F1
Publié le 7 septembre 2026 • 00:00 par Oléna Champlain

F1 – Leclerc encaisse 50G à Monza : Ferrari voulait faire vibrer les tifosi, c’est finalement le mur qui a frappé le plus fort

Leclerc va subir des examens complémentaires après son crash à 50G à Monza. Ferrari enquête aussi sur sa SF-26.

Monza devait être une fête rouge. Elle s’est achevée pour Charles Leclerc au centre médical, avec un choc mesuré à 50G, une vision momentanément perturbée à l’œil droit et des examens supplémentaires programmés avant Madrid. La bonne nouvelle est évidemment la plus importante : le Monégasque est sorti seul de sa Ferrari, les premiers contrôles médicaux n’ont révélé aucune blessure et il assure désormais aller bien. Mais après un impact d’une telle violence, Ferrari et Leclerc ne veulent prendre aucun risque. Le pilote doit encore passer plusieurs examens dimanche soir et lundi afin de confirmer qu’il pourra participer au prochain Grand Prix. ( Sportivement, en revanche, Ferrari peut difficilement habiller le dimanche en rouge vif : une SF-26 détruite après deux tours, Hamilton repoussé dans le gravier dès le départ puis seulement sixième à l’arrivée, et Antonelli vainqueur de “leur” Grand Prix avec une Mercedes. Il y a des dimanches où Monza pardonne peu. Celui-ci a carrément présenté la facture.

Leclerc rassure, mais passera encore des examens

50G : Leclerc s’en sort sans blessure grave

Fred Vasseur a confirmé après la course la violence de l’impact : environ 50G lorsque la Ferrari est venue frapper les protections à très haute vitesse à la Parabolica. Leclerc a immédiatement pu sortir de sa voiture et rejoindre les commissaires, avant d’être conduit au centre médical. Les examens effectués sur le circuit n’ont décelé aucune blessure nécessitant son hospitalisation et le pilote a pu rentrer chez lui. Mais le soulagement n’efface pas totalement l’inquiétude.

Leclerc a révélé qu’immédiatement après l’accident, sa vision de l’œil droit était momentanément altérée. Le phénomène s’est ensuite résorbé. Il ressent également quelques douleurs qu’il juge normales après un choc d’une telle intensité.

Il préfère donc prolonger les contrôles :

« J’aurai encore quelques examens supplémentaires. »

Son objectif est de s’assurer qu’il sera totalement apte pour Madrid. Leclerc estime que cela devrait être le cas, mais refuse logiquement de transformer un impact à 50G en simple bleu du dimanche.

Une perte de contrôle… et une Ferrari qui n’aurait pas répondu comme prévu

Reste maintenant la deuxième enquête, celle qui se déroule moins dans un cabinet médical que devant les écrans des ingénieurs de Maranello. Leclerc n’est pas encore en mesure d’expliquer précisément pourquoi sa SF-26 lui a échappé.

Au premier passage dans la Parabolica, il avait déjà ressenti quelque chose d’inhabituel au moment d’accélérer. Il avait alors relâché l’accélérateur avant de remettre les gaz. Au tour suivant, sous la pression d’Oscar Piastri, il tente une séquence comparable, mais la réponse de puissance lui paraît différente. La Ferrari décroche et Leclerc ne parvient plus à la récupérer. Le pilote refuse pour l’instant d’accuser la mécanique sans avoir étudié les données. C’est sage. Car annoncer un problème technique avant même que les ingénieurs aient ouvert la télémétrie serait probablement la seule manière de rendre le dimanche Ferrari encore plus compliqué.

234 km/h, Parabolica et plus aucune échappatoire

Les premières analyses disponibles situent la vitesse de la Ferrari à environ 234 km/h au moment où Leclerc perd définitivement le contrôle. La monoplace sort violemment de sa trajectoire et percute les protections, contraignant la direction de course à interrompre le Grand Prix. Il faut ensuite près d’une demi-heure pour réparer les barrières avant que la course ne puisse repartir. Leclerc n’avait alors même pas terminé deux tours. Pour Ferrari, le Grand Prix d’Italie venait pratiquement de se transformer en débriefing technique avant que la majorité du peloton ait eu le temps de salir ses pneus.

Et avant le mur, Ferrari avait déjà commencé à se compliquer la vie toute seule

Le plus cruel est que la course avait débuté dans une ambiance déjà tendue.

Leclerc, troisième sur la grille, et Lewis Hamilton, quatrième, se sont retrouvés côte à côte dès le premier virage. Hamilton tente l’intérieur, Leclerc défend et les deux Ferrari arrivent dangereusement proches l’une de l’autre. Le Britannique termine dans le gravier et dégringole dans le classement.

Après la course, Leclerc reconnaît lui-même que cette bataille était « beaucoup trop proche » pour deux équipiers.

Vasseur est encore moins enthousiaste : le patron de Ferrari annonce qu’une discussion aura lieu avec les deux pilotes, estimant qu’envoyer l’une de ses voitures vers la huitième place dès les premiers hectomètres n’était évidemment pas le meilleur moyen de lancer le Grand Prix à domicile.

Ferrari avait donc réussi un exploit assez remarquable : commencer à perdre son Grand Prix contre elle-même avant même que Leclerc ne le termine contre un mur.

Vasseur ne cache plus rien : « pire que prévu »

Et le crash n’est finalement qu’une partie du problème. Vasseur reconnaît que Ferrari savait Monza défavorable à la SF-26, mais que le week-end s’est révélé encore plus difficile que prévu. La principale faiblesse se situait dans les lignes droites : manque de vitesse de pointe, difficultés pour attaquer et impossibilité de conserver une position une fois dépassé.

La Scuderia avait pourtant placé Leclerc et Hamilton troisième et quatrième après la pénalité d’Oscar Piastri. De quoi faire rêver les tifosi quelques heures. Puis vint le dimanche : Leclerc dehors presque immédiatement. Hamilton envoyé dans le gravier, contraint de reconstruire sa course.

Et finalement une sixième place comme unique récolte Ferrari à Monza, tandis que Kimi Antonelli faisait exploser les tribunes en remportant le Grand Prix pour Mercedes. Le rouge était bien partout dans les tribunes. Simplement pas sur la première marche du podium.

Leclerc et Madrid : pas d’alarme, mais aucune imprudence

À ce stade, rien n’indique que Charles Leclerc devra renoncer au prochain Grand Prix. Il affirme que sa vision est revenue à la normale et se montre confiant sur sa présence à Madrid. Mais il ne se considère pas encore officiellement débarrassé du sujet médical : les examens complémentaires doivent confirmer que les conséquences du choc sont totalement résorbées. C’est probablement la seule approche raisonnable après 50G.

Ferrari, de son côté, doit mener une investigation différente : comprendre la variation de comportement évoquée par son pilote au niveau de la délivrance de puissance et déterminer si elle a joué un rôle dans l’accident. Leclerc doit donc obtenir le feu vert des médecins. La SF-26, elle, devra obtenir celui des ingénieurs.

Et après un Grand Prix d’Italie où Ferrari espérait redorer sa saison devant son public, la conclusion est presque cruelle : le résultat le plus important obtenu par Maranello à Monza n’est finalement ni un podium ni une victoire, mais celui inscrit sur le rapport médical de Charles Leclerc : aucune blessure grave.