À peine le Sprint du Qatar terminé, la bataille entre Marc Marquez et Marco Bezzecchi s’est poursuivie loin de la piste. Et cette fois, le contradicteur du vainqueur ne portait pas les couleurs d’Aprilia. Fabio Di Giannantonio, deuxième à Losail, a directement interpellé Marquez sur sa manœuvre. Une séquence publiée par le compte officiel MotoGP, qui donne un éclairage inédit sur l’accrochage laissé sans sanction par les commissaires.
« Tu dois regarder avant de refermer la trajectoire comme ça. Il était à l’intérieur », lance Di Giannantonio à Marquez. Une phrase simple, mais redoutable : elle ramène le débat à ce que le pilote Ducati pouvait voir, et à ce qu’il devait anticiper.
La défense de Marquez : « Je prenais cette trajectoire à chaque tour »
La réponse du numéro 93 ne tarde pas. « Je prenais cette trajectoire à chaque tour », explique-t-il dans l’extrait diffusé. Puis il revient sur la position de Bezzecchi : « Il est passé à l’intérieur. C’était un gros contact. »
Le désaccord tient en quelques mots. Di Giannantonio insiste sur la nécessité de vérifier l’espace disponible avant de revenir à la corde. Marquez met en avant une trajectoire habituelle, qu’il cherchait à retrouver après avoir élargi.
Mais une trajectoire empruntée à chaque tour reste-t-elle disponible lorsqu’un adversaire s’y est engagé ? Voilà la question que cette discussion remet au centre de l’affaire.

Un incident classé, pas un débat clos pour Marquez
Au premier virage, Marquez élargit sa ligne. Bezzecchi tente de profiter de l’ouverture à l’intérieur. Au moment où la Ducati revient vers le point de corde, les deux machines se touchent.
L’Italien chute et abandonne. Marquez réussit à rester sur ses roues, malgré la violence du contact. Les commissaires n’ont retenu aucune infraction justifiant une sanction. Une décision accueillie par des applaudissements ironiques de Massimo Rivola dans le garage Aprilia.
L’intervention de Di Giannantonio ajoute toutefois une dimension intéressante : la critique ne vient plus seulement du camp qui a perdu son pilote. Elle émane aussi d’un concurrent qui connaît les exigences d’une Ducati et qui vient de partager le podium avec Marquez.
Cela ne constitue évidemment pas une preuve de culpabilité. Un pilote peut estimer qu’un autre aurait dû regarder davantage sans que les critères réglementaires d’une pénalité soient nécessairement remplis. La différence entre une manœuvre risquée et une manœuvre sanctionnable demeure essentielle.

Deux lectures, une seule place à la corde
La position de Marquez n’est pas absurde : après un freinage trop large, un pilote cherche naturellement à revenir sur sa trajectoire. Celle de Di Giannantonio ne l’est pas davantage : lorsqu’un rival profite de cette erreur pour plonger à l’intérieur, le retour à la corde devient potentiellement dangereux.
Et Bezzecchi ? Il n’a pas inventé l’ouverture. Il l’a saisie, au risque de se retrouver dans un espace qui se refermait. Le résultat est brutalement asymétrique : un abandon pour l’Aprilia, une victoire pour Marquez. Mais cette différence ne suffit pas, à elle seule, à trancher la responsabilité.
Alors, qu’est-ce qu’on retient ?
- Di Giannantonio demande à Marquez de regarder avant de refermer sa trajectoire.
- Maquez répond qu’il suivait sa ligne habituelle et reconnaît la violence du contact.
- Les commissaires ont classé l’incident, mais les pilotes eux-mêmes continuent d’en discuter.
À Losail, Marquez a gagné le Sprint et conservé le bénéfice du doute. Mais l’échange avec Di Giannantonio rappelle une règle qui ne figure sur aucun panneau de chronométrage : avoir l’habitude d’une trajectoire ne signifie pas qu’on en possède l’exclusivité.
👀 @FabioDiggia49's advice for @marcmarquez93
"You must look before you close the line like that, he was inside" #QatarGP 🇶🇦 pic.twitter.com/ycmvKumwd5
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) November 7, 2026




