George Russell a remporté le Grand Prix d’Azerbaïdjan devant Max Verstappen, avec seulement un dixième de seconde d’écart à l’arrivée. Le Britannique avait pourtant semblé avoir la course en main pendant une bonne partie de l’épreuve. Puis Bakou a ressorti son menu habituel : accrochages, voiture de sécurité, pilotes éliminés et suspense servi jusqu’au dernier tour. Même le drapeau jaune a tenu à participer au final.

Russell gagne, Mercedes retrouve son patron
Onze dixièmes de seconde au bout d’une course hachée, sept abandons et Antonelli remonté jusqu’à la cinquième place.
Parti de la pole, Russell a conservé la tête au départ. Oscar Piastri a réussi à prendre la deuxième place devant Charles Leclerc, tandis que Lando Norris s’est hissé en troisième position. Max Verstappen, huitième sur la grille, a rapidement lancé sa remontée : il a dépassé Lewis Hamilton, puis Leclerc, avant de passer Isack Hadjar. Au sixième tour, le Néerlandais était déjà quatrième. Red Bull avait trouvé du rythme pendant la nuit ; ses rivaux, eux, venaient d’apprendre que le dimanche pouvait être long.
Les choix de pneus promettaient déjà quelques calculs mentaux dans les garages. Russell, Norris et Verstappen étaient partis en mediums, quand la plupart des pilotes de tête avaient choisi les tendres. La stratégie à un arrêt semblait être le scénario attendu, mais la course n’allait pas tarder à compliquer les tableaux Excel.
Verstappen s’est installé dans le groupe de tête, tandis que son coéquipier Hadjar se battait avec Leclerc. Le Français, de retour après sa blessure au poignet et trois courses manquées, a fini par dépasser la Ferrari et s’emparer de la troisième place. Le duo Red Bull s’est alors retrouvé aux troisième et quatrième rangs, avec Verstappen devant Hadjar. À la radio, ce dernier a demandé s’il pouvait attaquer son équipier. Réponse du muret : rester propre. On imagine que l’équipe espérait surtout éviter de transformer un bon résultat en réunion de crise.
Antonelli remonte, Aston Martin s’arrête
Kimi Antonelli, qualifié seulement seizième après son accident en qualifications, a d’abord reculé d’une place au départ. Il a ensuite commencé à remonter : Ocon, Albon, Bearman, puis d’autres concurrents ont fini par céder. Le pilote Mercedes s’est retrouvé dixième avant la mi-course, puis dans les points. La remontée était sérieuse ; la victoire depuis cette position, beaucoup moins probable.
Chez Aston Martin, la journée a pris une tournure nettement moins glorieuse. Lance Stroll a immobilisé sa voiture à la suite d’un problème mécanique, puis Fernando Alonso a également abandonné. Double abandon, week-end terminé : l’équipe a quitté la course avant que les stratégies ne deviennent vraiment intéressantes.
Devant, Russell creusait l’écart. Verstappen se plaignait du comportement de ses pneus mediums, tandis que Hadjar semblait parfois plus rapide que lui. Le Français a même demandé l’autorisation d’attaquer. Red Bull a maintenu les positions, choix prudent qui lui a évité un duel interne, mais qui n’a pas empêché Verstappen de rester dans la course à la victoire.
La voiture de sécurité remet les compteurs à zéro
La première grosse secousse est venue de Norris. Après un blocage de roue, le pilote McLaren a perdu du terrain et dû passer aux stands. Puis Alex Albon a percuté le mur, provoquant l’intervention de la voiture de sécurité. Russell avait alors une avance confortable ; la neutralisation l’a réduite à presque rien. Les pilotes en ont profité pour changer de pneus, et le peloton s’est regroupé. Le cadeau classique de la voiture de sécurité : elle ne choisit pas le vainqueur, elle remet simplement tout le monde assez près pour recommencer à s’inquiéter.
À la relance, Verstappen a dépassé Piastri et s’est retrouvé juste derrière Russell. Mais le redémarrage a surtout viré au carambolage dans le groupe suivant. Franco Colapinto a glissé dans son coéquipier Pierre Gasly ; la voiture d’Alpine a ensuite touché Norris, qui n’avait guère d’espace pour éviter l’accident. Le champion du monde en titre a abandonné, comme Gasly. Liam Lawson et Arvid Lindblad se sont également accrochés, mais les commissaires n’ont pas pris de mesure contre eux. Pour McLaren, le bilan était déjà assez cruel : Norris hors course, Piastri en difficulté, et plus personne pour transformer le week-end en résultat convaincant.
Piastri a ensuite bloqué ses roues en tentant de défendre sa position face à Hadjar et a perdu plusieurs places. Le voilà relégué hors des points, jusqu’à la quatorzième place à l’arrivée. Le pilote qui avait lancé la course en deuxième position a donc terminé derrière plusieurs voitures du milieu de peloton. La journée McLaren s’est achevée sur une impression de grand écart : un bon départ, puis une longue glissade vers le fond du classement.
Verstappen revient, Russell ne cède pas
Antonelli, lui, a continué sa remontée et dépassé Hamilton pour prendre la cinquième place. Il a ensuite subi des dégâts à son aileron, ce qui a compliqué sa progression. Cinquième après être parti seizième, le jeune Italien a tout de même limité les dégâts au championnat. Pas la remontée miracle de Monza, mais assez pour sauver une belle poignée de points — et éviter que Russell ne transforme cette victoire en opération encore plus douloureuse au classement.
À l’avant, Verstappen a réduit l’écart jusqu’à revenir dans la zone de menace. Russell n’a pas craqué. Le Néerlandais a raconté après la course que les pneus mediums avaient été difficiles à gérer et qu’il s’était rapproché après la relance, sans trouver l’ouverture. Il a terminé deuxième, à un souffle du vainqueur. Hadjar, lui, a décroché la troisième place et son premier podium obtenu au rythme de la course, selon ses propres mots. Retour de blessure, podium et coéquipier victorieux devant : Red Bull avait de quoi sourire, même si Verstappen aurait sans doute préféré échanger la deuxième marche contre la première.
Russell a résumé son succès en expliquant que Verstappen l’avait « presque eu sur la ligne ». La modestie est élégante ; le dixième d’écart, lui, donne surtout raison à la prudence. Le Britannique a livré une course maîtrisée, mais il a dû défendre jusqu’au bout. Et le dernier tour s’est terminé sous drapeau jaune après l’accident de Valtteri Bottas contre les barrières. Même le sprint final a donc dû composer avec une interruption.
Le classement : deux Red Bull sur le podium, sept abandons
Russell signe sa troisième victoire en Grand Prix cette saison, après l’Australie et l’Autriche. Son succès réduit l’écart avec Antonelli, toujours leader du championnat, mais la remontée du Britannique ne transforme pas encore la lutte interne en duel à égalité. Elle lui donne simplement une victoire de poids — et à son coéquipier une raison de regarder les prochains départs avec davantage d’attention.
Mercedes repart avec la victoire et la cinquième place d’Antonelli. Red Bull s’offre deux pilotes sur le podium. Ferrari place ses deux voitures dans les six premiers. Haas marque avec Ocon et Bearman ; Racing Bulls avec Lindblad ; Williams sauve un point grâce à Sainz. Audi place Hülkenberg et Bortoleto aux portes des points, tandis que McLaren, Alpine, Aston Martin et Cadillac terminent avec au moins un abandon. Une course complète, donc : presque toutes les équipes ont eu leur moment — certaines au classement, d’autres dans le bac à graviers.

📹 Así ha sido la AJUSTADÍSIMA entrada a meta de Max Verstappen y George Russell#F1 #AzerbaijanGP 🇦🇿pic.twitter.com/r1lgEubZGQ https://t.co/nIahEnePBh
— The Finish Line 🏁 (@TFinishLine_) September 26, 2026
there you go our baku winner, george russell 🙂↕️ pic.twitter.com/ntoy6CmUha
— ica(ssandra) russell (@grsslx) September 26, 2026








