Moto GP
Publié le 30 octobre 2026 • 18:00 par André Lecondé

MotoGP Malaisie : la F1 a-t-elle détruit la piste de Sepang ? Les pilotes MotoGP reçoivent des morceaux d’asphalte !

À Sepang, le bitume se désagrège et des pilotes sont touchés par des débris. La F1 et les travaux reportés sont pointés du doigt.

Sepang

Le MotoGP découvre une bien mauvaise surprise à Sepang : une piste qui se désagrège sous les roues des motos et projette des morceaux de bitume sur les pilotes. Plusieurs concurrents ont dénoncé vendredi l’état du circuit malaisien, dont la réfection promise n’a jamais été réalisée. Et un autre élément vient alimenter la polémique : le récent passage de la Formule 1, que Michelin soupçonne d’avoir aggravé les dégradations.

Marini : « Le tarmac est complètement détruit ! »

Luca Marini n’a pas attendu qu’on lui pose la question sur Motorsport pour dénoncer l’état de la piste. Le pilote Honda décrit une situation devenue particulièrement préoccupante. « Le tarmac est complètement détruit, nous devons donc trouver un moyen de survivre. »

Selon lui, les problèmes autrefois concentrés dans certains virages se sont désormais étendus. « C’était déjà un désastre l’an dernier, surtout aux virages 14 et 2. Maintenant, chaque virage est un désastre, sauf les virages 7 et 8. »

Le plus inquiétant concerne les projections de débris. Plusieurs pilotes auraient été frappés par des morceaux d’asphalte pendant les essais, avec au moins un cas de contusions légères rapporté.

Marini redoute particulièrement les premiers instants de la course. « Au départ, lors du premier freinage, attendez-vous à beaucoup de pierres pour les pilotes derrière. Il vaut donc mieux partir devant. »

Une remarque qui prend une dimension particulière dans un championnat où les départs regroupés constituent déjà l’une des phases les plus délicates.

Di Giannantonio : « C’est une piste de motocross maintenant ! »

Fabio Di Giannantonio a lui aussi découvert les conséquences de cette dégradation. Le pilote VR46 affirme avoir reçu de nombreux projectiles lors d’une simulation de départ derrière un concurrent.

Son commentaire résume l’absurdité de la situation : « C’est une piste de motocross maintenant ! » L’Italien plaisante même sur la nécessité de renforcer les protections des pilotes.

Mais derrière l’ironie, le problème est réel. À plus de 300 km/h, un fragment de bitume projeté par une moto peut devenir particulièrement dangereux. Et contrairement à une simple irrégularité de surface, ces débris peuvent atteindre directement les pilotes qui suivent.

MotoGPSepang

La F1 accusée d’avoir aggravé les dégâts à Sepang

Piero Taramasso, responsable de Michelin en MotoGP, apporte un éclairage supplémentaire. Selon lui, le récent passage des monoplaces de Formule 1 pourrait avoir accentué la détérioration du revêtement.

La F1 avait retrouvé Sepang début octobre, lors d’une épreuve organisée en remplacement du Grand Prix de Bahreïn. Les contraintes imposées à l’asphalte par les monoplaces pourraient avoir fragilisé certaines portions déjà dégradées.

Michelin redoute notamment une augmentation de l’usure et de la consommation des pneumatiques. « Cela pourrait créer des problèmes en générant une usure et une consommation de pneus accrues », explique Taramasso.

Il évoque également des interventions sur la ligne droite et des dégradations aux virages 4 et 12. La présence de trois options pneumatiques pourrait donc s’avérer précieuse. Il faut toutefois distinguer le constat de dégradation de l’attribution de ses causes : le rôle exact de la Formule 1 n’est pas établi par une expertise technique publique.

Une réfection promise à Sepang … puis reportée

La piste de Sepang devait être entièrement refaite cette année. Les pilotes avaient été informés de cette perspective après avoir déjà signalé les problèmes du revêtement. Mais les travaux ont finalement été reportés.

Alex Marquez rappelle cette promesse non tenue. « L’an dernier, on nous avait promis un nouvel asphalte. Ce n’est pas le cas. » Le pilote Gresini se montre néanmoins moins alarmiste que Marini. Il estime que la situation reste comparable à celle de l’année précédente, tout en reconnaissant que plusieurs portions sont à la limite de l’impraticabilité.

Marc Marquez partage globalement cette analyse. « Il est temps de refaire la surface, comme nous l’avions déjà dit l’année dernière. » Le leader Ducati refuse cependant de qualifier les conditions de dangereuses.

Alors, qu’est-ce qu’on retient ?

  • Sécurité : des morceaux d’asphalte sont projetés sur les pilotes, notamment lors des simulations de départ.
  • Formule 1 : Michelin soupçonne son récent passage d’avoir aggravé l’état du revêtement.
  • Organisateurs : la réfection promise n’a pas été réalisée, malgré les alertes précédentes.

À Sepang, les pilotes MotoGP doivent désormais composer avec un adversaire supplémentaire : leur propre circuit. Et si la Formule 1 a effectivement aggravé une situation déjà préoccupante, la question devient embarrassante pour les organisateurs : pourquoi avoir attendu que le bitume se détache sous les roues pour mesurer l’urgence des travaux ?

MotoGPSepang_compressed

Retrouvez Paddock GP dans vos recherches Google

Choisissez Paddock GP comme source préférée pour voir plus souvent nos articles dans « À la une », lorsqu'ils correspondent à vos recherches.

Vous choisissez et gérez vos sources directement sur Google.