F1
Publié le 7 novembre 2026 • 02:00 par Oléna Champlain

F1 – BYD à 503 km/h : la Chine pulvérise les records et frappe à la porte du paddock !

BYD franchit les 503 km/h avec la Yangwang U9 Xtreme, record reconnu par la FIA, tandis que le constructeur étudie une entrée en F1.

503,17 km/h. Un chiffre vertigineux, une barrière historique pulvérisée et une démonstration de puissance qui pourrait bien résonner jusque dans les bureaux de la F1. Pendant que Ferrari, Mercedes, McLaren et Red Bull Racing se disputent les dixièmes sur les circuits, le constructeur chinois BYD vient de franchir un seuil que les plus prestigieuses marques automobiles convoitaient depuis des années. Le 1er novembre 2026, sa Yangwang U9 Xtreme, hypercar entièrement électrique, a atteint 503,17 km/h à Abou Dhabi. Un exploit officiellement reconnu ce vendredi 6 novembre par la Fédération internationale de l’automobile (FIA). Mais derrière cette démonstration technologique se cache une autre ambition.

BYD : la FIA lui a déjà entrouvert la grille de la F1.

Car BYD ne s’intéresse plus uniquement aux records de vitesse.

Le géant chinois discute depuis plusieurs mois d’une éventuelle entrée en Formule 1, et pourrait vouloir créer sa propre écurie.

Après avoir franchi les 500 km/h, BYD pourrait désormais tenter de franchir les portes du paddock.

Reste à savoir si la FIA et les dirigeants de la discipline lui dérouleront le tapis rouge.

503 km/h : la Chine fait tomber le mur

L’exploit s’est déroulé sur la route E11, dans la région d’Al Dhafra, à Abou Dhabi. Pour l’occasion, les autorités avaient neutralisé une portion de dix kilomètres, comprenant une ligne droite de sept kilomètres.

Au volant, le pilote allemand Marc Basseng, spécialiste des courses d’endurance et des voitures de sport. Les premières tentatives du 31 octobre avaient permis d’atteindre environ 490 km/h. Insuffisant pour les ingénieurs de Yangwang, la marque haut de gamme de BYD.

Les équipes ont alors modifié les réglages aérodynamiques, la suspension et les pressions des pneumatiques. Le lendemain, lors d’une nouvelle tentative, la voiture franchissait la barre symbolique.

503,17 km/h.

La précédente référence de la même voiture, établie à 496,22 km/h en septembre 2025 en Allemagne, était dépassée de près de sept kilomètres par heure. Une progression impressionnante à un niveau de performance où chaque kilomètre supplémentaire devient un véritable défi technique.

La FIA valide officiellement l’exploit

Cette fois, la performance ne repose pas uniquement sur les déclarations d’un constructeur enthousiaste. Le 6 novembre, la FIA a publié un communiqué confirmant la vitesse atteinte par la Yangwang U9 Xtreme. L’instance internationale reconnaît officiellement ce franchissement des 500 km/h, une première pour une voiture de série.

Deux records Guinness World Records accompagnent également cette performance : celui de la vitesse maximale d’une voiture de série et celui d’une voiture électrique de série, dans les deux cas lors d’un passage effectué dans un seul sens.

Cette précision est importante : il ne s’agit pas d’une moyenne calculée sur deux passages en sens opposés. Mais le résultat n’en demeure pas moins exceptionnel.

Avec quatre moteurs électriques indépendants développant ensemble plus de 3 000 chevaux, une architecture électrique de 1 200 volts et une gestion électronique sophistiquée, BYD signe une démonstration spectaculaire de son savoir-faire. La voiture bénéficie également d’un système de suspension active et de technologies de gestion thermique adaptées aux très hautes performances. Autrement dit, l’industrie automobile chinoise ne se contente plus de produire des véhicules électriques accessibles.

Elle s’attaque désormais aux références mondiales de la performance. Et cette évolution ne passe pas inaperçue en Formule 1.

BYD discute déjà avec la Formule 1

Les ambitions sportives du constructeur ne sont pas apparues avec ce record. Dès mars 2026, Bloomberg révélait que BYD examinait plusieurs possibilités d’engagement en compétition automobile.

Parmi elles, la Formule 1.

En avril, Stella Li, vice-présidente exécutive de BYD, confirmait avoir rencontré Stefano Domenicali, président-directeur général de la Formule 1, à Shanghai. Elle reconnaissait que le constructeur discutait de cette éventualité, soulignant l’intérêt technologique du championnat. Pour un groupe dont l’identité repose sur l’électrification, la récupération d’énergie et les batteries, la catégorie reine pourrait constituer un formidable laboratoire. Mais les ambitions du constructeur seraient également commerciales.

Présent sur de nombreux marchés internationaux, BYD pourrait utiliser la Formule 1 comme une vitrine mondiale. Une stratégie déjà employée par Mercedes, Ferrari, Audi et Honda.

Une douzième écurie chinoise ?

Le véritable rebondissement est venu en septembre. À Madrid, Mohammed Ben Sulayem, président de la FIA, a confirmé avoir rencontré les représentants de deux grands constructeurs chinois : BYD et Geely. Il a également révélé avoir suggéré à BYD de commencer par acquérir une équipe existante.

Mais le constructeur aurait préféré une autre solution.

Créer sa propre écurie.

Une ambition particulièrement audacieuse. Depuis l’arrivée de Cadillac en 2026, la grille compte onze équipes. L’arrivée de BYD pourrait donc porter leur nombre à douze.

Encore faudrait-il que le constructeur présente un dossier crédible et obtienne toutes les autorisations nécessaires. Car Mohammed Ben Sulayem a posé une condition essentielle : la FIA ne modifiera pas ses règles pour satisfaire les exigences particulières d’un nouveau candidat.

La Chine serait bienvenue. Mais elle devra respecter le règlement.

Domenicali freine les ambitions

Et c’est précisément là que l’affaire devient intéressante. Car si le président de la FIA se montre ouvert à une douzième écurie chinoise, Stefano Domenicali paraît beaucoup moins pressé. Le patron de la Formule 1 estime qu’une nouvelle équipe n’est pas nécessaire à moyen terme. Une divergence qui rappelle les longues négociations ayant précédé l’arrivée de Cadillac.

D’un côté, la fédération envisage l’expansion du plateau. De l’autre, les intérêts commerciaux du championnat imposent une réflexion plus prudente. Car accueillir une nouvelle écurie signifie également partager certaines recettes entre davantage de participants. Et les équipes déjà présentes n’ont pas nécessairement envie de voir un nouveau concurrent s’inviter à leur table.

BYD pourrait donc découvrir une particularité de la F1 : il est parfois plus simple de dépasser 500 km/h que de convaincre onze écuries de partager le gâteau.

Christian Horner dans les discussions

Autre élément particulièrement intrigant : Christian Horner. Selon le Financial Times, l’ancien dirigeant de Red Bull Racing aurait rencontré Stella Li au printemps pour évoquer une éventuelle collaboration autour d’un projet de Formule 1. Une rencontre qui ne manque pas d’intérêt. Avec son expérience de la compétition, ses connaissances techniques et ses relations dans le paddock, Christian Horner pourrait représenter un interlocuteur précieux pour un constructeur souhaitant bâtir une nouvelle structure.

Mais aucune association officielle entre les deux parties n’a été annoncée. Les discussions sont restées exploratoires et rien ne permet d’affirmer qu’Horner dirigera une future équipe BYD. Le scénario possède néanmoins de quoi alimenter les spéculations.

L’ancien patron de Red Bull associé au géant chinois de l’électrique ? Le paddock suivrait certainement l’affaire de très près.

Un record ne fait pas une monoplace

Il serait pourtant dangereux de confondre prouesse technologique et compétitivité en F1.

Les 503,17 km/h de la Yangwang U9 Xtreme ne signifient absolument pas qu’une monoplace conçue par BYD pourrait immédiatement rivaliser avec les meilleures équipes. Les contraintes aérodynamiques, les règlements moteurs, la sécurité et les exigences d’une saison complète sont radicalement différents.

La Formule 1 utilise des groupes propulseurs hybrides, dont l’architecture répond à des règles spécifiques. Les technologies de la Yangwang ne pourraient donc pas être simplement transposées sur une monoplace. D’autant que les discussions concernant les futures motorisations pourraient faire évoluer la place de l’électrification.

Et sur ce point, Mohammed Ben Sulayem a été clair : aucun constructeur ne dictera à lui seul l’avenir réglementaire du championnat. Même avec 3 000 chevaux sous le capot.

La Chine accélère, la F1 temporise

Pour l’instant, BYD n’a officiellement annoncé ni candidature, ni calendrier d’entrée, ni programme moteur destiné à la Formule 1. Les discussions sont confirmées. L’intérêt technologique et commercial est réel. Mais aucun engagement définitif n’a été présenté. Il faut donc distinguer deux événements.

Le record de vitesse est un fait officiellement reconnu par la FIA. L’arrivée de BYD en Formule 1 reste une possibilité, pas une décision. Cependant, le rapprochement de ces deux actualités n’a rien d’anodin.

La performance de la Yangwang U9 Xtreme donne au constructeur chinois une visibilité internationale exceptionnelle, au moment même où son nom circule parmi les candidats potentiels à une douzième place sur la grille.

Et désormais, BYD possède un argument spectaculaire pour démontrer l’étendue de son savoir-faire. L’entreprise a franchi les 500 km/h. Elle a obtenu la reconnaissance de la FIA. Elle a rencontré les dirigeants de la F1. Reste maintenant à transformer l’intérêt en projet concret.

Car en ligne droite, BYD vient de montrer qu’il savait dépasser tout le monde.

Mais pour entrer en F1, le géant chinois va devoir apprendre une règle beaucoup moins spectaculaire : même avec 3 000 chevaux, on ne double pas les procédures d’admission.

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