Le Sprint du Grand Prix MotoGP des Pays-Bas à Assen a livré un verdict sans appel : Aprilia règne cette année en maître sur le TT Circuit et l’interdiction du Start Device, pour la première fois depuis son utilisation généralisée, n’y a rien changé. Avec un quadruplé historique en qualification et un doublé en course, la marque de Noale a signé une démonstration de force.
Pourtant, derrière ce succès retentissant, les dynamiques internes réservent leur lot de surprises. Décryptage des forces en présence…
Si Aprilia a placé ses quatre RS-GP aux quatre premières places de la grille de départ, un exploit inédit en MotoGP, et en course les quatre motos ont verrouillé les quatre premières positions en début de parcours, la hiérarchie attendue a ensuite volé en éclats.
Trackhouse Aprilia humilie l’équipe usine.
Raúl Fernández (SuperFile Trackhouse MotoGP Team), parti quatrième, s’est imposé devant son coéquipier Ai Ogura (SuperFile Trackhouse MotoGP Team) pour offrir au team américain son premier doublé en sprint. Une performance d’autant plus remarquable que Fernandez courait dix jours seulement après une crise d’appendicite.
L’équipe usine, elle, a déçu. Marco Bezzecchi (Aprilia Racing) (4e) et Jorge Martín (Aprilia Racing) (5e), partis en première ligne, ont vu leurs satellites leur passer devant. Jorge Martin, auteur de la pole position, a rapidement perdu du terrain après une erreur au virage 5. Marco Bezzecchi, victime d’un mauvais départ, a admis avoir « manqué de feeling dans les premiers tours ».
« Si vous aviez dû désigner un vainqueur parmi les quatre Aprilia, vous n’auriez pas choisi Fernandez. » a dit sans ambages Neil Hodgson, consultant TNT Sports. Ce n’est pas faux…
Cette contre-performance interpelle. L’équipe usine dispose pourtant du même matériel que Trackhouse. La différence s’est jouée dans la gestion de course et la confiance des pilotes. Un signal d’alarme pour Marco Bezzecchi, qui a perdu du temps à se chamailler avec son coéquipier espagnol qui, lui, joue d’autant plus clairement sa propre carte qu’il est en lice pour le titre et ne sera plus chez Aprilia l’an prochain.
On ne peut pas reprocher aux hommes de Noale de laisser leurs pilotes se battre entre eux. Mais cette fois ils en ont payé le prix… pour le plus grand plaisir de Marc Márquez (Ducati Lenovo Team).
Ducati en retrait mais à l’affût
Ducati relégué à un inhabituel second rôle sur un tracé où les
Aprilia sont nettement supérieures, le champion du monde en titre a
pu limiter les dégâts au maximum, ne concédant que 2 points
supplémentaires au leader du classement général.
Il a même eu la chance de bénéficier de la petite pénalité infligée
à son coéquipier Francesco Bagnaia (Ducati Lenovo Team)…
Le rôle de porte-étendard de Borgo Panigale revient toutefois une fois de plus au solide et régulier Fabio Di Giannantonio (Pertamina Enduro VR46 Racing Team), parti 6e, qui a joué les trouble-fêtes en se mêlant à la meute des Aprilia. Il a même occupé la deuxième place pendant plusieurs tours avant de céder face à Ai Ogura. « Être dans le mix, essayer d’être proche de Raul pour la victoire et finir sur le podium, c’est une grande réussite », a-t-il déclaré. Il a également souligné la supériorité des Aprilia dans les courbes rapides, où elles « utilisent moins le pneu arrière »
KTM à moitié
Chez KTM, c’est encore une fois le verre à moitié plein:
Mattighofen a placé deux RC16 dans les points, Enea Bastianini (Red Bull KTM
Tech3) 8e, Pedro Acosta (Red Bull KTM Factory Racing) 9e,
un résultat correct mais qui cache des difficultés techniques
récurrentes.
Pedro Acosta a connu une matinée
cauchemardesque avec deux problèmes mécaniques. Il a ensuite commis une erreur au début du Sprint, sortant
large et chutant à la 15e place avant de
remonter. « Je
ne suis pas arrivé préparé à la course sprint parce que je n’avais
fait que 10 tours », a-t-il
déploré.
Enea Bastianini, plus régulier, a tenté de
s’immiscer dans le groupe de tête sans y
parvenir. KTM
occupe néanmoins la troisième place au championnat constructeurs
avec 165 points, loin devant Honda et Yamaha.
Les Japonais à la peine
Les deux géants
nippons poursuivent leur traversée du désert, malgré les efforts
constants de leurs pilotes.
Chez Honda, le rookie Diogo Moreira (Pro Honda LCR) prend
chaque fois de l’épaisseur et surprend agréablement. Il apprend
vite, très vite, et récolte les fruits des trop nombreuses chutes
de Joan Mir (Honda HRC Castrol)…
qu’il précède au championnat !
Chez Yamaha, Fabio Quartararo (Monster Energy
Yamaha MotoGP) termine 10e et continue d’être le
seul patron, malgré son départ presque annoncé en fin de
saison…
Le résumé du Sprint :
Classement du Sprint du Grand Prix des Pays-Bas à Assen :

En attendant d’en découvrir davantage, au moment où les 22 pilotes se préparent sous un ciel limpide après les orages nocturnes, avec des températures moins chaudes de 25° dans l’air et 29° au sol pour cette séance d’essais libres de 10 minutes, profitons de ces quelques moments de direct grâce au site officiel MotoGP.com :
Les présentations faites, terminons par le tableau qui résume les faits connus jusque-là.
|
MotoGP™ Pays-Bas, Assen |
2025 |
2026 |
| FP1 | 1’32.216 Marc Marquez (Voir ici) | 1’32.311 Marco Bezzecchi (Voir ici) |
| Practice | 1’31.156 Fabio Quartararo (Voir ici) | 1’31.123 Marco Bezzecchi (Voir ici) |
| FP2 | 1’31.876 Fabio Quartararo (Voir ici) | 1’31.611 Marco Bezzecchi (Voir ici) |
| Q1 | 1’31.517 Raul Fernandez (Voir ici) | 1’31.271 Fabio Quartararo (Voir ici) |
| Q2 | 11’31.651 Fabio Quartararo (Voir ici) | 1’30.812 Jorge Martin (Voir ici) |
| Sprint | Marc Marquez, Alex Marquez, Marco Bezzecchi (Voir ici) | R. Fernandez, Ogura, Di Giannantonio (Voir ici) |
| Warm Up | 1’31.874 Alex Marquez (Voir ici) | 1’31.955 Marco Bezzecchi (Voir ici) |
| Grand Prix | Marc Marquez, Marco Bezzecchi Francesco Bagnaia (Voir ici) | (Voir ici) |
| Record | 1’30.540 Francesco Bagnaia 2024 (Voir ici) |
MotoGP Assen Warm up MotoGP Assen Warm up MotoGP Assen Warm up































