Chez Ferrari, Lewis Hamilton n’attend pas la fin de la saison pour préparer la suivante. À peine le Grand Prix des États-Unis terminé, le Britannique a déjà les yeux tournés vers 2027. Et visiblement, le septuple champion du monde sait précisément ce qu’il souhaite trouver sous le capot de sa prochaine monoplace.

Une Ferrari qui tourne, mais qui ne file pas
À Austin, la Scuderia a pourtant montré des signes encourageants. Charles Leclerc s’est offert la deuxième place, tandis qu’Hamilton a terminé quatrième, à seulement 1,485 seconde de Max Verstappen. Un résultat honorable, certes, mais insuffisant pour une équipe qui ambitionne de renouer avec les victoires régulières.
Car le problème ne se situe pas nécessairement dans les virages. La SF-26 possède de solides qualités aérodynamiques. En revanche, dès que la piste s’allonge, les Ferrari regardent trop souvent leurs concurrentes s’éloigner. Une situation pour le moins embarrassante lorsqu’on porte le célèbre cheval cabré sur sa combinaison.
Le moteur, ce grand absent
Hamilton ne tourne pas autour du pot. Le déficit de puissance de Ferrari représente aujourd’hui l’un des principaux obstacles à ses ambitions.
À Austin, le Britannique avait déjà constaté en qualifications que les Mercedes et les Red Bull continuaient d’accélérer là où la Ferrari commençait à perdre du terrain. Le constat est d’autant plus frustrant que la SF-26 demeure compétitive dans les portions sinueuses. Ferrari a donc réussi une partie de son examen technique, mais semble avoir oublié quelques réponses essentielles dans les lignes droites.
Hamilton estime qu’en réduisant cet écart moteur, la Scuderia pourrait retrouver les moyens de disputer régulièrement la victoire. Encore faut-il que les ingénieurs de Maranello parviennent à transformer cette conviction en chevaux supplémentaires. Et surtout, sans sacrifier les qualités déjà acquises.
Quelques centièmes qui valent de l’or
Pour Hamilton, la préparation de 2027 ne nécessite pas de repartir d’une feuille blanche. Le septuple champion du monde considère que Ferrari dispose d’un ensemble globalement performant. L’objectif consiste plutôt à identifier les points faibles, à corriger les déséquilibres et à améliorer la vitesse de pointe. Le Britannique évoque notamment des gains possibles de cinq centièmes par virage. Une quantité presque dérisoire pour le commun des mortels. Mais sur un circuit comportant une quinzaine de courbes, ces petits bénéfices peuvent, théoriquement, représenter plusieurs dixièmes au tour. De quoi changer sensiblement la hiérarchie d’une grille où quelques millièmes séparent parfois plusieurs pilotes.
Hamilton travaille donc directement avec les ingénieurs chargés du développement de la future voiture. Ses observations portent notamment sur le châssis, le comportement aérodynamique et l’équilibre général. Les discussions ont commencé avant Austin et doivent se poursuivre lors des prochaines manches. Le calendrier impose désormais de trancher. Les orientations techniques choisies aujourd’hui détermineront les possibilités de développement de demain.
Austin, un avertissement supplémentaire
Le Grand Prix américain a également révélé un autre problème : l’exploitation des réglages. Hamilton a reconnu que sa voiture souffrait d’un important sous-virage pendant les deux premiers relais. Incapable d’inscrire correctement sa Ferrari dans plusieurs virages lents, il a perdu un temps précieux face à ses adversaires. Malgré les ajustements effectués lors des arrêts, le Britannique n’a retrouvé un équilibre satisfaisant qu’en fin de course. Une frustration supplémentaire puisque Leclerc, avec une configuration différente, parvenait à exploiter davantage le potentiel de la monoplace. Ferrari avait pourtant introduit à Austin plusieurs évolutions aérodynamiques, notamment autour du plancher, du diffuseur et des pontons.
Les nouveautés semblent avoir apporté des progrès, sans résoudre toutes les difficultés. Car disposer d’une voiture rapide ne suffit pas. Encore faut-il être capable d’en exploiter les qualités sur l’ensemble d’un week-end.
Hamilton veut peser sur les décisions
L’implication du Britannique dans le projet 2027 dépasse désormais son simple rôle de pilote. À 41 ans, Hamilton possède une expérience considérable du développement technique. Ses années chez Mercedes lui ont notamment permis de participer à plusieurs cycles de réglementation et de mesurer l’importance des choix effectués bien avant la présentation d’une monoplace. Il entend donc faire entendre sa voix au moment où Ferrari définit ses priorités. La démarche paraît logique. Après tout, recruter un septuple champion du monde pour lui demander uniquement de tenir un volant serait une manière assez originale de rentabiliser son salaire.
Reste que l’expérience ne garantit pas le succès.
Ferrari doit encore concilier puissance, efficacité aérodynamique, fiabilité et maîtrise de l’énergie, autant de paramètres indissociables des monoplaces actuelles. Le chantier est donc bien réel, même si Hamilton refuse de présenter la situation comme une catastrophe. La Scuderia possède une base solide. Elle doit désormais apprendre à exploiter pleinement ses qualités et à éliminer ses faiblesses.
À Maranello, le cheval cabré sait toujours prendre les virages. Pour 2027, Hamilton aimerait surtout qu’il retrouve l’envie de galoper.





