Dans l’affaire qui oppose le team Moto3 Leopard Racing aux Commissaires FIM MotoGP, l’étape suivante semble se diriger vers le TAS (Tribunal Arbitral du Sport) après le rejet de l’appel fait l’équipe luxembourgeoise.
Après inspection technique, il s’est avéré que les scellés des moteurs #810 et #811 d’Adrian Fernandez ont été altérés.
Rappel des faits :
1
/ Pas de chance !
En fait, à l’issue du Grand Prix de France 2026, Honda a demandé
que les scellés soient retirés du premier groupe de moteurs de ses
pilotes, ceux-ci étant arrivés à la fin de leur durée de vie. Lors
du retrait des scellés sur l’ensemble des moteurs, il a été
constaté que les fils de scellement du moteur n°810 n’étaient pas
conformes à la procédure standard de câblage. Le Directeur
Technique et son personnel ont donc procédé à une inspection plus
approfondie des autocollants de scellement du moteur qui, selon
eux, présentaient également des signes d’altération.
Par conséquent, sur la base des constatations du Directeur
Technique concernant les scellés et du rapport officiel du
constructeur moteur, il a été établi que le moteur n°810, qui avait
été utilisé en Thaïlande, Brésil, États-Unis et Espagne, avait
été ouvert sans autorisation.
Conformément à l’article 2.6.3.3.13(c), un moteur dont les scellés
de sécurité sont endommagés, altérés ou manquants est considéré
comme ayant été reconstruit et doit être traité comme un nouveau
moteur dans l’allocation du pilote.
2
/ L’affaire se corse…
À l’issue du Grand Prix d’Italie
2026, certains moteurs ont été demandés à l’équipe afin qu’ils
puissent être examinés pour déterminer s’ils étaient conformes au
Règlement du Championnat du monde FIM Moto3™.
Une fois retirés, les moteurs ont été inspectés par le constructeur
afin de confirmer l’état des scellés au moment où ils avaient été
remis par l’équipe. Au cours de ce processus, il a été constaté que
les fils de scellement ainsi que les autocollants de scellement du
moteur n°811, utilisé en France et en Catalogne, présentaient des
traces de manipulation.
Le moteur n°811 a été transporté jusqu’à l’épreuve suivante sous la
supervision du Contrôle Technique.
Le matin du mercredi 3 juin 2026, le moteur n°811 a été ouvert par
le constructeur moteur pour inspection, sous la supervision du
Directeur Technique.
Au cours de cette procédure, le constructeur moteur a
identifié diverses anomalies indiquant que le moteur n°811 avait
été modifié et, par conséquent, ouvert.
Par conséquent, sur la base des constatations du Directeur
Technique concernant les scellés et du rapport officiel du
constructeur moteur, il a été établi que le moteur n°811 avait été
ouvert sans autorisation.
Cela constitue une infraction à l’article 2.6.3.3 du Règlement du
Championnat du monde FIM Grand Prix concernant la durabilité des
moteurs de la catégorie Moto3™, ainsi qu’à l’article 3.3.2.2 (tout
acte de corruption ou de fraude, ou toute action préjudiciable aux
intérêts des épreuves ou du sport, commis par une personne ou un
groupe de personnes au cours d’un événement).
3
/ La sanction
Ne retenant finalement que le bris des
scellés malgré le moteur n°811 impropre à toute utilisation
ultérieure, plusieurs composants étant dans un état incompatible
avec la compétition, les Commissaires MotoGP de la FIM ont convoqué
l’équipe en Hongrie et ont disqualifié la moto d’Adrian
Fernandez pour les six Grands Prix concernés.
4 / Leopard Racing fait appel
L’équipe Leopard
Racing a déposé un appel écrit le 5 juin 2026 à 13h25 auprès des
commissaires d’appel, accompagné du dépôt d’appel de 1 320 euros
(garantie IRTA).
Les audiences se sont tenues de 15h00 à 17h45, en présence de
l’équipe Leopard Racing représentée par Christian Lundberg et
Didier Lambert, des deux commissaires d’appel de la FIM, du
Directeur technique et personnel technique (Danny Aldrige et
Charlie Kirk), de Noriyuki Shimizu mandaté par Honda, et des
Commissaires MotoGP de la FIM (Simon Crafar, Andres Somolinos,
Tamara Matko).
L’équipe n’a pas été en mesure de fournir une explication solide
concernant l’état des scellés de sécurité et les preuves montrant
qu’une intervention intrusive avait été effectuée à l’intérieur du
moteur.
La décision initiale de disqualification a donc été confirmée, et
l’appel rejeté.
5 / Leopard Racing communique…
Le team Leopard clame à
l’injustice, et annonce avoir déjà engagé une procédure pour se
défendre.
« L’équipe conteste
respectueusement les conclusions auxquelles il a été abouti et
confirme avoir déjà engagé toutes les procédures prévues par la
réglementation applicable afin de protéger ses droits ainsi que
ceux de son pilote, tout en évaluant, avec ses conseils juridiques,
les prochaines démarches à entreprendre.
Leopard Racing a toujours agi dans le plein respect des
règlements techniques et sportifs du Championnat du monde Moto3™ et
rejette fermement toute suggestion selon laquelle un moteur aurait
été ouvert ou modifié sans autorisation.
Il est également souligné que les inspections techniques
réalisées sur quatre moteurs n’ont révélé aucun composant illégal,
aucune modification destinée à améliorer les performances, aucune
pièce non conforme ni aucun élément technique contraire au
règlement Moto3™. »
La seule procédure possible
semblerait maintenant consister à déposer un recours auprès du
TAS (Tribunal Arbitral du Sport), une
organisation indépendante chargée de résoudre les litiges sportifs
dans le monde entier.
C’est ce qu’avait fait (inutilement) Andrea
Iannone en 2020, mais la démarche est longue et confirme
souvent les décisions initiales… et surtout, depuis 2025, la FIM ne
reconnait plus le TAS (sauf pour des affaires concernant le
dopage). La structure d’appel serait donc la CAI (Cour
d’Appel Internationale) de la FIM.
Mais là, contrairement au TAS qui diffuse une liste des procédures
en cours, la structure étant totalement indépendante, il est
impossible de savoir si un appel a été déposé .
En attendant, le pauvre Adrian Fernandez ne conserve que les 13 points marqués au Mugello, alors qu’il occupait la deuxième place du championnat…
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