F1
Publié le 5 septembre 2026 • 01:00 par Oléna Champlain

F1 – Hadjar joue les prolongations à l’infirmerie : Madrid se brouille, Bakou devient le nouveau point de mire

Hadjar reste immobilisé par son poignet et Madrid paraît compromis, Bakou devient vraisemblablement l'objectif désormais.

Isack Hadjar pensait probablement que la trêve estivale lui permettrait de recharger les batteries. Elle lui aura surtout offert une fracture du poignet, plusieurs Grands Prix devant la télévision et un feuilleton médical qui commence à s’étirer dangereusement dans le calendrier. Après avoir manqué Zandvoort, le Français est officiellement forfait pour Monza. Et désormais, sa participation au Grand Prix d’Espagne à Madrid, le week-end suivant, apparaît elle aussi très incertaine. Plusieurs informations circulant, évoquent même un scénario dans lequel Red Bull viserait plutôt Bakou, du 24 au 26 septembre, pour son retour au volant de la RB22. Attention toutefois : Red Bull n’a pas encore officiellement annoncé son forfait pour Madrid ni confirmé Bakou comme date ferme de retour. L’équipe se contente pour l’instant d’assurer que sa récupération progresse et qu’elle ne prendra « aucun risque inutile ». En clair : le chronomètre médical commande désormais davantage que celui du circuit.

 

Red Bull refuse de précipiter le retour de Hadjar

Zandvoort, Monza… et Madrid commence sérieusement à sentir le canapé

Hadjar s’est fracturé le poignet pendant la pause estivale, lors d’une séance de boxe à l’entraînement. La blessure l’avait immédiatement privé du Grand Prix des Pays-Bas, alors qu’il occupait une solide huitième place au championnat et restait sur une série de sept courses dans les points.

À Zandvoort, il assurait pourtant que la guérison avançait rapidement : plus d’inflammation importante, davantage de mobilité chaque jour et un véritable espoir d’être suffisamment remis pour Monza. Espoir recalé par le médecin.

Mercredi, Red Bull a confirmé que Liam Lawson conserverait la RB22 pour le Grand Prix d’Italie, l’équipe estimant qu’il était encore trop tôt pour remettre Hadjar dans une F1.

Et puisqu’il ne reste qu’une semaine entre Monza et Madrid, il devient assez logique de se demander quel miracle orthopédique permettrait au Français de passer de « pas suffisamment rétabli » à « prêt pour un week-end complet » en quelques jours.

Les poignets n’ont malheureusement pas encore adopté le format Sprint.

Madrid serait tout sauf une reprise tranquille

Le nouveau Grand Prix de Madrid est programmé du 11 au 13 septembre, soit seulement quelques jours après Monza, tandis que Bakou suivra deux semaines plus tard, du 24 au 26 septembre.

Ce calendrier explique pourquoi l’hypothèse Bakou prend de l’épaisseur. Sauter Madrid offrirait à Hadjar presque trois semaines supplémentaires avant de retrouver une monoplace en Azerbaïdjan. Et lorsqu’on parle d’un poignet fraîchement fracturé, trois semaines supplémentaires de consolidation et de rééducation ne sont pas exactement un détail.

D’autant que Red Bull a désormais répété noir sur blanc qu’elle ne voulait prendre « aucun risque inutile » avec son pilote.

Pour une structure régulièrement accusée d’avoir la patience d’un enfant devant une porte de magasin de bonbons avec ses jeunes pilotes, la prudence médicale mérite presque d’être encadrée.

Bakou comme objectif ? Plausible, mais pas encore gravé dans le carbone

Le message relayé ce jeudi affirme que l’entourage d’Hadjar et Red Bull viseraient un retour à Bakou. Le scénario est cohérent avec le calendrier et la durée de récupération.

Mais il faut conserver une nuance importante : les communications officielles disponibles aujourd’hui disent seulement qu’Hadjar poursuit sa rééducation et que Red Bull surveille son évolution. Elles ne donnent aucune date précise de retour. Même les dépêches annonçant son forfait à Monza présentent Madrid et Bakou comme les prochaines occasions possibles de revenir.

Donc Bakou constitue pour l’instant un horizon crédible, pas une réservation confirmée.

Et connaissant le niveau d’effort imposé aux mains et aux avant-bras par une Formule 1, Red Bull aura probablement davantage confiance dans les examens médicaux que dans le calendrier imprimé sur le frigo.

Lawson, lui, commence à prendre ses aises dans le mauvais garage

Le malheur d’Hadjar fait évidemment le bonheur d’un autre. Liam Lawson avait été rappelé dans l’urgence à Zandvoort pour retrouver une Red Bull qu’il connaissait surtout pour l’avoir quittée brutalement après deux courses en 2025. Le Néo-Zélandais s’en est remarquablement bien sorti : septième à l’arrivée, suffisamment convaincant pour que Red Bull reconduise exactement le même dispositif à Monza. Lawson reconnaissait d’ailleurs ce jeudi avoir passé les derniers jours à préparer simultanément deux voitures différentes, ne sachant pas encore avec certitude s’il piloterait la Red Bull ou sa Racing Bulls. Il souligne que les deux monoplaces proposent des équilibres, une direction et des sensations sensiblement différents. Le garçon avait donc deux programmes de préparation.

Une situation parfaitement normale dans l’univers Red Bull, où connaître la voiture que l’on pilotera vendredi semble parfois être une information facultative.

Et Tsunoda récupère encore les clés

Le jeu des chaises musicales continue évidemment à l’étage inférieur. Puisque Lawson remplace Hadjar, Yuki Tsunoda reprend une nouvelle fois le volant de Racing Bulls, aux côtés d’Arvid Lindblad. Le Japonais avait déjà effectué son retour à Zandvoort après avoir perdu son baquet permanent fin 2025. Si Hadjar manque effectivement Madrid, le même dispositif serait naturellement le plus simple à prolonger. Lawson chez Red Bull.Tsunoda chez Racing Bulls. Hadjar en récupération. À force, les badges d’accès pourraient rester imprimés. Et pour Lawson comme Tsunoda, chaque week-end supplémentaire ressemble de plus en plus à une audition improvisée pour 2027.

Hadjar paie cher une séance de boxe

Il y a évidemment une ironie cruelle dans toute l’histoire. Hadjar effectuait jusque-là une excellente première saison chez Red Bull. Il occupait la huitième place du championnat avec 68 points avant sa blessure et s’était montré suffisamment régulier pour transformer progressivement le fameux deuxième baquet Red Bull en poste presque normal. Puis une séance d’entraînement hors circuit a tout interrompu. Pas un mur à Monaco. Pas un contact à 300 km/h. Pas une panne mécanique. Une séance de boxe pendant les vacances.

On imagine que le prochain programme d’entraînement physique distribué par Milton Keynes comportera une petite ligne supplémentaire : « Cardio : oui. Musculation : oui. Boxe : on en reparle en décembre. »

Mais Red Bull a raison de ne surtout pas jouer au héros

La tentation de revenir rapidement est forcément énorme. Hadjar perd du temps de piste. Lawson occupe son baquet. Le championnat avance. Et Madrid représente une nouvelle course très médiatisée qu’un jeune pilote n’a aucune envie de regarder depuis le garage. Mais un retour prématuré serait probablement la pire décision.

Une F1 transmet des charges importantes dans le volant, avec de violents mouvements lors des passages sur les vibreurs, des corrections rapides et plusieurs centaines de changements de direction pendant un week-end. Une guérison incomplète pourrait transformer quelques jours gagnés en plusieurs semaines perdues.

Red Bull l’a compris.

Et pour une fois, la meilleure stratégie consiste peut-être justement à ne pas faire courir son pilote.

Madrid attendra peut-être, Bakou aussi si nécessaire

À cet instant, une seule chose est certaine : Hadjar ne pilotera pas à Monza. Madrid est désormais sérieusement menacé. Bakou apparaît comme une fenêtre de retour beaucoup plus confortable. Mais aucune des deux décisions suivantes n’est encore officielle. C’est donc le poignet d’Hadjar, et non Red Bull, qui possède pour l’instant le dernier mot. L’équipe avait passé des années à chercher quelqu’un capable de survivre au baquet situé à côté de Max Verstappen.

Elle l’avait peut-être enfin trouvé.

Personne n’avait prévu que le véritable adversaire d’Isack Hadjar serait finalement… un sac de frappe.