F1
Publié le 7 septembre 2026 • 01:00 par Oléna Champlain

F1 – La F1 sort les ciseaux : moins de kilomètres en 2027 pour faire rentrer le nouveau moteur dans le réservoir

La F1 prépare des Grands Prix raccourcis à 290 km en 2027. Une solution très pragmatique aux problèmes des nouveaux moteurs.

La F1 voulait des moteurs plus spectaculaires, moins dépendants de la batterie et davantage capables de laisser les pilotes attaquer. Elle aura finalement trouvé une solution d’une simplicité presque désarmante : si les voitures risquent de manquer de carburant, faisons-les rouler moins longtemps.

F1 : Les Grands Prix raccourcis dès 2027

Selon les informations initialement révélées par AutoRacer puis confirmées par plusieurs médias spécialisés, les onze écuries ont donné leur accord à une réduction d’environ 5 % de la distance des Grands Prix en 2027. Le standard actuel, fixé à un peu plus de 305 kilomètres, tomberait aux alentours de 290 kilomètres.

Une quinzaine de kilomètres qui disparaissent du dimanche. Pas de quoi transformer un Grand Prix en course sprint, évidemment. Mais suffisamment pour enlever généralement deux à trois tours, parfois davantage selon la longueur du circuit. Et surtout suffisamment pour illustrer le drôle de casse-tête dans lequel la réglementation moteur 2026 a plongé la F1.

Plus de moteur thermique… donc plus d’essence

Le cœur du problème se trouve sous le capot.

La génération F1 2026 avait accentué considérablement la contribution électrique du groupe propulseur. Mais les problèmes de gestion de l’énergie et le pilotage parfois contre-nature imposé par cette architecture ont rapidement poussé la FIA, la FOM, les motoristes et les équipes à revoir leur copie.

Dès juin, un accord avait été annoncé pour rééquilibrer progressivement la répartition entre thermique et électrique. En 2027, la contribution doit évoluer vers 58 % pour le moteur thermique et 42 % pour la partie électrique, avant un nouvel ajustement à 60/40 en 2028. Le débit énergétique du carburant doit également augmenter

Formidable sur le papier : davantage de thermique, moins de situations où une monoplace se retrouve à court d’énergie électrique en bout de ligne droite et, théoriquement, des pilotes pouvant davantage attaquer.

Petit détail cependant : un moteur thermique qui travaille davantage consomme davantage de carburant. Et c’est là que le joli projet technique commence à ressembler à une partie de Tetris.

Agrandir les réservoirs ? Beaucoup trop simple… et surtout beaucoup trop cher

Une première solution paraissait évidente : embarquer davantage de carburant.

Sauf que cela implique potentiellement d’augmenter le volume du réservoir, de modifier son implantation et donc de toucher au châssis. Pour des voitures dont certaines structures avaient été pensées pour être conservées en 2027, la plaisanterie devenait vite coûteuse.

Sans oublier l’autre obsession actuelle de la F1 : faire maigrir des monoplaces déjà jugées trop lourdes.

La solution retenue tient donc presque de l’équation d’écolier : plus de consommation + même quantité de carburant = moins de kilomètres.

The Race rapporte que les discussions avaient d’abord porté sur le raccourcissement de certains Grands Prix particulièrement critiques en matière d’énergie. Mais ce système à la carte risquait de créer des courses où l’économie de carburant deviendrait encore plus déterminante. Les équipes et la FIA ont donc préféré conserver une distance de référence commune.

305 km deviennent 290 : la F1 perd environ 5 %

Aujourd’hui, le règlement sportif impose normalement le plus petit nombre de tours permettant de dépasser 305 kilomètres. Monaco fait déjà exception avec une distance spécifique supérieure à 260 km En 2027, cette référence tomberait donc à environ 290 km.

Concrètement, les Grands Prix F1 perdraient généralement deux ou trois tours. Prenons justement Monza : le Grand Prix 2026 compte 53 tours pour 306,72 km. Avec une référence fixée à 290 km et le même tracé, il suffirait d’environ 51 tours pour franchir cette nouvelle limite. Deux tours envolés au Temple de la vitesse.

Et cela donne une saveur assez particulière à la réforme : pendant des années, la F1 a cherché comment ajouter du spectacle, des Sprints, des animations et des week-ends toujours plus remplis. En 2027, elle pourrait commencer par enlever quelques minutes du produit principal.

Monaco, encore l’exception… sauf si la FIA ressort les ciseaux

Le cas de Monaco mérite cependant une petite astérisque. AutoRacer, à l’origine de l’information, et The Race indiquent que Monaco conserverait son format spécifique, notamment parce que ses besoins énergétiques sont différents et que sa course ne suit déjà pas la référence des 305 km.

Autosport rapporte toutefois une version légèrement différente : selon ses informations, Monaco pourrait finalement être raccourci lui aussi. La raison de cette petite cacophonie est importante : la mesure n’est pas encore inscrite définitivement dans le règlement sportif 2027.

Les équipes ont donné leur feu vert au principe, mais le texte doit encore passer par le processus réglementaire de la F1, notamment la Commission F1, avant ratification par le Conseil mondial du sport automobile de la FIA

Autrement dit, les ciseaux sont sortis du tiroir, mais la FIA n’a pas encore signé le bon de découpe.

Une rustine pour 2027… vraiment provisoire ?

Voilà peut-être l’aspect le plus savoureux de l’affaire.

Selon The Race, cette réduction de distance serait pour l’instant envisagée pour 2027 seulement, comme mesure transitoire destinée à absorber les changements tardifs apportés aux groupes propulseurs. Mais son maintien au-delà n’est déjà pas exclu, notamment parce que le débit de carburant doit encore évoluer en 2028. Et chacun connaît la grande tradition de la Formule 1 : les solutions provisoires ont parfois une remarquable aptitude à prendre leurs aises.

Sur le plan technique, le raisonnement se défend. Réduire légèrement les distances permet d’éviter de reconstruire à grands frais certaines voitures, limite l’augmentation du poids de carburant et doit permettre aux pilotes de disposer d’une puissance thermique supérieure.

Mais en matière d’image, l’histoire est nettement plus ironique.

La F1 a créé une nouvelle réglementation moteur. Elle a découvert que celle-ci nécessitait rapidement des corrections. Elle augmente désormais le rôle du thermique pour réparer certains défauts… puis doit raccourcir les courses afin que les voitures disposent d’assez de carburant pour profiter de cette correction.

On appelait autrefois cela modifier un règlement. En Formule 1 moderne, cela ressemble de plus en plus à réparer le règlement suivant avant même d’avoir terminé d’exploiter le précédent.

Et à partir de 2027, le spectateur pourrait donc recevoir un produit inédit : davantage de puissance, davantage de thermique… mais un peu moins de Grand Prix.