Chez Aprilia, la décision des commissaires n’a manifestement pas été accueillie par des applaudissements enthousiastes. Des applaudissements, pourtant, il y en a eu. Mais ceux de Massimo Rivola, captés par les caméras dans le garage italien, dégoulinaient d’ironie. Quelques instants auparavant, Marco Bezzecchi venait de perdre son Sprint et ses derniers espoirs de titre mondial dans un contact avec Marc Marquez. Et la direction de course venait de décider que personne ne méritait de sanction.
Une conclusion que le patron d’Aprilia n’a visiblement pas appréciée. Contrairement à Neil Hodgson, qui lui a immédiatement conseillé de passer à autre chose.
Rivola applaudit… mais certainement pas Marquez
La scène intervient après l’incident du quatrième tour du Sprint, au premier virage de Losail. Marquez élargit sa trajectoire au freinage. Bezzecchi, qui tente de reprendre la tête, plonge à l’intérieur.
Les deux pilotes se retrouvent côte à côte. Marquez revient vers la corde, les motos se touchent et l’Aprilia termine au sol. L’Espagnol, lui, parvient à rester sur ses roues. Après examen, les commissaires concluent à un incident de course.
Dans le garage Aprilia, Rivola réagit par des applaudissements ostensiblement ironiques. Difficile d’imaginer contraste plus saisissant : Ducati conserve son leader et sa victoire potentielle, tandis qu’Aprilia voit disparaître son poleman. Mais une conséquence sportive aussi lourde suffit-elle à établir une responsabilité ?
Hodgson à Rivola : « Laisse tomber ! »
Sur TNT Sports, Neil Hodgson ne partage absolument pas l’indignation du patron italien. « Oh, laisse tomber… Laisse tomber ! », lance-t-il en découvrant sa réaction. L’ancien pilote estime que Rivola possède suffisamment d’expérience pour reconnaître un incident de course.
Son explication repose sur la trajectoire de Marquez. « Marc Marquez essayait simplement de revenir au point de corde, comme tout pilote. » Pour Hodgson, le pilote Ducati cherche à corriger son erreur de freinage et à retrouver sa trajectoire normale.
Bezzecchi, de son côté, tente logiquement d’exploiter l’ouverture. Deux intentions sportivement compréhensibles, mais devenues incompatibles au même endroit. Hodgson insiste d’ailleurs sur un point essentiel : il ne reproche rien à l’Italien. « Je suis vraiment désolé pour Marco Bezzecchi. Il n’a rien fait de mal. » Autrement dit, défendre Marquez ne signifie pas nécessairement accuser Bezzecchi.
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Marquez ouvre la porte… pouvait-il vraiment la refermer ?
C’est précisément là que le débat se situe. Car si l’analyse de Hodgson se défend, elle ne règle pas toutes les questions. Marquez commet une erreur, s’écarte de la trajectoire idéale et offre une ouverture à son adversaire. Bezzecchi s’y engage immédiatement.
Lorsque Marquez revient vers la corde, les deux motos occupent pratiquement le même espace. L’Espagnol pouvait-il ignorer la présence de l’Aprilia ? Et Bezzecchi pouvait-il raisonnablement anticiper que la Ducati refermerait aussi vite la trajectoire ?
Les images permettent de discuter les responsabilités, pas de connaître avec certitude ce que chacun avait vu. L’absence de sanction ne signifie donc pas que la manœuvre était sans risque. Elle signifie que les commissaires n’ont pas retenu de faute justifiant une pénalité. Une distinction importante.
La polémique : celui qui reste debout n’est pas forcément innocent
Hodgson souligne également un élément. Selon lui, dans ce type de contact, c’est souvent le pilote situé à l’extérieur qui tombe, notamment lorsque son guidon est touché. Or Marquez a réussi à conserver l’équilibre malgré le déclenchement de son airbag.
Bezzecchi, lui, a terminé au sol. Mais la chute d’un pilote ne prouve pas automatiquement que l’autre est fautif. Et rester sur ses roues ne constitue pas davantage un certificat d’innocence.
C’est précisément pour cela que les commissaires doivent juger la manœuvre, et non uniquement ses conséquences.
Alors, qu’est-ce qu’on retient ?
- Rivola conteste visiblement la décision, en applaudissant ironiquement l’absence de sanction.
- Hodgson défend Marquez, considérant que les deux pilotes ont simplement tenté de suivre leur trajectoire.
- Bezzecchi perd ses derniers espoirs de titre, tandis que Marquez remporte le Sprint.
La frustration d’Aprilia est compréhensible. L’analyse de Hodgson l’est également. Mais à quelques heures d’un Grand Prix où Marquez peut décrocher le championnat, cette controverse laisse une question en suspens. Les commissaires ont classé l’affaire. Rien ne dit que Bezzecchi, lui, en ait fait autant.
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