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La conférence qui s’est tenue à l’issue du Grand Prix d’Australie a réuni Marc Márquez, Cal Crutchlow et Jack Miller.

Comme à notre habitude, nous reportons ici les propos bruts de Marc Márquez, sans la moindre interprétation journalistique.


Marc, quelle victoire fantastique ! Vous devenez le pilote Honda le plus victorieux de l’histoire avec cette 55e victoire en catégorie reine. Victoire brillante qui s’est encore jouée dans le dernier tour. Racontez-nous…

Marc Márquez : « oui, c’était incroyable ! Une victoire incroyable car nous n’étions pas là le plus rapide sur le circuit. Maverick était plus rapide que nous, et je l’attendais : je savais que c’était mon objectif, je savais qu’il allait arriver. Je savais qu’il n’était pas très bien parti mais je l’attendais, je l’attendais, et quand il m’a doublé, je l’ai juste repassé pour essayer d’être là, en deuxième position, car je savais qu’il allait attaquer très fort quand il aurait doublé Cal. Et c’est exactement ce qu’il a fait. Il a fait un dépassement affirmé sur Cal et c’était ma seule chance, car si lors de ce tour il créait un écart d’une demi-seconde ou plus, cela aurait été impossible. C’est donc ce que j’ai fait et j’ai utilisé son aspiration car il était incroyablement rapide dans le T2 et le T3. J’étais plus rapide dans le dernier secteur et en particulier dans la ligne droite où nous pouvons utiliser notre moteur. »

Cela mis à part, je suis très heureux ! Très heureux car nous avons lentement cuisiné ici pour obtenir la victoire : nous avons cuisiné la victoire d’une bonne façon et toute l’équipe Repsol Honda a travaillé sur tous les détails. Déjà, quand j’ai égalisé à Motegi le nombre de victoires de Mick Doohan, c’était quelque chose d’incroyable. Maintenant que je suis le pilote Honda qui a le plus de victoires, c’est quelque chose d’incroyable car il s’agit du plus grand constructeur du monde. Donc oui, je suis heureux. J’en profite et je vis ce rêve. J’en profite simplement car nous ne connaissons pas le futur. »

Parlez-nous du dernier tour où il a commencé à pleuvoir et où vous avez vraiment attaqué. Vous saviez que Maverick avait chuté ?

« Oui. C’était mon plan : le doubler dans la ligne droite du dernier tour, puis essayer de fermer toutes les portes. Mais j’ai ensuite vu qu’il commençait à pleuvoir, en particulier aux virages 3 et 6. Je me suis alors demandé ce qui allait se passer. J’ai essayé de freiner très fort pour rentrer dans les virages et je glissais beaucoup de l’arrière car le pneu était terminé. Mais au virage 10, il m’avait déjà doublé deux fois, donc il allait réessayer. J’y suis rentré très fort en freinant plutôt fort. Je ne savais pas qu’il avait chuté mais j’aurais eu une deuxième chance car je pense que j’aurais pu aussi le repasser avant la ligne d’arrivée. »

Vous avez utilisé la même stratégie avec Maverick que celle utilisée à deux reprises avec Fabio Quartararo. Pouvez-vous expliquer s’il y avait une différence lors de cette course ?

« Concernant la stratégie, j’ai globalement utilisé celle que j’utilise quand je ne suis pas le plus rapide en piste. C’était facile à voir : Maverick Viñales était presque plus rapide que moi presque d’une seconde lors de la qualification, et en course, son tour le plus rapide était le même que le mien lors de la qualification. Il était donc plus rapide que moi mais je savais que si je prenais des risques pendant cinq tours et que je comprenais comment faire pour le suivre, ce serait suffisant. C’était déjà ce que j’avais fait avec avec Quartararo, en particulier en Thaïlande, et ici avec Viñales. Je veux dire qu’avec Quartararo, c’était un peu différent à Misano car j’essayais simplement de mieux contrôler puisque le rythme était similaire. Oui, cela fonctionne quand vous n’êtes pas le plus rapide, quand vous peinez. Quand je suis le plus rapide, j’essaie alors utiliser une stratégie comme à Motegi : mener la course et attaquer à mon rythme. Mais aujourd’hui je savais que l’écart était très grand avec Viñales. Avant la course, je n’étais pas sûr. Emilio (Alzamora) m’a dit « fais attention, cette piste est très rapide, alors si tu tombes… » Mais alors, Alberto (Puig) est arrivé et m’a dit « tu dois essayer ! Tu dois essayer ! » et j’ai dit oui (rires). Vous savez, je devais alors savoir comment placer la balance : Emilio ou Alberto (rires) ! Avec Santi (Hernández), nous avions choisi l’option du pneu arrière tendre à cause de ça : pour le suivre ! Nous ne savions pas quelle option il avait choisie mais j’ai dit : « OK, je veux simplement l’option tendre pour le suivre, et je survivrai en fin de course. » Mais si je ne l’avais pas suivi lors de ces tours, je serais resté avec Cal et les autres. »

Cette saison, vous avez connu quelques bagarres en tête à tête. Si vous deviez classer celle-ci avec Maverick, où la placeriez-vous ?

« Je ne sais pas. Chaque bataille est différente car cela dépend comment vous y arrivez à la fin. Par exemple, aujourd’hui, j’étais en mesure de le suivre donc j’ai essayé de préserver un peu les pneus, même si je pense que nous étions très similaires quant à l’usure des pneus. Mais par exemple à Silverstone j’ai attaqué durant toute la course, et en Autriche j’ai attaqué durant toute la course devant, car ma stratégie était de rendre le groupe plus petit et pour cela, je devais attaquer en tête. J’essaie de gagner, ce n’est pas comme si je n’allais pas gagner. Ma stratégie est de rendre le groupe plus petit et pour cela je dois attaquer devant, comme à Silverstone et en Autriche. Alors, j’utilise davantage le pneu et les autres arrivent alors en meilleure forme à la fin. »
« En Thaïlande et ici, j’ai fait l’opposé car la situation au championnat était différente. Donc ce n’est pas comme si quelqu’un était mieux ou moins bien, mais aujourd’hui, pas la bagarre mais la course, comportait le plus de différence, à part peut-être Assen. Mais en Hollande, je n’ai pas pu prendre de risques car il y avait le championnat, plus serré. Mais aujourd’hui, je n’avais rien à perdre donc j’ai essayé à 100 % de prendre des risques, et la différence entre Maverick et moi étais la plus importante de toutes la saison, en particulier lors des qualifications. Mais j’ai pu éviter ou réduire cette différence avec l’aspiration et avec la situation en course. »

Que pensez-vous de la performance de Johann Zarco ?

« C’est difficile à dire. Bien sûr, nous pouvons dire « acceptable » mais je ne veux pas résumer ça en un mot car vous avez vu le week-end : le vent, la pluie, le froid. C’est impossible à dire. Peut-être en Malaisie. Vous avez besoin de temps car c’était la première fois que vous avez la moto et pas dans les meilleures conditions. Mais il a montré quelque chose, car il était déjà là en FP4. Maintenant, si nous avons un week-end normal en Malaisie, vous pourrez l’évaluer davantage. Pour moi, je m’en fiche, mais vous pourrez l’évaluer davantage. »

Classement du Grand Prix d’Australie MotoGP :

1 Marc Márquez SPA Repsol Honda (RC213V) 40m 43.729s
2 Cal Crutchlow GBR LCR Honda (RC213V) +11.413s
3 Jack Miller AUS Pramac Ducati (GP19) +14.499s
4 Francesco Bagnaia ITA Pramac Ducati (GP18)* +14.554s
5 Joan Mir SPA Suzuki Ecstar (GSX-RR)* +14.817s
6 Andrea Iannone ITA Factory Aprilia Gresini (RS-GP) +15.280s
7 Andrea Dovizioso ITA Ducati Team (GP19) +15.294s
8 Valentino Rossi ITA Monster Yamaha (YZR-M1) +15.841s
9 Álex Rins SPA Suzuki Ecstar (GSX-RR) +16.032s
10 Aleix Espargaró SPA Factory Aprilia Gresini (RS-GP) +16.590s
11 Franco Morbidelli ITA Petronas Yamaha (YZR-M1) +24.145s
12 Pol Espargaró SPA Red Bull KTM Factory (RC16) +26.654s
13 Johann Zarco FRA LCR Honda (RC213V) +26.758s
14 Karel Abraham CZE Reale Avintia Ducati (GP18) +44.912s
15 Hafizh Syahrin MAL Red Bull KTM Tech3 (RC16) +44.968s
16 Jorge Lorenzo SPA Repsol Honda (RC213V) +66.045s
Maverick Viñales SPA Monster Yamaha (YZR-M1) DNF
Mika Kallio FIN Red Bull KTM Factory (RC16) DNF
Tito Rabat SPA Reale Avintia Ducati (GP18) DNF
Fabio Quartararo FRA Petronas Yamaha (YZR-M1)* DNF
Danilo Petrucci ITA Ducati Team (GP19) DNF

Crédit photo : MotoGP.com

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