La colère de Lando Norris se comprend : à Bakou, le pilote McLaren a vu sa course s’arrêter dans un accident qu’il n’avait pas provoqué. Mais Isack Hadjar, troisième du Grand Prix, invite à regarder un peu plus loin que le seul baquet de Franco Colapinto. Pour le Français, le pilote argentin a bien commis une erreur ; seulement, le circuit et les conditions de la relance ont aussi joué leur rôle. Une nuance qui n’efface pas la faute, mais évite de transformer un accrochage en procès expédié au bord de la piste.

« Colapinto crash » : Hadjar refuse de réduire l’affaire à une seule erreur
Le scénario, lui, ne souffre guère de discussion. Au 36ᵉ tour, après la sortie d’Alex Albon et la voiture de sécurité, le peloton se regroupe avant la relance. Colapinto manque son freinage au premier virage, bloque ses roues et percute son coéquipier Pierre Gasly. La voiture du Français est ensuite projetée sur Norris. Les trois pilotes abandonnent. En quelques secondes, Alpine perd deux voitures et McLaren voit disparaître une autre chance de marquer.
Pour Alpine, le choc est aussi sportif que comptable. Gasly occupait la septième place et Colapinto était dans les points : l’équipe pouvait espérer une belle récolte après un week-end où ses deux monoplaces s’étaient montrées compétitives. Au lieu de cela, elle repart sans rien, tandis que Racing Bulls profite des places libérées. Arvid Lindblad termine septième et permet à son équipe de creuser l’écart dans la lutte du championnat des constructeurs. Le genre de bilan qui donne envie de refaire la course image par image, mais qui ne rend pas les points perdus.
Norris, lui, n’a pas choisi la nuance au sortir de sa McLaren. Pris dans l’accident, il estime que certains pilotes ne devraient pas être en Formule 1. Le champion du monde sortait déjà d’un Grand Prix compliqué : parti cinquième après une erreur en qualifications, il avait perdu des places et peinait à suivre le rythme des voitures devant lui. La relance pouvait lui offrir une occasion de revenir ; elle a surtout fait de lui un passager dans l’accrochage. Sa frustration est compréhensible. Sa demande d’une sanction très lourde a toutefois suscité des objections chez les trois hommes du podium.
George Russell juge une suspension excessive. Au moment d’une relance, rappelle le vainqueur, les pneus sont froids et une erreur minime peut avoir des conséquences disproportionnées. Max Verstappen abonde dans ce sens, en soulignant que Colapinto a reconnu sa faute et présenté ses excuses. Tous deux distinguent la gravité du bilan — trois voitures éliminées — de l’intention du pilote. Ils ne disent pas que l’incident est anodin ; ils estiment qu’une faute, même coûteuse, ne justifie pas automatiquement l’exclusion.
Hadjar, lui, déplace le regard vers le bitume. « La piste n’est pas assez bonne », estime-t-il : dès qu’on quitte la trajectoire idéale, explique-t-il, les bosses compliquent le pilotage. Derrière la voiture de sécurité, il est difficile de garder les pneus et les freins en température. Au moment de repartir, les pilotes doivent donc retrouver rapidement de l’adhérence, tout en évitant de se faire surprendre par ceux qui les précèdent. Hadjar ne blanchit pas Colapinto : il estime seulement que les conditions de piste ont pu amplifier une erreur. À Bakou, le décor n’a pas besoin de pousser une voiture pour participer au désordre ; parfois, il suffit qu’il ne pardonne rien.
Colapinto, de son côté, a assumé sa responsabilité. Il a présenté ses excuses à Gasly, à Norris et à l’équipe, reconnaissant avoir bloqué ses roues alors que ses pneus et ses freins étaient froids. Pour le pilote argentin, le bilan est d’autant plus lourd qu’Alpine était en mesure de marquer avec ses deux voitures. Flavio Briatore n’a pas caché son irritation : il a qualifié la manœuvre de très mauvaise décision pour un pilote de cette expérience et dit vouloir réfléchir aux suites à donner. L’équipe devra maintenant transformer cette colère en analyse, sans perdre de vue qu’elle avait jusque-là réalisé un week-end solide.
La FIA a infligé à Colapinto dix secondes de pénalité pour avoir provoqué la collision. Comme il a abandonné avant de pouvoir la purger, la sanction a été convertie en cinq places de recul sur la grille de son prochain Grand Prix. C’est une conséquence concrète pour le pilote ; ce n’est pas la suspension réclamée à chaud par Norris.
Reste donc une question plus intéressante que le duel de déclarations : comment sanctionner une erreur lourde de conséquences sans confondre le bilan et l’intention ? Norris a perdu sa course ; Gasly et Alpine ont perdu des points précieux. La frustration est légitime, et Colapinto a reconnu sa faute. Mais une exclusion réclamée au bord de la piste aurait transformé l’accident en verdict avant même que le débat commence. Hadjar remet sur la table un élément trop facilement oublié dans les polémiques : une piste bosselée, des pneus froids et une relance tendue ne pardonnent rien. Cela n’efface pas la faute de Colapinto. Cela aide à comprendre pourquoi elle a coûté si cher.
#F1 🏎️ #Colapinto 💥
Menos mal que la próxima semana ya habrá competencia, así “su cabeza se podrá limpiar antes” ↓ 🤔📍"EL CHOQUE DE COLAPINTO A GASLY Y NORRIS"
"Fue en la vuelta 36 tras la reanudación de la carrera por el accidente de Albon. El argentino entró pasado a la…
— Jorge Rausch McKenna (@JorRausch) September 27, 2026
🚨 Lando Norris on his crash with Franco Colapinto:
“I got taken out… just the sort of drivers that shouldn’t be in Formula 1, to be honest.” 😬😬
Oh he did NOT hold back #F1 #AzerbaijanGP 🇦🇿 pic.twitter.com/CvW3S44CtO
— paddockfiles (@paddockfiles) September 26, 2026
Aqui, finalmente, el accidente de Colapinto explicado por un profesional. 👇 pic.twitter.com/veCSszzwtw
— Luis Zanger (@LuisZanger) September 26, 2026








