Moto GP
Publié le 28 septembre 2026 • 06:30 par André Lecondé

La semaine du benêt atypique : le MotoGP roule encore en 2026… mais tout le monde a déjà déménagé en 2027

Le MotoGP roule en 2026, mais Yamaha, Honda, Quartararo, Bagnaia et Liberty semblent déjà vivre en 2027. Le Benêt a cherché le présent ...

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Il paraît qu’une saison de MotoGP se termine lorsque le dernier drapeau à damier tombe. Quelle idée délicieusement désuète. Cette semaine, le paddock nous a plutôt expliqué que 2026 pouvait continuer tout seul pendant que pilotes, ingénieurs, constructeurs et promoteurs s’installaient déjà en 2027. Les 850 arrivent, Pirelli aussi, Quartararo pense Honda, Bagnaia regarde Aprilia, Yamaha cherche encore sa moto et Liberty imagine même MotoGP et WorldSBK sous le même chapiteau. Le benêt a donc cherché le présent. Il ne l’a pas trouvé.

Post-it n°1 — Yamaha construit une moto pour apprendre à construire la suivante

Ramon Forcada a posé la question que le benêt n’osait plus poser : pourquoi développer un V4 1000 cc pour une seule saison alors que les 850 arrivent en 2027 ? Réponse : parce qu’il fallait bien apprendre quelque part.

Le problème est que Yamaha découvre une architecture que Ducati, Aprilia, Honda et KTM pratiquent depuis des années tout en devant déjà préparer sa descendante. Et Fabio Quartararo vient justement de raconter pourquoi il a attendu aussi longtemps. Il croyait réellement au projet.

Début 2025, trois poles consécutives, un podium à Jerez et cette victoire de Silverstone perdue sur problème mécanique pouvaient encore lui donner raison. Puis Yamaha a arrêté le développement de la moto pour basculer ses ressources vers le V4.

Fabio résume merveilleusement l’expérience : « Est-ce que ça a fonctionné ? Non. Mais je ne le regrette pas. » Honda l’attend désormais. Le chronomètre, lui, ne pratique pas la nostalgie.

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Post-it n°2 — Honda va tellement mal qu’elle commence à faire peur

Pendant que Yamaha explique pourquoi elle est en retard, Honda pratique une discipline beaucoup plus amusante : le retour sans prévenir personne. Les essais privés de sa 850 en Autriche ont produit des chronos officieux suffisamment étonnants pour que Sylvain Guintoli les trouve lui-même « un peu étranges ».

Pas de temps officiels. Programmes inconnus. Configurations différentes. Le benêt ne distribuera donc pas le titre 2027 en septembre 2026. Mais Michael Laverty rapporte cette phrase venue des ingénieurs : « Fabio Quartararo sur cette Honda sera une menace. »

Nous voici donc avec Quartararo quittant la dernière marque du championnat des constructeurs pour rejoindre une Honda elle-même en reconstruction… et son choix commence malgré tout à paraître de moins en moins extravagant. Il faut vraiment aimer ce sport.

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Post-it n°3 — Ducati perd Bagnaia… et certains lui conseillent d’ouvrir le vin

Francesco Bagnaia compte désormais les semaines. Deux titres, 31 victoires et six saisons dans l’équipe officielle Ducati : bientôt terminé. Peter Bom estime pourtant que Borgo Panigale pourrait « rire en silence derrière un verre de vin » lorsque Pecco rejoindra Aprilia.

Son raisonnement est brutal : même sans sensations, un double champion du monde sur une Ducati devrait terminer sixième ou septième. Sauf que Ducati a cherché. Beaucoup. Gigi Dall’Igna a reconnu avoir exploré jusqu’à des solutions techniquement peu rationnelles sans trouver l’explication permettant de rendre son Bagnaia à Bagnaia.

Alors Aprilia récupère-t-elle le pilote perdu de 2026 ? Ou celui qui a remporté deux championnats du monde ? On saura en 2027 si le verre de vin de Borgo Panigale devait accompagner un éclat de rire… ou quelques regrets.

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Post-it n°4 — KTM : hier on payait le carburant du camion, aujourd’hui on ne vend plus 1 %

Au plus fort de la crise KTM, Mat Oxley raconte que des membres du personnel MotoGP auraient dû utiliser leurs propres cartes bancaires pour mettre du carburant dans les camions parce que celles de l’entreprise étaient bloquées. Dix-huit mois plus tard, Pedro Acosta gagne en Autriche.

Et Gottfried Neumeister affirme désormais que KTM ne vendra « pas la moindre part » de son équipe MotoGP.

N’en déduisons pas que tous les problèmes financiers de Mattighofen se sont évaporés. Mais il existe tout de même une certaine distance entre : « Quelqu’un peut avancer le plein du camion ? » et : « Notre équipe MotoGP ? Pas même 1 % à vendre. » Le benêt appelle cela une amélioration de trésorerie.

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Post-it n°5 — MotoGP + Superbike : et si Liberty mettait tout le monde dans la même boîte ?

Voilà maintenant qu’une autre frontière commence à bouger. MotoGP et WorldSBK pourraient un jour partager le même circuit pendant le même week-end, avec Valence parmi les laboratoires envisagés. Rien n’est signé. Aucun Grand Prix commun n’est confirmé.

Et empiler Moto3, Moto2, MotoGP, Supersport, Superbike et tout ce que les deux paddocks savent encore inventer nécessiterait probablement des journées de 37 heures. Mais l’idée existe.

Après avoir recruté des dirigeants venus de la F1, de la NFL et de l’UFC, le nouvel univers MotoGP commence donc à réfléchir non seulement à ce qui roule sur la piste, mais à ce qu’un week-end moto peut devenir comme spectacle. Prototype d’un côté. Moto dérivée de série de l’autre. Même circuit. Même public. Et peut-être bientôt le même billet.

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Post-it n°6 — Petit détail : il reste quand même un championnat 2026 à terminer

Parce qu’à force de parler de demain, quelqu’un allait finir par oublier aujourd’hui. Le calendrier 2027 compte 22 Grands Prix. Les cinq premières courses auront lieu hors d’Europe. Les 850 arrivent. Pirelli arrive. Les dispositifs de correction d’assiette disparaissent. Quartararo va chez Honda. Bagnaia chez Aprilia. Acosta chez Ducati avec Marquez. Yamaha reconstruit tout. Honda prépare sa revanche. Liberty réfléchit déjà à rapprocher MotoGP et WorldSBK. Formidable.

Mais Jorge Martin possède douze points d’avance sur Marc Marquez et que personne n’est encore champion du monde 2026. Tout le paddock semble avoir déménagé dans le futur pendant que deux hommes ont encore le présent à régler.

Le benêt atypique vous laisse donc avec trois questions…

  • Honda est-elle réellement en avance avec sa 850, ou ses chronos privés disparaîtront-ils dès que chacun montrera son véritable jeu ?
  • Yamaha peut-elle transformer son apprentissage douloureux du V4 en avantage pour 2027 avant que Quartararo ne démontre chez Honda qu’il avait raison de partir ?
  • Et surtout, Martin et Marquez vont-ils réussir à rappeler à tout ce petit monde qu’avant de courir en 2027, il reste encore un champion du monde 2026 à désigner ?

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