F1
Publié le 22 juillet 2026 • 00:45 par Oléna Champlain

F1 : McLaren en pleine fuite en avant ? La MCL40 passe encore au bloc opératoire avant la Hongrie

McLaren débarque au GP de Hongrie avec des nouveautés. Une simple évolution ou le signe que la MCL40 n'a toujours pas trouvé son équilibre ?

McLaren refuse de ralentir le rythme. Alors que plusieurs équipes commencent déjà à partager leurs ressources entre la saison actuelle et la future réglementation, l’écurie de Woking continue d’apporter des nouveautés quasiment à chaque Grand Prix.

McLaren améliore-t-elle sa voiture… ou corrige-t-elle ses erreurs ?

Après avoir testé une aile arrière inédite lors des essais libres en Autriche, McLaren arrive désormais au Hungaroring avec un important package aérodynamique centré sur le fond plat, la pièce la plus sensible des monoplaces à effet de sol. L’aileron arrière expérimental sera également de retour durant les essais libres, tandis que le champion de Formule 2 Leonardo Fornaroli prendra le volant de la voiture d’Oscar Piastri afin de récolter un maximum de données.

Cette stratégie traduit une volonté assumée de poursuivre le développement sans relâche. Comme l’explique Neil Houldey, directeur de l’ingénierie appliquée de McLaren :

« Nous continuons à rechercher chaque opportunité de gagner du temps au tour grâce à notre programme de développement tout au long de la saison. » Une déclaration qui confirme que l’équipe estime avoir encore du potentiel à exploiter.

Pourtant, cette avalanche d’évolutions soulève aussi quelques interrogations.

Si la MCL40 était réellement aussi aboutie qu’annoncé il y a quelques mois, pourquoi ressentir le besoin de modifier aussi régulièrement ses éléments aérodynamiques ? Entre les nouveaux fonds plats, les essais d’ailes arrière, les ajustements de suspension et les optimisations successives, McLaren donne parfois l’impression de chercher la recette parfaite… sans encore l’avoir trouvée.

L’ironie est d’autant plus frappante que l’équipe continue de présenter chaque nouveauté comme une simple optimisation. Mais lorsque les mises à jour deviennent permanentes, certains observateurs peuvent légitimement se demander si McLaren améliore une excellente monoplace… ou tente simplement de corriger des faiblesses découvertes au fil des week-ends.

Oscar Piastri lui-même avait d’ailleurs tempéré les attentes concernant la nouvelle aile arrière testée en Autriche.

« Nous ne la ferons pas courir. C’est simplement un élément destiné aux essais pour le moment », avait-il expliqué, laissant entendre que cette pièce est encore loin d’être validée pour la compétition.

Le choix du Hungaroring n’a rien d’un hasard. Avec ses nombreux virages lents et moyens, le circuit hongrois constitue l’un des meilleurs laboratoires pour mesurer l’efficacité d’un nouveau fond plat. Si les simulations de McLaren sont correctes, les gains devraient immédiatement apparaître dans les secteurs les plus techniques du tracé.

À l’inverse, si l’équipe repart une nouvelle fois avec des kilomètres de peinture fluorescente sur la carrosserie, des capteurs supplémentaires et une longue liste de réglages à revoir, les critiques risquent de se faire plus insistantes.

Car au fond, une question demeure : McLaren perfectionne-t-elle une voiture déjà capable de jouer les premiers rôles… ou cherche-t-elle encore désespérément le bon équilibre ?

Le Grand Prix de Hongrie devrait apporter un premier élément de réponse. Et dans un championnat où Ferrari, Mercedes et Red Bull continuent eux aussi d’introduire de nouvelles pièces, chaque évolution qui ne produit pas immédiatement les résultats attendus pourrait coûter très cher dans la lutte pour les titres.