F1
Publié le 27 septembre 2026 • 02:00 par Oléna Champlain

F1 – Briatore sermonne Ferrari : deux pilotes, un volant et la paix en option

Briatore juge la rivalité entre Hamilton - Leclerc tendue et appelle Ferrari à clarifier ses règles. Il défend le travail de Vasseur.

Flavio Briatore a observé Ferrari depuis l’autre côté de la barricade. Il connaît donc le spectacle : deux grands pilotes, une voiture rouge et, de temps à autre, une radio qui crépite assez fort pour couvrir le moteur. Son diagnostic sur Lewis Hamilton et Charles Leclerc tient en peu de mots : une « paire querelleuse », selon lui. Puis vient le rappel à l’ordre, adressé à Maranello avec la délicatesse d’un panneau « ne pas pousser son coéquipier dans les graviers » : la voiture appartient à l’équipe.

 Briatore rappelle à Hamilton et Leclerc que la Ferrari appartient d’abord à l’équipe.

Flavio Briatore a observé Ferrari depuis l’autre côté de la barricade. Son diagnostic sur Lewis Hamilton et Charles Leclerc tient en deux mots : une « paire querelleuse », selon ses propres termes. Puis vient le rappel à l’ordre, adressé à Maranello avec la délicatesse d’un panneau « ne pas pousser son coéquipier dans les graviers » : « la voiture appartient à l’équipe ».

L’image de la Ferrari le fait sourire : « l’amante que tout le monde voudrait avoir ». Mais Briatore assure n’avoir jamais été proche de Maranello et être toujours resté dans le camp d’en face. Une façon élégante de commenter les problèmes de la Scuderia sans avoir à gérer le prochain briefing du lundi matin. Il ne prétend d’ailleurs pas détenir la recette magique : pour prescrire, explique-t-il, il faudrait d’abord connaître le patient.

Monza, ou l’art délicat de rester coéquipiers

La sortie de Briatore arrive après un Grand Prix d’Italie particulièrement mal emballé pour Ferrari. Hamilton et Leclerc se sont retrouvés côte à côte dans la première chicane. Le Monégasque a ensuite reconnu : « Je suis allé trop loin au virage 2 », avant d’expliquer qu’ils avaient parlé de l’incident et clarifié la situation. Il voulait éviter qu’une manœuvre ne fissure leur relation.

Voilà une rivalité spectaculaire à l’écran, puis une conversation raisonnable après coup : décevant pour les amateurs de guerre civile, rassurant pour l’équipe.

L’incident avait pourtant déjà pris toute la place. Hamilton a dénoncé le manque de règles claires dans la gestion des pilotes et estimé que la responsabilité commençait « d’en haut », chez Vasseur.

Leclerc a, de son côté, assumé son erreur. Tous deux ont dit avoir réglé la question, mais la scène a relancé celle qui colle à Ferrari comme une pénalité mal digérée : comment faire courir deux pilotes de premier plan sans transformer chaque bataille en examen de gouvernance ?

Vasseur défend une réponse simple à formuler : Ferrari traite ses deux pilotes à égalité et ne désignera pas de numéro un tant que le championnat ne rendra pas ce choix nécessaire. Il affirme que des principes de course existent, même s’ils ne peuvent prévoir chaque centimètre d’une attaque. En somme, deux leaders, les mêmes chances et l’espoir que chacun se souvienne qu’il y a une autre voiture rouge dans le rétroviseur.

Briatore insiste, lui, sur la responsabilité envers l’équipe. Il ne veut pas voir un pilote pousser l’autre hors de la piste. C’est une règle assez élémentaire pour tenir sur un post-it, mais visiblement assez importante pour être répétée à voix haute après Monza. Le patron d’Alpine ne propose pas une révolution : il demande surtout que Ferrari rappelle où s’arrête la rivalité et où commence le travail collectif.

Ferrari compétitive, mais toujours un petit « mais »

Le constat de Briatore sur la Scuderia est plus grinçant que définitif. Ferrari est compétitive, dit-il, mais « il manque toujours quelque chose ». Cette petite chose, visiblement, a pris l’habitude de manquer au moment où elle serait le plus utile. Et le championnat ne se gagne pas dans le vide : les autres équipes ont, elles aussi, des pilotes, des voitures et une fâcheuse tendance à marquer des points.

Les qualifications de Bakou ont illustré ce mélange de potentiel et de frustration : Charles Leclerc a décroché la deuxième place, Lewis Hamilton la sixième. Ferrari avait donc une voiture dans les premières places, sans réussir à rivaliser avec la pole de George Russell. Être « compétitive » et prendre le contrôle du week-end ne sont décidément pas la même chose.

C’est là que l’avertissement de Briatore dépasse la petite pique sur la paire querelleuse. Il ne réduit pas les difficultés de Ferrari à une brouille entre pilotes. Le problème touche aussi à l’exécution, à la stratégie, au rythme de la voiture et à la capacité de convertir un potentiel en résultats. Se disputer peut coûter une position ; une organisation qui hésite peut en coûter plusieurs.

Et malgré son diagnostic, Briatore prend soin de défendre Vasseur : « les erreurs arrivent dans toutes les équipes ».

Ferrari n’a pas besoin de choisir entre ses pilotes à chaque virage, mais elle doit leur donner un cadre assez clair pour éviter que le prochain duel ne se termine en conférence de presse sur les règles du jeu.

À Maranello, la voiture appartient bien à l’équipe ; encore faut-il que les pilotes et le muret des stands roulent sur la même définition du mot « équipe ».