En marge des conférences de presse officielles diffusées dans le monde entier par le site MotoGP.com, comme celle à l’issue du Grand Prix d’Allemagne sur le circuit du Sachsenring qui a réuni Marc Marquez, Ai Ogura et Raul Fernandez, les pilotes se retrouvent ensuite souvent avec les journalistes de leur pays, pour un débriefing aux propos parfois moins formatés, plus personnels…
A l’aube de la pause estivale, nous avons pensé qu’il pouvait être intéressant de reporter ceux de Marc Marquez en espagnol, qui fait maintenant figure de favori pour le championnat, après une remontée météorique.
Comme à notre habitude, nous reportons ici en intégralité ses paroles sans la moindre mise en forme, même si cela est traduit de l’espagnol. MotoGP Allemagne Marc Marquez MotoGP Allemagne Marc Marquez
🎤 Félicitations Marc Marquez ! Encore une fois, «
Monsieur 37 points » en Allemagne. C’était le week-end où il
fallait absolument réussir, et vous l’avez fait. Personnellement,
je trouve presque plus important d’avoir répondu présent au moment
où il le fallait que la victoire elle-même.
Marc Marquez : « Oui, et je ne me suis pas caché
jeudi. J’avais dit que si je voulais garder la moindre chance de me
battre pour le championnat, il fallait être au rendez-vous ici.
Il y aura des circuits où il faudra souffrir, comme ce fut le cas à
Assen, mais ici, il fallait répondre présent.
Si tu veux encore espérer quelque chose dans ce championnat, tu
devais faire le travail.
Et nous l’avons fait parfaitement, avec une très bonne note… même
la note maximale, je dirais. »
🎤 Après l’Italie,
il y a seulement quatre courses, vous comptiez 102 points de retard
sur le leader. Aujourd’hui, vous n’êtes plus qu’à 18 points, et
vous avez même repris quatre points à Bezzecchi, qui était leader.
Finalement, ceux qui croyaient encore au titre de Marc Márquez
n’étaient peut-être pas si fous…
« Oui… la vérité,
c’est que nous sommes pleinement revenus dans le jeu.
Je ne dirais pas encore que nous sommes en pleine lutte pour le
titre, parce que la remontée n’est pas terminée : je suis encore à
18 points.
Nous devons continuer à travailler avec la même intensité. Il reste
encore 11 Grands Prix.
On a vu tout ce qui s’est passé durant les onze premières courses…
et beaucoup de choses peuvent encore arriver lors des onze
suivantes.
🎤 Parlez-nous de
votre course…
« Je suis content parce que je l’ai gérée exactement comme je le
voulais. J’ai même failli tomber… enfin, ne me portez pas la poisse
maintenant ! (rires)
Nous avons contrôlé la course comme nous l’avions prévu.
J’ai eu un petit moment de doute avec le pneu avant. J’ai commencé
à sentir quelques mouvements inhabituels, et comme on avait vu
beaucoup de chutes liées à l’avant, j’ai préféré ralentir un peu
pour comprendre ce qui se passait.
Ensuite, lors de notre deuxième accélération, nous avons pu creuser
l’écart.
Je serais totalement heureux si Álex avait été sur ce podium. Il le
méritait vraiment. Il roulait très vite malgré un week-end
compliqué.
Après avoir vu tout le travail qu’il a accompli depuis sa chute en
Catalogne, je pense sincèrement qu’il méritait ce podium. Mais il a
déjà pu goûter au podium hier lors du Sprint, et je suis convaincu
qu’il retrouvera très vite le podium d’un Grand Prix le dimanche.
»
🎤 Nous avions
l’impression que vous suiviez un plan parfaitement défini. Sur les
quatre derniers Grands Prix, vous avez inscrit 119 points sur 148
possibles. Avez-vous le sentiment d’avoir désormais passé la partie
la plus difficile de votre saison ?
« J’ai toujours eu
un plan… Mais cette fois-ci, non.
Parce qu’un plan ne peut être exécuté que lorsqu’il dépend de toi,
et cette remontée ne dépendait pas uniquement de moi.
Je pouvais faire tous les calculs possibles : même en remportant
toutes les courses, si le leader terminait deuxième à chaque fois,
il me battait quand même.
Donc cela ne dépendait plus seulement de moi. »
🎤 Mais il était
impossible qu’il termine deuxième à chaque course…
« Exactement. Et il était tout aussi impossible que je gagne toutes
les courses. »
🎤 Était-ce
finalement plus réaliste que le scénario inverse ?
« Non. Quand un plan n’est pas entre tes mains, tu ne peux pas
vraiment le contrôler. Alors je me contente de donner mon maximum
lorsque le moment l’exige.
Si je suis aujourd’hui dans cette position, c’est aussi parce que
mes adversaires ont commis des erreurs.
Bien sûr, j’ai très bien roulé, j’ai gagné des courses… Mais je
n’ai rien fait d’extraordinaire.
J’ai simplement très bien fait mon travail. »
🎤 Beaucoup de
personnes pensaient que tout cela faisait partie de votre
stratégie. Jeudi, nous parlions de Rafael Nadal, de Messi… et
aujourd’hui, on retrouve un peu ce même type de
trajectoire…
« Je ne me comparerai jamais à des noms
d’un tel niveau. En revanche, j’essaie de m’en
inspirer. Rafael Nadal a toujours été l’une de mes
références.
Je n’ai d’ailleurs pas encore regardé son documentaire. Je le
ferai lorsque la saison sera terminée. J’en ai très envie,
mais pour l’instant je ne suis pas prêt mentalement à le regarder,
parce que je sais qu’il raconte énormément de souffrance.
En revanche, j’en ai vu quelques extraits. Je ne sais plus si
c’était dans le documentaire ou lors d’une interview, mais Nadal
disait une chose qui m’a marqué : « Quand tu traverses une mauvaise période, ton 100
% reste ton 100 % du moment. Certains jours il sera plus élevé,
d’autres moins, mais tu dois toujours chercher à donner ce maximum.
»
C’est exactement ce que j’essaie de faire chaque jour,
chercher mon propre 100 %.
Et surtout respecter les jours de repos. Avant, je ne le
faisais jamais et cela ne posait aucun problème. Aujourd’hui, je
suis obligé de le faire. Je ne peux plus enchaîner plusieurs
grosses séances de musculation d’affilée.
Je dois doser mes efforts, car c’est ainsi que je progresse. »
🎤 Dans ce
documentaire, Nadal explique aussi qu’après avoir perdu un point,
il aborde immédiatement le suivant comme s’il s’agissait du
premier, sans rester obsédé par celui qu’il vient de
perdre…
« Oui. Il y a des sportifs qui ne savent pas fonctionner à 50 %, et
je fais partie de ceux-là.
Avec l’expérience, j’ai appris progressivement à mieux gérer cela.
Mais quand tu donnes vraiment 100 %, lorsque ton adversaire te
pousse dans tes retranchements, tu arrives à sortir des choses que
toi-même tu ne soupçonnais pas.
C’est précisément dans ces moments de forte pression qu’il faut
savoir garder le contrôle.
Dix victoires en MotoGP au Sachsenring… C’est quelque chose de très
spécial.
Nous avons énormément apprécié chacune de ces victoires et j’espère
pouvoir en ajouter d’autres. »
🎤 Un pronostic
pour Espagne – France ?
« Espagne ! Ce sera difficile, mais l’Espagne va gagner. J’y
mettrais un pied au feu… une main non, mais un pied ! »
(rires)
🎤 Et la finale
?
« Il faut y croire, non ? On dit toujours qu’il faut croire ! Alors
croyons-y.
Plus sérieusement, ce sera un match compliqué, très disputé. Mais
je pense que l’équipe que nous avons peut compenser le talent de
l’adversaire. »
🎤 Et pour la
finale de la Coupe du monde : Angleterre ou Argentine
?
« Argentine… Argentine, Argentine ! Boludo ! » (rires)



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