français. Au moment où l’avenir de la fédération se retrouve fragilisé, Gasly ne parle donc pas seulement de gouvernance : il évoque le parcours qui l’a mené du karting aux grilles de Formule 1.

Le départ à 13 ans, premier virage de sa carrière

Gasly a expliqué que la FFSA le soutenait depuis l’âge de 13 ans. La fédération l’a accompagné dans ses années de formation, notamment au sein de la FFSA Academy et des équipes de France. Cette filière lui a apporté un cadre sportif et un suivi au moment où il quittait la maison pour poursuivre son objectif. Dans un entretien publié en 2018, il racontait avoir rejoint Le Mans à 13 ans pour intégrer une structure liée à la fédération.

La suite s’est construite étape après étape. Gasly passe par les formules de promotion, remporte le championnat GP2 en 2016, puis décroche sa chance en Formule 1 avec Toro Rosso en 2017. La FFSA Academy a présenté sa progression comme l’illustration d’une filière capable de détecter et d’accompagner les jeunes talents. La trajectoire de Gasly ne résume évidemment pas, à elle seule, tout le travail d’une fédération. Mais elle donne un visage concret à ce que le système peut apporter à un pilote avant qu’il n’atteigne le sommet.

En 2020, sa victoire au Grand Prix d’Italie, à Monza, a confirmé le chemin parcouru. Gasly devenait le premier Français vainqueur d’un Grand Prix depuis Olivier Panis en 1996. Dans son message récent, le pilote souligne aussi que la FFSA soutient les jeunes talents. Il juge qu’elle a été, ces dernières années, l’une des fédérations les plus investies dans cet accompagnement. Perdre cette capacité de soutien serait, à ses yeux, « extrêmement triste ».

Sa réaction ne vaut pas approbation de tout ce qui se serait passé à la tête de l’institution. Gasly insiste au contraire sur son manque d’informations. Il ne tranche pas les accusations et ne prétend pas connaître les conclusions du rapport d’inspection. Il rappelle plutôt ce qu’il a vécu : une fédération qui l’a accompagné, lui a donné des moyens et a contribué à ouvrir la route vers la F1.

La crise dépasse désormais les couloirs de la FFSA

Cette prise de parole intervient alors que Marina Ferrari a engagé une procédure pouvant conduire au retrait de l’agrément ministériel de la FFSA. Le ministère s’appuie sur une mission d’inspection qui a relevé des manquements concernant la gouvernance, le fonctionnement démocratique des instances et le respect des obligations de la fédération. Le communiqué officiel précise que la décision définitive ne sera prise qu’à l’issue d’une procédure contradictoire.

Lors de son entretien avec L’Équipe, la ministre a également annoncé la suspension du directeur technique national et une phase contradictoire de quinze jours, durant laquelle la FFSA pourra présenter ses observations. Ces mesures surviennent après plusieurs mois de tensions internes et une intervention du Comité national olympique et sportif français, qui avait recommandé de nouvelles élections dans un contexte de gouvernance jugé préoccupant.

La fédération, présidée depuis avril par Pierre Ragues, affirme ne pas avoir reçu le rapport d’inspection ni de courrier détaillant précisément les faits qui lui sont reprochés. Elle dit poursuivre ses activités et préparer les prochaines échéances sportives. Le ministère, de son côté, assure vouloir préserver la continuité des compétitions et prévoit des échanges avec le CNOSF pour anticiper les conséquences possibles de la procédure.

C’est là que le témoignage de Gasly prend tout son poids. Derrière les décisions administratives, il y a une filière, des équipes, des clubs et de jeunes pilotes qui espèrent suivre une trajectoire comparable à la sienne. Le Français ne demande pas que la fédération échappe à toute remise en question ; il rappelle simplement que ses structures ont aussi permis à des talents d’éclore.

La FFSA doit désormais répondre aux griefs qui lui sont opposés. Mais, au moment de corriger ses défaillances, l’enjeu sera aussi de préserver ce qui fonctionne dans son accompagnement des jeunes. La fédération qui a aidé Gasly à atteindre la F1 saura-t-elle sortir de la crise sans couper la route à ceux qui rêvent de prendre sa suite ?

 

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